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     Actualités Grecques 2012 (Sources Yahoo Actualités)    

   



Lundi
24 Décembre 2012

 

 

 

 


Καλά
Χριστούγεννα κι Ευτυχισμένος ο καινούριος χρόνος!

A Athènes, le maire avait appelé en ce dimanche 23 Décembre 2012, les habitants à venir faire des dons place Syntagma pour les plus démunis. Et on peut dire que ça a été un succès. Les bénévoles de la Croix-Rouge ont amassé de la nourriture, des vêtements et des jouets: un beau geste solidarité dans un pays en crise.


 

Mercredi 19 Décembre 2012



 


Grève de 24h des fonctionnaires


ATHÈNES, Grèce - Les fonctionnaires grecs ont déclenché mercredi une grève de 24 heures pour dénoncer de nouvelles mesures d'austérité qui se traduiront, l'an prochain, par une réduction des salaires et par des pertes d'emplois.

La grève de mercredi a paralysé les transports en commun à Athènes. Les hôpitaux publics ne disposaient que du nombre minimum d'employés tandis que d'autres services publics tournaient au ralenti.

La Grèce a obtenu des prêts d'urgence de la communauté internationale mais a promis, en retour, d'y aller de réductions importantes de ses dépenses, même si le pays entame une sixième année de récession.

Environ 27 000 fonctionnaires seront suspendus en 2012-2013, en plus de voir leurs salaires réduits, en attendant leur transfert ou leur congédiement.

Plusieurs fonctionnaires grecs jouissent d'une sécurité d'emploi robuste, assurée par la loi, tandis que le secteur privé a été durement touché par les pertes d'emplois.
 
 

Mercredi 19 Décembre 2012


Grèce: Standard and Poor's inverse la tendance


L'agence de notation financière Standard and Poor's a pour la première fois depuis le début de la crise de la dette inversé la tendance pour la Grèce, en relevant mardi sa note de six crans à "B-" au vu du soutien réaffirmé de la zone euro au pays.

Sortant d'une réunion gouvernementale, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a salué "une décision très importante, qui crée un climat d'optimisme". "Mais nous savons que le route est encore longue et ardue, l'heure n'est pas au relâchement", a-t-il tempéré,

L'agence a fait passer la note du pays de "défaut sélectif" (SD) à "B-" (spéculatif), en qualifiant de "stable" sa perspective à long terme.

Cette décision fait suite à la conclusion de l'opération de rachat par la Grèce d'une partie de sa dette au tiers de son prix, a expliqué SP dans un communiqué.

En plaçant le 5 décembre le pays en situation de "défaillance partielle", à un cran seulement du défaut de paiement, l'agence avait précisé qu'il s'agissait d'une mesure provisoire, le temps que le pays opère le rachat de dette convenu avec ses bailleurs de fonds pour qu'ils le remettent sous perfusion financière.

Athènes a mené à bien cette opération, en recevant la semaine dernière des offres de rachat pour un montant de 31,9 milliards d'euros de la part de ses prêteurs privés, ce qui a conduit l'UE à donner son feu vert au déblocage d'une tranche de 34,3 milliards d'euros de prêt gelée depuis juin.

En procédant au réajustement prévu, SP opère sa première révision à la hausse de la note du pays depuis le déclenchement de la crise de la dette en 2010, qui a plongé le pays dans une spirale de récession et de rigueur. Depuis cette date, la Grèce n'avait cessé de voir sa note chuter.

En étant notée B, la Grèce retrouve la catégorie dite "spéculative", celle qui rassemble les émetteurs de dette qui risquent de ne pas honorer leurs échéances (notés de BB+ à C).

Outre la "forte détermination" européenne à garder le pays dans la zone euro, SP invoque aussi à l'appui de sa décision "l'engagement du gouvernement à mener l'ajustement budgétaire et structurel" requis par les bailleurs de fonds du pays.

Prenant aussi en compte cet engagement, encadré par un mécanisme rigide de tutelle européenne pour prévenir tout écart, l'Union européenne a déjà versé 7 milliards d'euros au pays, le reliquat devant être décaissé mercredi, a indiqué un responsable grec.

"Un paiement de 7 milliards d'euros a déjà été effectué lundi, il y aura ensuite 11,3 milliards d'euros qui seront consacrés au rachat de la dette et 16 milliards destinés à recapitaliser les banques grecques", a-t-il ajouté.

Les partenaires européens ont prévu un autre versement de 14,8 milliards d'euros au cours du premier semestre 2013, soit un total de 49,1 milliards, tandis qu'Athènes table aussi sur le déblocage par le Fonds monétaire international de sa propre contribution à cette perfusion, d'un montant de 3,4 milliards.

Un tel feu vert, attendu prochainement, porterait au total à 52,5 milliards les fonds versés au pays d'ici au printemps.

De Washington, le groupement des plus grandes banques mondiales a toutefois mis en garde contre tout optimisme excessif sur une sortie du pays de la crise.

Des risques "importants" continuent de peser sur la situation économique en Grèce, a estimé dans un rapport l'Institut de la finance internationale (IIF), invoquant la poursuite de la récession attendue en 2013 pour la sixième année consécutive et les risques d'instabilité politique au vu de la sévérité de la cure de redressement.

"Avec un PIB qui devrait décliner d'environ 4 à 5% l'année prochaine (...) et une cohésion sociale mise à l'épeuvre par des nouvelles mesures d'austérité, les risques sur le plan d'aide de l'UE et du FMI resteront importants", souligne le rapport.

L'IIF émet aussi des réserves sur la capacité du pays à redevenir solvable, en dépit de l'effacement prévu de 20 milliards d'euros de créances grâce à l'opération de rachat de dette et d'une série de mesures de soutien décidées par la zone euro.

"Les doutes sur la viabilité de la dette persisteront tant que la croissance ne sera pas de retour", mentionne le rapport.

 

Lundi 17 Décembre 2012

 

Grèce : un député de Syriza tabassé par l’extrême droite
 

Dimitris Stratoulis, syndicaliste et député du parti de gauche Syriza, principale formation d'opposition en Grèce, s’est fait rouer de coups de pieds et poing par un groupe de sympathisants du parti néo-nazi Aube dorée.

Dimitris Stratoulis, 54 ans, syndicaliste et cadre du Syriza, a dénoncé à la police avoir été battu devant le stade olympique, où il est allé suivre avec son fils un match de football entre AEK et Atromitos (1ère division). Au sortir du match, il a été frappé à coups de pied au corps et d'un coup de poing à la tête. Blessé, il a reçu les premiers soins par des médecins de l'infirmerie du stade. Ses agresseurs ont déclaré être membres d'Aube dorée, une formation d'extrême-droite qui a démenti être impliquée dans l'affaire. Selon le parlementaire, l'un des assaillants lui a crié: "Maintenant, on va te tuer."

Ce ne serait pas la première fois que le parti d'extrême-droite, accusé surtout d'être impliqué dans des agressions contre des travailleurs immigrés, s’en prend à des élus. Le porte-parole et député de l'Aube dorée, Ilias Kassidiaris, avait frappé au visage la députée communiste Liana Kanelli au cours d'un débat transmis en direct à la télévision, en juin dernier. L'immunité parlementaire de trois députés de ce parti a récemment été levée après qu'ils ont été poursuivis pour des attaques contre des immigrés.

Le gouvernement grec a jugé lundi "inacceptable" l'agression dont a été victime la veille un député de gauche de la part de militants d'extrême-droite. "Toutes les formes d'attaque et de menace sont inacceptables dans notre démocratie", a indiqué dans un communiqué le porte-parole du gouvernement, Simos Kédikoglou.
Syriza a exigé l'arrestation immédiate des assaillants et estimé que des morts surviendraient si Aube dorée continuait d'être toléré. Les partis de gauche en Grèce mènent une campagne pour faire interdire les néo-nazis de l'Aube dorée, parti ouvertement anti-démocratique et raciste.

 

 

Jeudi 06 Décembre 2012

 

 


 


Grèce: le bilan du naufrage en mer Egée s'alourdit, 20 immigrés morts

 
Le nombre de migrants qui ont péri lors du naufrage de leur embarcation au large de l'île de Lesbos (Mytilène) en mer Egée, a atteint 20 personnes tandis que sept sont portées disparues, selon un nouveau bilan publié par la police portuaire grecque.

Dans un premier temps samedi matin, la police portuaire avait fait état "de 16 cadavres retrouvés sur la plage Thermi de l'île" avant que les autorités découvrent quatre autres cadavres sur les mêmes lieux, a indiqué à l'AFP une responsable du bureau de presse de la police portuaire.

Le drame s'est produit à environ deux milles nautiques, au large de Lesbos dans la nuit de jeudi à vendredi. Les autorités ont alors repêché le seul survivant du naufrage, un homme de 20 ans, qui a aussitôt été hospitalisé à Mytilène, chef-lieu de l'île, située dans le nord-est de la mer Egée.

Selon le témoignage du survivant, au total 28 personnes se trouvaient sur l'embarcation, dont des enfants.

La police portuaire, qui effectuait des recherches pendant toute la journée de vendredi au large de l'île pour trouver les personnes disparues, a repris samedi ses recherches avec trois patrouilleurs.

Les victimes ont appareillé depuis les côtes occidentales turques jeudi mais en raison du mauvais temps leur barque a fait naufrage, selon la police portuaire.

La nationalité et l'âge des migrants, dont la plupart sont des hommes, n'a pas été révélée pour le moment par les autorités mais certains médias grecs ont indiqué que parmi les victimes, se trouvaient des jeunes hommes et des adolescents.

L'île de Lesbos comme plusieurs îles à l'est de la mer Egée, sont très près des côtes occidentales turques d'où plusieurs migrants tentent de passer en Grèce à destination de l'Europe occidentale.

Nombre de migrants, surtout en hiver, se noient ou disparaissent pendant leur voyage vers la Grèce à bord de petites embarcations de fortune.

Aux confins de l'Europe du sud-est et avec des frontières maritimes étendues, la Grèce fait face depuis plusieurs années à un afflux de migrants venant surtout d'Asie, d'Afrique ou du Moyen-Orient.
 

 

Mercredi 28 Novembre 2012

 


La Grèce soulagée après l’accord UE-FMI sur la dette et le déblocage des prêts


 
La Grèce a pu respirer hier après plusieurs mois d’attente grâce à l’engagement de ses créanciers UE-FMI à débloquer les prêts promis et à œuvrer pour réduire sa dette et la ramener à 124% du PIB en 2020.

Se félicitant de la décision de la zone euro, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne annoncée à l’issue d’une réunion marathon à Bruxelles, le Premier ministre grec Antonis Samaras a déclaré qu’«une nouvelle journée commençait pour tous les Grecs».

Athènes, dont les caisses sont vides et qui a récemment été contrainte d’adopter un nouveau train de mesures de rigueur, attendait impatiemment depuis plusieurs semaines l’accord UE et FMI sur sa dette, qui était un préalable pour le déblocage des tranches des prêts retardés depuis des mois.

«Le cadre décidé à l’Eurogroupe est un nouveau départ dont le pays a besoin après neuf mois d’attente (...), c’est positif grâce aux sacrifices du peuple grec», a déclaré Evangélos Vénizélos, chef du Pasok socialiste et principal allié du gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras.

Sur la même ligne Fotis Kouvelis, troisième partenaire de l’exécutif à la tête de la Gauche démocratique Dimar a salué «un pas déterminant pour le maintien du pays dans la zone euro». Les Européens ont décidé de débourser un total de 43,7 milliards d’euros, dont une première tranche d’un peu plus de 34 milliards devrait être versée le 13 décembre.
Le solde se fera en trois tranches au cours du premier trimestre 2013. Sur la question épineuse de la réduction de la dette grecque, point de désaccord entre FMI et zone euro, les deux parties se sont finalement entendues après plus de 13 heures de réunion pour qu’elle soit ramenée à 124% du PIB d’ici 2020, contre un objectif initial de 120% défendu par le FMI. Cela représente un allégement d’environ 40 milliards d’euros d’ici à 2020, selon une source européenne.

Sans mesures nouvelles, la dette aurait atteint 144% du PIB en 2020, un niveau jugé insoutenable par le FMI. Le président français, François Hollande, a salué mardi cet accord, y voyant «le résultat positif d’une démarche engagée par la France depuis six mois» et «permettant de redonner une perspective à la Grèce (...) après les efforts qui lui ont été demandés».

La plupart des médias grecs se félicitaient aussi mardi de cette avancée, tout en soulignant que le pays avait dû accepter en contrepartie un renforcement «de sa surveillance» par ses créanciers pour la mise en œuvre des réformes auxquelles il s’est engagé». «Finalement, (nous avons) la décision sur le versement et la dette», titrait à la une le quotidien libéral Kathimérini en relevant «les conditions strictes du mécanisme de surveillance du pays».

Pour Ta Néa (centre gauche) «Les Grecs, qui ont pris des mesures dures, ont droit à un premier sourire, même si la décision de l’Eurogroupe n’est pas une solution à l’ensemble du problème de la dette grecque». Le quotidien des rédacteurs (gauche) se montrait plus méfiant: «Les exigences des créanciers condamnent la société grecque à une mort lente tandis que la solution pour la dette est de nouveau basée sur des alchimies comptables et renvoyée à l’avenir», estimait-il.

Contrainte à une austérité stricte après avoir recouru au mécanisme de sauvetage UE-FMI au déclenchement de la crise de la dette en 2010, la Grèce est plongée dans une grave récession pour la cinquième année consécutive tandis que le chômage touche actuellement un quart de la population active.

Le plus gros de la tranche débloquée est destinée à la recapitalisation des principales banques nationales dans l’espoir d’assurer des liquidités sur un marché en pleine stagnation.
 

Vendre
di 23 Novembre 2012

 

Faute d'argent, la Grèce n'ira pas aux championnats d'Europe de natation

La Grèce ne participera pas aux championnats d'Europe de natation en petit bassin, qui débutent jeudi en France, à Chartres, en raison de difficultés financières.

"Nous avons décidé cet été que nous ne serions pas présents cette année aux championnats d'Europe, principalement pour des raisons financières", a déclaré mercredi le président de la Fédération grecque de natation, Dimitris Diathesopoulos.

La Grèce participera en revanche aux championnats du monde en petit bassin, qui se dérouleront le mois prochain à Istanbul.

 

Vendredi 23 Novembre 2012

 

Description: CITIGROUP FERME PRÈS DE LA MOITIÉ DE SON RÉSEAU EN GRÈCE

 


Citigroup ferme près de la moitié de son réseau en Grèce


ATHENES (Reuters) - Citigroup a annoncé mercredi la fermeture de la moitié de son réseau d'agences en Grèce, où la crise de la dette a fortement restreint l'activité des banques de dépôt.

Citi, la dernière grande banque internationale ayant une présence sur tout le territoire grec, va fermer toutes ses agences en dehors d'Athènes et de Thessalonique, soit 16 sur 37. Cette mesure entraînera la perte de 170 emplois, près du dixième de l'effectif de la banque américaine en Grèce.

"L'environnement actuel requiert de s'adapter (...) nous allons porter davantage l'accent sur l'investissement, les produits financiers et les cartes de crédit", a déclaré une porte-parole de la filiale grecque de Citi.

D'autres banques étrangères, notamment le Crédit Agricole et la Société générale, ont vendu leurs filiales grecques acquises pendant les années fastes qui ont suivi l'entrée du pays dans la zone euro.

Citi, présente en Grèce depuis 1964, avait une présence moindre que les deux banques françaises et s'était implantée sous son nom propre sans racheter d'établissement local.

D'autres groupes étrangers se sont complètement retirés de la Grèce, à l'instar des distributeurs français Carrefour et Fnac, ou de l'allemand Saturn Hansa, filiale d'électronique grand public de Metro.

Pour autant, la baisse du coût du travail, conséquence de l'austérité imposée par les créanciers internationaux de la Grèce, commence à rendre le pays attractif pour d'autres groupes.

Hewlett Packard a signé un accord la semaine dernière pour faire du Pirée son principal port d'attache pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Et Unilever, le géant anglo-néerlandais des produits de grande consommation, compte transférer en Grèce une partie de ses opérations de production.

 


Jeudi
22 Novembre 2012


 


Une banque évacuée à cause d'une menace de suicide d'un vieillard
Une banque du nord de la Grèce a été évacuée par la police jeudi matin alors qu'un vieillard armé menaçait de s'y immoler par le feu sur les lieux à cause d'un conflit sur des fonds gelés.

L'homme, âgé de 72 ans, s'est précipité dans la banque publique de dépôt et de crédit de Thessalonique en brandissant un pistolet et un bidon d'essence. Criant qu'il allait réduire en cendre le bâtiment, il s'est arrosé d'essence et a menacé de s'immoler par le feu sur les lieux.

Le personnel a été évacué alors que le directeur de la banque et les négociateurs de la police essayaient de dissuader l'homme de mettre sa menace à exécution.

D'après la police, cet homme a été accusé dans le passé de paris illégaux, et ses gains, obtenus de manière frauduleuse, avaient été placés temporairement dans cette banque de dépôt et de crédit.

 

Samedi 17 Novembre 2012





 

La Grèce commémore l'insurrection contre le régime des colonels

Des milliers de Grecs ont manifesté à Athènes samedi pour commémorer l'insurrection du 17 novembre 1973. Ce jour là, des centaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées contre le "régime des colonels", marquant ainsi un tournant vers la fin de la dictature militaire
Jeudi 15 Novembre 2012

 

 


Le consul allemand pris à partie par des manifestants à Salonique


Le consul allemand de Salonique (nord de la Grèce), a été pris à partie jeudi par des manifestants des collectivités locales en colère contre des licenciements prévus dans le secteur, a indiqué la police.

Wolfgang Hoelscher-Obermaier a reçu des jets d'eau et de café lancés par certains des 300 manifestants présents, dont la plupart issus de collectivités locales, rassemblés devant le bâtiment où se tenait une conférence sur la coopération gréco-allemande.

"Tous unis pour lutter contre les nazis", scandaient les manifestants, selon un journaliste AFP sur place.

D'autres manifestants ont jeté des oeufs à des participants à la délégation allemande, selon la même source.

Personne n'a été blessé, ni interpellé par les forces de l'ordre qui ont discrètement éloigné le consul des lieux de l'incident.

La manifestation intervient au lendemain de propos du ministre allemand adjoint à l'Emploi Hans-Joachim Fuchtel, qui a indiqué mercredi à Salonique que trois employés municipaux grecs effectuent le même travail qu'un seul Allemand.

"Des études ont prouvé que trois mille employés des collectivités locales en Grèce font le travail réalisé en Allemagne par mille personnes", a indiqué M. Fuchtel, envoyé par la chancelière allemande Angela Merkel pour aider à la restructuration des municipalités.

Toutefois en sortant de la conférence jeudi après-midi, M. Fuchtel est revenu sur ces propos. "C'était un malentendu qui a été résolu, maintenant je me sens plus philhellène que jamais", a-t-il dit aux journalistes.

De nombreux employés municipaux devraient être licenciés en vertu d'une récente loi, dictée par les créanciers du pays l'UE et le FMI, visant à réduire le nombre de fonctionnaires afin d'abaisser les déficits publics du pays.

Pour une partie de l'opinion publique grecque, l'Allemagne est tenue responsable de l'austérité imposée au pays depuis le déclenchement de la crise en 2010 en contrepartie des prêts du FMI et de la zone euro.

De leur côté, de hauts responsables allemands ont souvent accusé la Grèce d'avoir pris du retard dans les réformes promises en échange des prêts reçus, dont l'Allemagne est le plus important contributeur.

Les souvenirs douloureux en Grèce de l'occupation nazie lors de la Seconde guerre mondiale sont régulièrement ravivés depuis le début de la crise de la dette.

Mais l'Allemagne reste l'un des premiers partenaires commerciaux du pays et dirige la Task force européenne chargée d'aider Athènes à mettre en place des réformes, notamment dans les collectivités locales.

Mais la relation germano-grecque reste fragile d'autant que la troïka et notamment le FMI, inquiets de la soutenabilité de la dette grecque à terme, insistent pour la poursuite d'efforts d'austérité draconiens en Grèce.

Le pays, dont l'économie est asphyxiée et où le parti neo-nazi Aube dorée se porte très bien dans les sondages, réclame quatre ans pour les mener à bien au lieu de deux.

 
Jeudi 15 Novembre 2012

 


le PIB chute de 7,2% au troisième trimestre


Le produit intérieur brut (PIB) de la Grèce a chuté de 7,2% sur un an au troisième trimestre 2012, a annoncé mercredi l'Autorité des statistiques grecques publiant ses premières estimations pour cette période.

"Sur la base des données disponibles non révisées, le PIB a chuté de 7,2% au troisième trimestre 2012 par rapport au même trimestre de 2011", ce qui marque une accélération de la récession après un recul de 6,3% du PIB au deuxième trimestre, selon un communiqué.

Le pays, qui accuse une chute cumulée du PIB estimée officiellement à 22% depuis 2008, prévoit dans son budget de rigueur 2013, adopté dimanche par le Parlement, une sixième année consécutive de récession, avec un recul de 4,5% par rapport à 6,5% prévu cette année.

La chute du PIB au troisième trimestre s'est aggravée presque d'un point par rapport à celle du deuxième trimestre 2012, après un recul de 6,7% au premier trimestre, selon les données révisées annoncées par l'Ase.

Le gouvernement grec comme la Commission européenne tablent sur un retour à la croissance en 2014. Le cadre budgétaire pluri-annuel 2013-2016, également adopté la semaine dernière par le Parlement, prévoit alors une timide reprise de 0,2%, censée passer à 2,5% en 2015 et 3,5% en 2016.

Le gouvernement de coalition du conservateur Antonis Samaras a fait du retour à la croissance sa priorité, alors que le chômage frappe désormais le quart de la population active.

L'économie de la Grèce, fondée surtout sur la consommation interne, a été frappée de plein fouet par la brutale chute du pouvoir d'achat provoquée par la cure d'austérité administrée au pays depuis 2010, après l'éclatement de la crise de la dette.

Le ministre adjoint grec aux Finances, Christos Staikouras, a récemment relevé que les bailleurs de fonds du pays, et en particulier le Fonds monétaire international (FMI), s'étaient trompés en matière d'impact de la rigueur sur la récession.

Depuis 2009, "le coefficient multiplicateur" des mesures de rigueur sur le recul de croissance a été "d'environ 1, au lieu de 0,5" qui avait été retenu pour la mise au point par l'UE et le FMI des plans de redressement dictés à la Grèce en contrepartie de son sauvetage financier, a détaillé le ministre, soulignant que même le FMI "le reconnaît désormais".


 
Mercredi 07 Novembre 2012



Le Parlement grec va voter sur l'austérité, la grève continue

ATHENES (Reuters) - La coalition gouvernementale grecque va devoir surmonter ses divisions internes pour adopter mercredi un nouveau plan d'austérité crucial pour le versement de la prochaine tranche d'aide internationale.

Le gouvernement semble pouvoir compter sur une étroite majorité pour faire voter son projet, qui combine réduction des dépenses publiques, hausses d'impôts et réformes du marché du travail.

Au deuxième jour d'une grève générale qui paralyse l'économie et les administrations du pays, des dizaines de milliers de manifestants devraient converger vers le Parlement à l'appel des syndicats opposés à des mesures qui, selon eux, affaibliront encore les plus pauvres et menacent de ruiner ce qui reste de l'économie du pays.

"Si les parlementaires votent en faveur de ces mesures (...), ils auront commis le plus grand crime politique et social jamais commis contre le pays et le peuple", a déclaré Nikos Kioutsoukis, secrétaire général du syndicat GSEE du secteur privé.

"Nous ne les laisserons pas détruire le pays", a-t-il ajouté.

L'adoption du nouveau paquet de mesures, d'un montant global estimé à 13,5 milliards d'euros, est une condition préalable au versement de 31,5 milliards d'euros d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire internationale (FMI) dont la majeure partie doit servir à recapitaliser les banques du pays.

Le déblocage des fonds avait été suspendu en raison du non-respect par Athènes de ses engagements antérieurs en matière d'assainissement des comptes publics.

Le vote au Parlement constitue le test le plus sérieux pour le gouvernement du Premier ministre conservateur Antonis Samaras depuis son arrivée aux affaires en juin et la fragile coalition gouvernementale ne résisterait sans doute pas à un rejet du plan.

"Le chemin est raide et difficile et impose des sacrifices. Mais il n'y a pas d'autre issue que de voter pour les mesures. Il n'y a pas d'échappatoire", a déclaré le ministre des Finances, Yannis Stournaras, devant les députés.

Le président de l'Eurogroupe a estimé que la Grèce n'avait pas d'autre option que de poursuivre la remise en ordre de ses finances publiques.

"Nos amis grecs n'ont pas d'autre choix", a déclaré Jean-Claude Juncker devant l'Association de la presse étrangère à Singapour.

"Ils doivent le faire. Et mon impression et que les réformes qui sont mises en oeuvre en Grèce sont de mieux en mieux comprises par les citoyens grecs".

Le nouveau plan prévoit entre autres une baisse des pensions de retraite qui peut atteindre 25% et la suppression des primes de vacances versées aux fonctionnaires.

Malgré les multiples plans d'austérité qui se sont succédés depuis le début de crise, la dette publique grecque continue d'enfler et devrait atteindre 189% (PIB) l'année prochaine.

Les ministres des Finances de la zone euro, qui se réuniront lundi prochain à Bruxelles, pourraient prendre à cette occasion une décision sur le paiement ou non de la nouvelle enveloppe d'aide, a laissé entendre lundi Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

 
Vendredi 02 Novembre 2012


 

le journaliste qui a publié la liste Lagarde a été acquité

Le procès de l'évasion fiscale et de la liberté
d'expression en Grèce a tourné à l'avantage du journaliste. Costas Vaxevanis, poursuivi pour avoir publié une liste de détenteurs présumés de comptes en Suisse, a été acquitté jeudi. Accusé de violation des données personnelles, il risquait jusqu'à trois ans de prison pour avoir publié cette liste transmise en 2010 au gouvernement grec par l'ancienne ministre française des Finances Christine Lagarde, aujourd'hui directrice générale du FMI. Elle contenait 2059 noms de particuliers et de sociétés grecques détenteurs d'un compte de la banque HSBH en Suisse.

La juge Malia Volika, présidente de la cour, a proclamé "l'innocence" de M. Vaxevanis en rejetant toutes les objections, alors que le procureur avait réclamé sa condamnation. "Vous avez ridiculisé publiquement une série de personnes, vous avez livré ces gens à une société assoiffée de sang", avait-il en effet tenté de faire valoir. "La solution aux problèmes que traverse le pays n'est pas le cannibalisme", avait-il ajouté.

"Je vous remercie beaucoup, Madame la juge", a déclaré le journaliste dans une salve d'applaudissements des personnes présentes à l'audience ouverte depuis 07H30 GMT. "J'ai fait ce que tout journaliste aurait dû faire", a-t-il dit à sa sortie. "C'était mon devoir de publier cette liste, même si mon père avait figuré sur cette liste, je l'aurais publiée", avait-il expliqué devant le tribunal. "Au lieu de lutter contre les fraudeurs fiscaux, on coupe les salaires des juges et des retraités", avait lancé M. Vaxevanis qui était soutenu par nombre d'ONG internationales des droits de l'Homme, Reporters sans Frontières (RSF), Amnesty International ou le Comité de Protection des Journalistes (CPJ).

Une polémique a éclaté ces derniers mois en Grèce sur le fait que trois gouvernements successifs en deux ans n'aient donné aucune suite à la liste transmise en 2010 par Christine Lagarde. Les ministres des finances ont même affirmé l'avoir perdue. La diligence affichée par la police dimanche lors de l'arrestation du journaliste, dans un pays où la lenteur de la justice est proverbiale, a troublé nombre de commentateurs. M. Vaxevanis accuse les autorités d'hypocrisie et affirme que le système judiciaire est soumis à un système politique corrompu.

M. Vaxevanis a affirmé avoir obtenu la liste via une lettre anonyme dont l'expéditeur avait indiqué l'avoir reçue d'un homme politique. Elle comprend des entrepreneurs, avocats, armateurs, médecins, commerçants, joailliers, anciens hommes politiques ou leurs proches, ainsi que "femmes au foyer", des étudiants et de nombreuses "sociétés domiciliées".

Tout en reconnaissant que le simple fait de détenir un compte en Suisse n'est pas illégal, M. Vaxevanis invoque le droit de la presse à publier des documents cachés ou minimisés par les autorités, pour dénoncer des scandales, dans un contexte où le nouveau gouvernement de coalition est confronté à la colère croissante de la rue face à une austérité accusée d'épargner les riches et les puissants.

Récemment, le gouvernement grec de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras, sous le feu des critiques pour les nouvelles mesures d'austérité qu'il s'apprête à prendre à la demande des créanciers du pays, l'UE et le FMI, a accru ses pressions sur la presse. Le ministre de l'Ordre public, Nikos Dendias, a ainsi publiquement envisagé en début de semaine de poursuivre le quotidien britannique The Guardian pour avoir publié "sans preuve", selon lui, des allégations de militants antiracistes affirmant qu'ils avaient été victimes de sévices de la part de policiers grecs. Et deux animateurs de talk shows ont été renvoyés la semaine dernière par la chaîne de télévision publique pour avoir publiquement critiqué M. Dendias dans cette affaire.

 
Jeudi 01 Novembre 2012

 

 

Festival de Salonique : Les films grecs et la crise

Le 53e festival international du film de Salonique (nord de la Grèce), qui ouvre ses portes ce vendredi 2 novembre, fait la part belle cette année aux films grecs et à la crise, avec deux films grecs dans la sélection internationale et 14 diffusés au total.

Boy Eating the Bird's Food réalisé par Ektoras Ligizos et Joy d'Ilias Yannakakis font partie des 15 films en sélection internationale où sont représentés une quinzaine de pays. « Il est évident que la crise grecque et ses multiples facettes, au niveau sociétal, familial et individuel, a inspiré et motivé une variété de metteurs en scène, qui ont créé des films très divers, à la fois sur le plan  thématique et le plan esthétique », indiquent les organisateurs du festival dans un communiqué.

Le jury de la compétition internationale est présidé par l'Allemand Thomas Elsaesser, historien du cinéma. Il siégera aux côtés de l'Islandaise Laufrey Gudjonsdottir, des réalisateurs danois Ole Christian Madsen, portugais Joao Pedro Rodrigues et grec Thymios Bakatakis.
La programmation prévoit un hommage spécial au grand cinéaste grec Theo Angelopoulos décédé accidentellement cette année avec la diffusion de trois de ses films, ainsi qu'un coup de chapeau aux cinéastes finlandais Aki Kaurismaki, allemand Andreas Dresen et à l'Irano-Kurde Bahman Ghobadi, auteur du film Les Chats persans en 2009.
La sélection balkanique comprend sept films. Le festival, qui ouvre vendredi avec la projection de Holy Motors du cinéaste français Leos Carax, sera clôturé samedi par celle de In another country du Sud-Coréen Hong Sang Soo, avec l'actrice française Isabelle Huppert.
 



Mercredi
31 Octobre 2012

 

Le ministre des finances Yannis Stournaras et Antonis Samaras
 


La Grèce hausse ses prévisions de dette


ATHÈNES, Grèce - Le gouvernement grec a revu à la hausse ses prévisions de dette et de déficit pour 2013 dans une révision de son projet de budget soumise mercredi au Parlement par le ministre des Finances Yannis Stournaras.

Selon ce projet, la dette de la Grèce devrait croître de 189,1 pour cent du produit intérieur brut (PIB) au lieu de 182,5 pour cent comme annoncé au début du mois dans l'avant-projet, et de 175,6 pour cent comme prévu initialement.

Le déficit national est également révisé à 5,2 pour cent du PIB au lieu de 4,2 pour cent comme prévu au début du mois dans l'avant-projet. C'est moins que les 6,6 pour cent prévus initialement pour cette année.

La récession, pour la 6e année consécutive, sera plus forte que les 3,8 pour cent de contraction que prédisait l'avant-projet. Elle devrait atteindre les 4,5 pour cent de contraction, selon les chiffres présentés mercredi.

Le chômage devrait atteindre 22,8 pour cent l'an prochain, un peu plus que les 22,4 pour cent prédits pour 2012.

La dette grecque s'élèvera à 346,2 milliards d'euros, prédit le projet de budget, au-delà des 340,6 milliards d'euros de cette année.

 

Lundi 29 Octobre 2012

 


Un journaliste grec poursuivi pour avoir publié une liste de fraudeurs au fisc


L'affaire suscite une vive émotion en Grèce. Le journaliste Costas Vaxevanis va comparaître jeudi en justice pour avoir publié une liste d'individus accusés de détenir des comptes en Suisse. Alors que le nouveau gouvernement de coalition est confronté à la
colère croissante de la rue face à une politique d'austérité accusée d'épargner les riches et les puissants, le journaliste est poursuivi pour avoir publié samedi dans le magazine "Hot doc" une liste comprenant 2.059 noms d'individus présentés comme détenteurs de comptes bancaires en Suisse.

"Au lieu de lutter contre les crimes des fraudeurs au fisc, la justice s'occupe de moi alors que j'ai fait mon devoir, mon devoir de transparence", a déclaré à la presse M. Vaxevanis, après avoir obtenu le report du procès à jeudi. La liste, qui a suscité des déluges de réactions sur les réseaux sociaux, a été republiée lundi par le grand quotidien grec Ta Néa. Aucune poursuite n'a été annoncée contre Ta Néa, détenu par le puissant groupe Lambrakis. Elle comprend des entrepreneurs, avocats, armateurs, médecins, commerçants, joailliers, anciens hommes politiques ou leurs proches, mais aussi des "femmes au foyer", et de nombreuses "sociétés domiciliées".

Selon le journaliste, la liste provient de documents révélés par un employé de la banque HSBC en Suisse. Elle avait été transmise au gouvernement grec en 2010 par l'actuelle patronne du FMI Christine Lagarde, alors ministre des Finances en France. En France, une affaire similaire s'était produite en 2009 lorsque la justice française avait reçu des fichiers similaires, sur la base desquels des fraudeurs français ont subi un redressement fiscal, mais dans la plus grande discrétion. Suite à une mini-crise entre Paris et Berne concernant cette liste, les fichiers initialement volés par un employé ont finalement été restitués à la Suisse. Mais la France les avait auparavant transmis, courant 2010, à d'autres pays, dont la Grèce.

Le journaliste a affirmé avoir obtenu la liste via une lettre anonyme dont l'expéditeur affirmait l'avoir lui-même reçue d'un homme politique. Surnommée "liste Lagarde" par les médias grecs, la liste provoque depuis des semaines une polémique en Grèce, l'Etat étant accusé de ne pas en faire assez pour lutter contre l'évasion fiscale. Le nouveau gouvernement de coalition avait indiqué il y a quelques semaines l'avoir "perdue".

"Au lieu d'arrêter les voleurs et les ministres violant la loi, ils veulent arrêter la vérité", avait commenté Costas Vaxevanis sur son compte twitter samedi soir, avant son arrestation. Il a reçu le soutien de l'association Reporters sans frontières (RSF) et des syndicats de journalistes grecs. Interrogé sur cette affaire, lors de son point de presse quotidien lundi à Bruxelles, Simon O'Connor, porte-parole d'Olli Rehn (bien Rehn), commissaire européen chargé des Affaires économiques, n'a pas voulu commenter. Mais il a saisi l'occasion pour rappeler qu'"il était nécessaire d'intensifier la lutte contre l'évasion fiscale en Grèce".

"La perception efficace des recettes fiscales est une question de justice sociale et surtout au moment où l'on demande aux Grecs de faire des sacrifices importants afin de garantir l'assainissement des finances du pays", a dit M. O'Connor. La Grèce est en train de finaliser avec ses créanciers un troisième paquet de mesures d'austérité comprenant baisses des salaires et des retraites et nouvelles hausses d'impôts. Il devrait être présenté dans les prochains jours au parlement.

 

 

Jeu
di 18 Octobre 2012

 

 



 


Grève générale en Grèce émaillée d'affrontements


ATHENES (Reuters) - Les Grecs ont observé jeudi une journée de grève générale contre l'austérité imposée par les créanciers internationaux du pays qui a été émaillée d'affrontements à Athènes entre manifestants et forces de l'ordre.

Pour la seconde fois en trois semaines, environ 40.000 grévistes ont défilé à Athènes. Il s'agissait de montrer aux dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles que de nouvelles coupes dans leurs salaires et pensions de retraite ne feront qu'aggraver leur sort après cinq ans de récession.

Des heurts ont éclaté lorsque des manifestants ont lancé des cocktails Molotov et des morceaux de marbre sur la police sur la place Syntagme, devant le Parlement. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Un manifestant de 65 ans est mort d'une crise cardiaque, a-t-on appris auprès des services hospitaliers. Trois autres personnes ont été blessées. Une cinquantaine de manifestants soupçonnés d'avoir attaqué la police ont été interpellés.

Cinq manifestations séparées étaient prévues dans la journée. Des barrières métalliques avaient été installées place Syntagme, et près de 4.000 policiers mobilisés.

La plupart des services publics et des entreprises du secteur privé avaient cessé leur activité pour cette grève de 24 heures à l'appel des deux principaux syndicats du pays, ADEDY pour le secteur public, et GSEE pour le secteur privé.

"Ça suffit. Ils ont creusé nos tombes, nous ont poussés dedans et on n'attend plus que le prêtre pour prononcer l'extrême-onction", dit Konstantinos Balomenos, 58 ans, employé dans une usine de traitement des eaux. Son salaire a été réduit de moitié, à 900 euros, et il a deux fils au chômage.

"Cette austérité incite toute l'Europe du Sud à se rebeller, l'euro va être détruit. On nous demande de payer pour ce que nos hommes politiques ont détourné".

Athènes, qui sera à court de liquidités le mois prochain, attend le déblocage d'une tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros dans le cadre de son plan de sauvetage de 130 milliards.

Mais pour ce faire, la Grèce a besoin de montrer à la "troïka" constituée par le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE) qu'elle est bien sur la voie des réformes promises, avec un plan d'austérité de 11,5 milliards d'euros et un programme de réformes tous azimuts.

Après plusieurs mois de négociations souvent difficiles, la Grèce et la "troïka" se sont rapprochées d'un accord mercredi sur l'essentiel des mesures d'austérité et des réformes à mettre en oeuvre par Athènes pour obtenir de nouveaux fonds et éviter la faillite.

"Le gouvernement devrait refuser ne serait-ce qu'une fois les demandes absurdes de la troïka", a déclaré Yannis Panagopoulos, secrétaire général du syndicat GSEE.

"Donner son accord à des mesures catastrophiques, c'est conduire la société au désespoir. Les conséquences et les manifestations seront sans fin", estime-t-il.

La majeure partie du pays a tourné au ralenti jeudi.

Les bateaux sont restés à quai, les transports publics de la capitale ont été fortement perturbés et les hôpitaux n'assuraient qu'un service minimum. Services publics, ministères et beaucoup de commerces sont restés portes closes.

Propriétaires de kiosques de journaux, avocats, chauffeurs de taxi et contrôleurs aériens devaient se joindre aux manifestations pour protester contre la réduction drastique des dépenses sociales et de santé.

Les sondages font état d'une colère croissante de la population grecque à l'encontre du plan de renflouement.

"Le nouvel accord, douloureux, ne devrait pas être approuvé", dit le syndicat ADEDY. "Les nouvelles exigences vont dilapider ce qui reste de nos droits sociaux, de nos droits à la retraite et de notre droit du travail", ajoute un communiqué.
 
Mercredi 17 Octobre 2012




Grèce: deux jours de protestations anti-austérité

Avocats, médecins, pharmaciens, dentistes, notaires et journalistes étaient appelés à la grève en Grèce mercredi, à la veille d'une journée nationale d'action des syndicats contre le nouveau train de rigueur et de réformes que la Grèce se prépare à adopter.

Les professionnels concernés en grève mercredi étaient appelés à divers rassemblements à Athènes, devant converger en début d'après-midi devant le ministère des Finances par leurs syndicats, qui protestent notamment contre un durcissement des régimes fiscaux et d'assurances sociales de leurs corps.

"Je doute qu'il y ait une grosse participation, personnellement je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais faire grève pour demander de ne pas payer mes taxes", a commenté pour l'AFP un dentiste, Periclès Gouzgousis.

"Demain j'irais volontiers manifester, en tant que citoyen contre les nouvelles mesures, mais j'ai trop de travail", ajoutait-il.

De nombreuses pharmacies fonctionnaient aussi normalement dans le centre, tandis que côté hôpitaux publics, la grève de 48h00 pour protester contre une rigueur menaçant selon les syndicats de "détruire la société grecque" ne pertubait pas de manière significative le fonctionnement des services, selon le ministère de la Santé.

En revanche, la grève des journalistes, dont le syndicat impose le suivi sous peine de sanctions, était largement suivie, privant le pays de bulletins télés, radios et de sites internet mis à jour.

Frappés par des baisses de salaires et des licenciements en rafale dans un secteur sinistré par la crise, les journalistes réclament des mesures de sauvegarde de l'emploi et de leur protection sociale.

Ils ont choisi de débrayer mercredi pour pouvoir couvrir la grève générale, la deuxième en moins d'un mois, à laquelle les centrales syndicales ont appelé pour jeudi, en protestation contre le nouveau tour de vis, concrétisé par des économies budgétaires de 13,5 milliards d'euros.

La date du 18 octobre pour lancer un appel à la grève générale a été retenue par les syndicats pour coïncider avec le sommet européen, où le gouvernement grec de coalition entend afficher sa détermination à mettre en oeuvre les recettes de redressement dictées par l'UE et le FMI pour obtenir la reprise de la perfusion financière qu'ils ont accordée au pays pour le sauver de la faillite, mais est gelée depuis juin.

Cette grève générale, assortie de manifestations à la mi-journée dans les grandes villes doit notamment perturber les transports, clouant au port tous les ferries desservant les îles et interrompant en mi-journée le trafic aérien du fait d'un arrêt de travail des contrôleurs du ciel.

Le Premier ministre conservateur Antonis Samaras espère pour sa part recevoir lors du sommet un signal de soutien européen pour faire accepter à son opinion le nouveau train de rigueur, dont le vote au parlement, à une date toujours indéterminée, risque de porter à son comble la tension sociale.

Après deux mois de laborieuses tractations, compliquées par les divergences entre UE et FMI sur les moyens d'extraire la Grèce de son endettement abyssal, Athènes et la troïka de ses créanciers (UE, BCE, FMI) sont arrivés à un accord sur l'essentiel de ce plan, selon le ministère des Finances.

Des divergences subsistent toutefois sur la dérégulation du marché du travail, au vu du refus des alliés socialiste et de gauche de M. Samaras de céder aux demandes de la troika sur des mesures facilitant les licenciements et gelant le salaire minimum à son niveau, raboté à l'hiver dernier, de 580 euros mensuels.
 

Mardi
09 Octobre 2012

 



 


Grèce: le chômage passe la barre des 25%, Coca Cola fuit en Suisse


Le taux de chômage a passé la barre fatidique des 25% en juillet en Grèce, a annoncé l'Autorité des statistiques grecques, jeudi, le jour de l'annonce par l'un des principaux employeurs du pays, Coca Cola Hellenic, qu'il déménageait son siège en Suisse.

Alors que le pays traverse sa cinquième année de récession, plus d'un quart de la population active en Grèce était au chômage au mois de juillet, le taux s'élevant à 25,1%, contre 17,8% un an plus tôt et 24,8% en juin (chiffre révisé), a annoncé jeudi l'Autorité des statistiques grecques (Ase).

En chiffres absolus, 1,261 million de personnes étaient inscrits au chômage contre 3,7 millions qui ont du travail, dans un pays dont la population totale s'élève à quelque 10 millions.

Depuis le début de la crise de la dette en 2010, le taux de chômage en Grèce a plus que doublé.

Les catégories les plus touchées sont les jeunes non scolarisés de 15 à 24 ans, 54,2%, ainsi que les femmes, 29%.

Mais le taux de chômage dans la tranche d'âge des 25 à 34 ans, très élevé à 31,4%, aide à prendre conscience de l'ampleur de la crise traversée par le pays, dont les régions les plus touchées sont l'Epire, dans le nord-ouest, à 27,1%, suivie de l'Attique (la grande région autour d'Athènes), à 25,2%.

Dans ce contexte, l'annonce concomitante du déplacement du siège en Suisse d'un des gros employeurs du pays, le groupe Coca Cola Hellenic, qui représente le deuxième embouteilleur de la boisson américaine du monde et rayonne sur 28 pays, de la Russie au Nigéria en passant par l'Allemagne et l'Italie, accentue la noirceur du tableau.

Le groupe multinational, l'un des plus gros de Grèce, qui vise dans la foulée à être côté à Londres dans l'indice FTSE-100, représente à lui tout seul 22% de la valorisation totale de la bourse d'Athènes.

Il a assuré que le déménagement de son siège en Suisse n'avait "aucune implication" sur le plan fiscal. Mais il a admis qu'en 2010 et 2011, les deux années de crise de la dette, le groupe n'avait rapatrié en Grèce aucun dividende de ses implantations étrangères, en citant "le manque de clarté sur la politique fiscale", dans un pays qui était alors sommé par ses créanciers étrangers de remonter les impôts pour essayer de combler ses déficits publics.

"La nouvelle (du départ) porte un coup à l'économie grecque déjà handicapée" écrit le quotidien Kathimerini sur son site internet jeudi.

Le groupe a assuré dans son communiqué qu'il "maintiendra la production et la distribution de ses produits en Grèce" mais la presse grecque y a tout de suite vu une tentative de délocalisation.

Coca-Cola HBC Grèce embouteille et commercialise les boissons du géant américain des sodas dans 28 pays en Europe et en Afrique. Il commercialise 95% de sa production hors de Grèce, et emploie 41.000 personnes.
 


Mardi
09 Octobre 2012







 
Grèce: Angela Merkel attendue à Athènes pour soutenir le gouvernement Samaras

La chancelière allemande Angela Merkel arrive mardi à Athènes pour prêter soutien au gouvernement conservateur d'Antonis Samaras qui tente d'imposer un nouveau train d'austérité au nom du maintien du pays dans l'euro, après trois ans de crise en cascade qui ont éreinté le pays.

Alors que des manifestations anti-austérité sont attendues dans l'après-midi, le centre de la capitale grecque a été bouclé sous haute sécurité et restera coupé à toute circulation entre 09H00 locales (06H00 GMT) et 22H00 (19H00 GMT).

Quelque 6.500 policiers et membres des forces anti-émeute sont sur le pied de guerre pour tenter d'éviter tout dérapage, dans une ville où les manifestations qui s'enchainent depuis trois ans deviennent de plus en plus violentes.

La visite de Mme Merkel, la première depuis le début de la crise, prend une allure archi-symbolique, la chancelière étant tenue par l'homme de la rue grec comme personnellement responsable de la baisse de son niveau de vie pour son intransigeance à vouloir d'abord assainir les comptes du pays, au risque de l'étouffer avant de l'avoir guéri.

Dans une interview à la presse allemande la semaine dernière, M. Samaras a tiré la sonnette d'alarme sur l'état du pays, où le taux de chômage est de 24% et où l'actualité est dominée par les scandales de corruption et les suicides, alors que les entreprises ferment par dizaines chaque jour.

Il plaide pour un allongement de la durée nécessaire (quatre ans au lieu de deux) pour appliquer un paquet de 13,5 milliards d'euros d'économie demandé par les créanciers du pays et pas encore voté au parlement, censé permettre la poursuite du maintien de l'aide financière de l'UE, de la BCE et du FMI.

Le chef de l'opposition Alexis Tsipras, dirigeant du parti de gauche radicale Syriza a fustigé le soutien accordé par Mme Merkel à un gouvernement de coalition qui "s'écroule". "Ce qui arrive dans notre pays est sans précédent et criminel" a dit M. Tsipras, selon lequel les programmes d'austérité en cours "mènent à l'effondrement social".

Qu'apportera Mme Merkel dans sa besace pour soulager les Grecs?

Certains disent juste des mots, certains attendent des mesures de soutien industriel pour soutenir l'emploi, d'autres enfin espèrent surtout qu'elle va s'entendre enfin avec le FMI et la BCE, les deux autres créanciers internationaux du pays, qui se repassent la patate chaude pour éviter d'endosser des pertes sur la dette grecque

 

Mercredi 26 Septembre 2012

 


Grèce : manifestations émaillées d'incidents contre les nouvelles mesures


Des manifestations émaillées d'incidents à Athènes et ayant rassemblé plus de 50.000 personnes à travers la Grèce, selon la police, ont eu lieu mercredi contre un nouveau train d'économies que le gouvernement s'apprête à adopter sous la contrainte des créanciers, l'UE et le FMI.

En marge des manifestations à Athènes, des heurts ont éclaté en début d'après-midi entre forces anti-émeutes et jeunes encagoulés, opérant par petits groupes.

Ces derniers ont jeté des cocktail molotov contre le ministère des Finances, en contrebas de la place centrale Syntagma faisant face au parlement. Les forces de l'ordre ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Les affrontements se sont poursuivis pendant plus d'une demi-heure alors que le gros des manifestants étaient en train de reculer dans un nuage suffoquant.

Les cocktail molotov ont mis le feu à un kiosque de promotion d'une société téléphonique, à des poubelles et des abribus tandis que des individus s'en prenaient à des vitrines avec des bouts de marbre arrachés des façades et des barres de fer ou de bois.

Les hôtels de luxe longeant la place étaient mis à l'abri des échauffourées par un cordon policier, qui n'a pu toutefois empêcher un taggueur en colère d'écrire le slogan "Révolution" à la peinture sur le store en fer d'un des palaces.

Selon la police, 34.000 personnes ont défilé au total à Athènes mercredi et 18.000 à Salonique (nord), les syndicats évoquant le chiffre de 100.000.

Quelque 5.000 policiers avaient été déployés pour contenir les débordements, fréquents en Grèce, à l'occasion des manifestations.

Le 7 février, plus de 20.000 personnes avaient manifesté à Athènes et Salonique, selon la police, et plus de 100.000 le 12 février, lors du vote au parlement du deuxième plan d'aide à la Grèce assorti de mesures d'austérité.

Mercredi, le cortège du front syndical communiste Pame, était uni derrière les slogans "Insoumission" et "Pas de nouveaux sacrifices pour la ploutocratie".

Derrière, les banderoles des deux centrales syndicales GSEE et Adedy, organisatrices de la journée d'action, demandaient de "repousser les nouvelles mesures dures, injustes et inefficaces".

"Depuis deux-trois ans, nous vivons une catastrophe sociale incroyable, la société grecque est un cobaye pour ce qui se passe ailleurs" dans l'Union européenne (UE), tempêtait Ilias Loizos, un employé municipal de 56 ans, qui affirme que son salaire a été réduit de moitié.

"Nous avons un tiers de chômeurs, les affaires ne marchent plus (...) nous sommes désespérés et avons perdu confiance dans l'UE", affirmait Dimitris Mitropoulos, un enseignant de 35 ans.

Les employés de sociétés en voie de privatisation (Eau, électricité, caisse d'épargne) scandaient : "no pasaran" en dénonçant le "bradage" imposé par les créanciers.

Afin de montrer la détermination du gouvernement à mener à bien sa politique, le ministère des Finances a fait savoir dans la matinée que le nouveau plan de mesures d'économies et de réformes structurelles, contesté dans la rue, avait été "bouclé" lors d'une réunion discrète la veille au soir entre le Premier ministre conservateur Antonis Samaras et son ministre des Finances, Yannis Stournaras.

M. Samaras doit présenter jeudi à 07H30 GMT à ses deux alliés gouvernementaux, le socialiste Evangelos Vénizélos et Fotis Kouvelis, chef de la Gauche démocratique, ce nouveau train d'économies de 11,5 milliards d'économies comprenant des coupes de salaires publics, pensions et prestations sociales.

Les mesures doivent encore décrocher le feu vert de la troïka représentant les créanciers (UE-BCE-FMI) attendus dimanche à Athènes.

Soutenue par le principal parti d'opposition, la Gauche radicale Syriza, la journée d'action est la troisième de l'année mais la première depuis l'arrivée au pouvoir en juin de la coalition gouvernementale.

Devant l'hôpital Evangelismos, en centre-ville, Dimitri Tsiolias, radiologue, ne se faisait aucune illusion sur l'issue du mouvement.

"La grève ne changera rien. Peu importe ce que nous faisons, les salaires vont baisser, tout vient de la troïka", expliquait-il.

Aucune desserte des îles n'était assurée à la suite d'un mot d'ordre de grève de 24H qui a pris effet dans la nuit. Un arrêt de travail des contrôleurs aériens a provoqué l'annulation de 12 vols des compagnies grecques, Olympic air et Aegean Airlines.

Conditionnant le maintien de la Grèce sous perfusion financière, le nouveau plan doit être adopté au parlement avant le sommet européen du 18 octobre. La Grèce attend le déblocage du versement de 31,5 milliards d'euros de prêts

 

Mardi 25 Septembre 2012

 


La Grèce se prépare à la grève générale mercredi



ATHÈNES, Grèce - Des traversiers au transport aérien en passant par les écoles et les hôpitaux, tous les secteurs devraient être touchés par la grève générale organisée mercredi en Grèce pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité que prépare le gouvernement.

C'est la première grève générale à laquelle est confronté le gouvernement de coalition tripartite d'Antonis Samaras, formé en juin après deux élections législatives sans vainqueur net. De précédents mouvements de grève ont été marqués par des violences, avec des affrontements entre manifestants et policiers antiémeute.

Les syndicats ont appelé à la grève générale mercredi pour dénoncer les nouvelles mesures d'austérité discutées par le gouvernement grec et ses créanciers internationaux (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Les nouvelles coupes budgétaires exigées en échange de la poursuite de l'aide internationale devraient inclure de nouvelles baisses des salaires et des retraites. Un repoussement de l'âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans pourrait aussi être décidé.

Mercredi, les contrôleurs aériens doivent cesser le travail pendant trois heures, tandis que les traversiers resteront à quai toute la journée. Les employés des hôpitaux, des écoles, des services des impôts et des douanes sont appelés à faire la grève et beaucoup de magasins devraient rester fermés.

Les perturbations devraient aussi toucher les liaisons ferroviaires et les trains de banlieue à Athènes, même si les autobus et le métro doivent fonctionner une bonne partie de la journée dans la capitale. Les employés des banques, les employés municipaux et ingénieurs civils doivent aussi cesser le travail, tandis que les journalistes ont prévu un débrayage de quatre heures.

Deux manifestations séparées sont par ailleurs prévues mercredi matin dans le centre d'Athènes.

 
Jeudi 20 Septembre 2012

 


Grèce-Le rapport de la troïka après l'élection américaine?


Le rapport des créanciers internationaux de la Grèce pourrait ne pas être rendu public avant l'élection présidentielle américaine, le 6 novembre, afin d'éviter tout risque de choc économique susceptible de compromettre la réélection de Barack Obama, a-t-on appris de sources officielles européennes et diplomatiques.

Le rapport de la troïka - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - était jusqu'à présent annoncé en octobre, peut-être même avant la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro, le 8 du mois prochain.
Ses conclusions sur le respect par Athènes des objectifs de réformes qui lui ont été fixés permettront aux créanciers d'Athènes de décider s'ils débloquent la nouvelle tranche du plan de sauvetage prévue en octobre.
Si tel ne devait pas être le cas, la Grèce risquerait de ne plus pouvoir payer salaires et retraites, ni refinancer sa dette, et s'exposerait donc à court terme à une sortie de la zone euro aux conséquences imprévisibles, jusque dans les urnes américaines.

A la veille d'une élection qui s'annonce très serrée entre Barack Obama et son rival républicain Mitt Romney, le président sortant verrait donc d'un bon oeil un report du rapport.
"L'administration Obama ne veut pas qu'un quelconque événement macroéconomique vienne ébranler l'économie mondiale avant le 6 novembre", a déclaré à Reuters un officiel de l'Union européenne.

Selon des sources en Allemagne, les responsables américains insistent auprès de leurs interlocuteurs allemands et européens pour qu'aucune décision susceptible de semer la panique sur les marchés financiers ne soit prise avant le scrutin.
"Il est probable que le rapport de la troïka sera repoussé au-delà de la date de l'élection américaine", a dit à Reuters un responsable allemand.
A la question de savoir s'il s'agissait d'une demande de Washington, il a répondu: "Ils ne veulent pas de surprises."

Un porte-parole de la Commission européenne a alimenté les rumeurs de report en annonçant vendredi que les inspecteurs allaient suspendre leur travail pendant une semaine.
"Ils retourneront à Athènes dans environ une semaine", a déclaré Simon O'Connor. "Concernant la fin de la mission, je n'ai aucune date précise à vous donner."

Les Européens ont autant intérêt que Barack Obama à ne pas déstabiliser les marchés au moment où le sort de l'Espagne et de l'Italie est peut-être en train de se jouer.
Mais selon une source officielle de l'UE travaillant sur la crise de la dette, leur calcul serait aussi politique.
"Les dirigeants européens ne veulent pas de Romney, donc ils ils sont probablement prêts à faire tout ce qu'il faut pour aider Obama", affirme-t-il.
 
Lundi 17 Septembre 2012


Grèce: les médecins et les juges en grève


ATHÈNES, Grèce - Les juges et les médecins des hôpitaux publics grecs ont entamé lundi un mouvement de grève de longue durée pour protester contre les coupes budgétaires, mettant en péril des milliers de procédures judiciaires et médicales.

La confrontation entre les syndicats et le nouveau gouvernement de coalition formé il y a trois mois a atteint son paroxysme, alors que les factures et les salaires impayés par l'État s'accumulent. Les principales organisations syndicales du pays ont appelé à la grève générale le 26 septembre.

Les juges en grève ne traiteront que les affaires considérées comme urgentes durant les deux prochaines semaines, pour protester contre les réductions de salaire attendues. Un mouvement qui laissera en suspend toutes les affaires en cours, des divorces aux poursuites contre des émeutiers. Le mouvement de grève devrait encore aggraver l'accumulation des dossiers en retard, parmi lesquels des milliers de redressements fiscaux.

«Nous sommes déterminés à protéger nos droits garantis par la Constitution», a déclaré Vassiliki Thanou, à la tête de l'Association des juges et procureurs nationaux, lors d'une réunion des grévistes dans l'une des chambres de la Cour suprême.

Les tribunaux seront ouverts entre une et deux heures par jour, mais le tribunal traitant les affaires fiscales restera fermé.

Le gouvernement a suspendu le paiement des factures et de certains salaires jusqu'au versement de la prochaine tranche de 31 milliards d'euros du plan de sauvetage de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI).

Les médecins des hôpitaux publics ont également entamé une grève illimitée pour protester contre les heures supplémentaires impayées. Seules les urgences seront prises en charge pendant la grève. Leur mouvement rejoint celui des médecins du secteur privé, qui ont commencé plus tôt ce mois-ci à refuser de soigner des patients assurés par le système national d'assurance maladie, de crainte de ne pas être entièrement payés. Les pharmacies refusent quant à elles de délivrer les médicaments prescrits sur ordonnance.

La Grèce dépend des prêts internationaux depuis mai 2010 pour éviter la faillite et une éventuelle sortie de la zone euro. Le gouvernement essaie de finaliser un plan d'austérité de 11,5 milliards d'euros exigé pour obtenir la suite des versements des prêts d'urgence.

Le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, a affirmé lundi que les négociations en cours entre la coalition et les représentants des créanciers devraient aboutir d'ici à la fin de la semaine.

Le ministre des Finances, Yannis Stournaras, doit rencontrer des négociateurs de l'Union européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne pour discuter des coupes qui entreront en vigueur au cours des deux prochaines années. Interrogé sur un éventuel allongement de l'âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans, sur lequel les créanciers internationaux insisteraient, le ministre des Finances a répondu: «Nous verrons».
 
Mercredi 05 Septembre 2012

 


La troïka demande à la Grèce de mettre en place une semaine de six jours de travail


La troïka pose de nouvelles conditions au sauvetage de la Grèce. Selon une lettre de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), dont le Guardian publie des extraits, la troïka insiste sur la nécessité d’une réforme du marché du travail.

Elle réclame notamment au pays de rallonger la semaine de travail à six jours. La lettre reproduite en partie par le Guardian indique:

«Mesure: augmenter la flexibilité des horaires de travail: augmenter le nombre maximum de jours de travail à six jours par semaine pour tous les secteurs.»

La troïka demande aussi à ce que l’inspection du travail grecque soit réformée et placée sous supervision européenne. Selon le Guardian, cette lettre révèle en détails l’intrusion de la zone euro dans un système et une culture du travail qui sont vus en dehors de la Grèce comme «dysfonctionnelle».

Le Huffington Post explique que ces demandes interviennent alors que le Premier ministre grec, Antonis Samaras peine à obtenir le soutien de sa coalition. Il a expliqué le 30 août que les mesures d’austérité «douloureuses» qui seront mises en œuvre en 2013-2014 étaient «le dernier paquet de ce type de coupes.»

L’AFP indique qu’Antonis Samaras se rendra à Francfort le 11 septembre pour rencontrer le président de la BCE Mario Draghi. Antonis Samaras souhaite obtenir un délai supplémentaire pour mettre en place les coupes budgétaires de 11,6 milliards d’euro exigées par la troïka.

Le Guardian rappelle que la troïka est en visite en Grèce afin de surveiller la mise en place des mesures d’austérité et décider le mois prochain d’une sortie ou non de la zone euro. Une sortie à laquelle les entreprises américaines installées en Grèce se préparent selon le New York Times.

Le quotidien donne l’exemple de la banque américaine Merrill Lynch qui songerait à envoyer des camions remplis d’argent liquide à la frontière grecque pour que leurs clients puissent continuer à payer leurs employés au cas où il n’y aurait plus d’argent disponible. De même, Ford a configuré ses systèmes informatiques de manière à pouvoir effectuer des transactions immédiatement avec une nouvelle drachme grecque.

John Gibbons, le chef de la trésorerie en Europe pour JP Morgan Chase, explique au New York Times: «On se prépare au pire. On n’a rien à perdre en faisant cela.»
 
Mardi 04 Septembre 2012


En Grèce et au Portugal : la troïka est accusée de tous les maux


Les manifestants ont toujours du souffle en Grèce à l’image des retraités qui avaient encore investi une grande artère du centre d’Athènes mardi pour protester contre les coupes du budget de la santé et ses répercussions sur le système d’aide sociale. Première visée : la troïka des représentants des créanciers : Union européenne, FMI, BCE; accusée de tous les maux par le peuple grec.

“La situation est tragique, nos vies sont en danger affirme Dimos Koubouris président de l’Union de retraités. La situation des retraités est désespérée, nous exigeons la distribution de médicaments. Nous demandons l’arrêt des coupes budgétaires, nous demandons enfin que le montant de nos retraites et nos avantages nous soient restitués. Pendant toute notre vie nous avons cotisé pour ça”.

A chacun ses souffre-douleur mais au Portugal comme en Grèce il se trouve que ce sont les mêmes : les représentants de la troïka des créanciers, à qui les syndicats et les milieux d’affaires demandent comme en Grèce un peu plus de temps pour que les finances du pays se redressent.

“Nous avons dit à la troïka que les choses n’allaient pas bien, explique Pedro Marques député socialiste portugais. Nous avons besoin d’un ajustement avec la mise en place de mesures favorables à la croissance car pour freiner la baisse de la demande intérieure et arrêter l’aggravation de la récession il faut arrêter la spirale de l’austérité”.

Le gouvernement portugais sait d’après les chiffres du premier semestre que l’objectif budgétaire de fin d’année ne sera pas atteint sans d’autres mesures d’austérité.

 

Lundi 03 Septembre 2012

 


Taux de chômage de 29 pour cent en 2013 en Grèce ?


ATHÈNES, Grèce - Le taux de chômage en Grèce va atteindre 29 pour cent en 2013 si le gouvernement met en oeuvre les nouvelles mesures d'austérité exigées par les créanciers du pays en échange d'une aide financière destinée à lui éviter la faillite, a estimé lundi la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE), principal syndicat hellénique.

Quelque 11,5 milliards d'euros d'économies sont prévues en 2012 et 2013, vitales selon le gouvernement pour rester dans la zone euro. Pour Savvas Rombolis, directeur des recherches à la GSEE, ces mesures enfonceront davantage le pays dans la récession.

«Nous nous attendons pour 2012 à un recul du produit intérieur brut de 7 pour cent, ce qui va créer un taux de chômage de 24 pour cent, soit 1,2 million de personnes. Selon nos estimations, le chômage atteindra en 2013 entre 28 et 29 pour cent, avec plus de 1,4 million de chômeurs», a expliqué M. Rombolis dans un entretien à l'Associated Press.

D'après les dernières statistiques disponibles, datant de mai 2012, le taux de chômage en Grèce est de 23,1 pour cent, dont 54,9 pour cent pour les moins de 25 ans. Selon l'étude du GSEE, a poursuivi M. Rombolis, les Grecs touchant aujourd'hui le salaire minimum ont vu leur pouvoir d'achat ramené aux niveaux de 1979.

Les inspecteurs de la «troïka» formée par l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) doivent se rendre à Athènes à la fin de la semaine. Le déblocage d'une tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros, sans laquelle la Grèce risque de faire faillite et de devoir renoncer à l'euro, dépend des conclusions de ces inspecteurs. Leur rapport sera au menu du conseil européen des 18 et 19 octobre.

Les mesures d'austérité continuent de susciter des mouvements de protestation en Grèce. Après les médecins libéraux et les pharmaciens, qui ont décidé de faire payer à leurs patients les charges impayées par l'État, les policiers ont prévu une manifestation en uniforme jeudi à Athènes, en prévision de probables nouvelles baisses de salaires.
 
 

Vendredi 24 Aout 2012

 

 


Grèce: Samaras en visite à Berlin


BERLIN (Reuters) - Angela Merkel a déclaré vendredi qu'elle et le président français François Hollande étaient convaincus qu'aucune décision sur l'aide à la Grèce ne devait être prise avant que la "troïka" des créanciers internationaux n'ait rendu son rapport.

"La Grèce peut compter sur l'Allemagne pour ne pas rendre un jugement prématuré mais (au contraire) attendre d'avoir des éléments concrets, en l'occurrence le rapport de la troïka", a dit la chancelière allemande, lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre grec Antonis Samaras à l'issue de leur entretien à Berlin

Angela Merkel a ajouté qu'elle partageait avec le président français, qu'elle a reçu jeudi soir à Berlin, le souhait de voir la Grèce rester dans la zone euro, mais à condition que celle-ci tienne ses engagements de réformes.

Antonis Samaras, qui s'entretiendra samedi avec François Hollande à Paris, a déclaré de son côté qu'il ne demandait pas davantage d'aide, mais du temps pour respirer, alors que la Grèce est en récession depuis cinq ans.

"La Grèce va tenir ses engagements et remplir ses obligations. En réalité, c'est déjà ce qui se produit", a assuré le Premier ministre conservateur, nommé en juin à l'issue de deux élections législatives.

"Je veux envoyer trois messages. Un, nous allons obtenir des résultats. Deux, nous sommes en train de combler deux déficits en même temps : un déficit budgétaire et un déficit de confiance dans le pays. Trois, la croissance économique est d'une importance cruciale pour nous permettre de remplir nos obligations."

Antonis Samaras s'est dit certain que le rapport de la troïka illustrerait le fait que le nouveau gouvernement de coalition grec était déterminé à mener les réformes exigées par ses créanciers en contrepartie du deuxième plan de sauvetage octroyé en mars.

"Nous ne demandons pas plus d'argent. Nous demandons des temps de respiration dans cette plongée que nous entreprenons", a-t-il insisté.

Le rapport de la troïka - Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - est attendu mi-septembre. Les créanciers d'Athènes devront ensuite décider s'ils débloquent la nouvelle tranche d'aide prévue en octobre, et s'ils accordent davantage de temps à la Grèce pour mener les réformes.
 

 

Mardi 21 Aout 2012


Athènes devra économiser 13,5 milliards d'euros sur 2 ans


ATHÈNES (Reuters) - La Grèce va devoir économiser deux milliards d'euros de plus au cours des deux prochaines années afin de se conformer aux objectifs fixés dans le cadre du plan d'aide consenti par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, a-t-on appris mardi d'un haut responsable du ministère des Finances.

Selon les termes du plan d'aide de 130 milliards d'euros mis au point en mars, Athènes doit réduire ses dépenses de l'équivalent de 5,5% de son produit intérieur brut, soit 11,5 milliards d'euros, au cours des deux prochaines années.

L'effet des mesures d'austérité se traduit cependant par une diminution de ressources, condamnant Athènes à trouver deux milliards d'euros de plus.

"Pour arriver à une baisse nette des dépenses de 11,5 milliards d'euros, nous devons prendre des mesures budgétaires représentant une valeur nominale de 13,5 milliards d'euros", a dit le responsable qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat.

La coalition au pouvoir à Athènes cherche tous les moyens possibles pour atteindre cet objectif. Un haut fonctionnaire grec a déclaré vendredi que la Grèce aurait bientôt identifié la totalité des économies budgétaires exigées de la part de ses créanciers étrangers en échange d'une aide financière.

Ces mesures, qui prévoiraient jusqu'à 40.000 licenciements dans la fonction publique, ainsi qu'une réduction des traitements et retraites dans le secteur public, doivent être approuvées par les trois partis de la coalition au pouvoir puis par la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne).

 

Lundi 20
Aout 2012



 

L'île de Chios lutte contre les flammes

ATHÈNES, Grèce - D'importants moyens humains et matériels étaient mobilisés lundi pour lutter contre un incendie qui a déjà ravagé 7000 hectares de végétation et de terres agricoles en trois jours sur l'île de Chios, dans l'est de la Grèce.

Selon les autorités locales, le vent violent rend difficile l'extinction du brasier d'origine indéterminée, qui s'est déclaré peu après 2 h du matin samedi. Quelque 230 pompiers, 80 soldats et une cinquantaine de volontaires luttent contre les flammes, avec l'appui d'avions bombardiers d'eau, d'hélicoptères et de 50 véhicules.

L'île de Chios, située près de la Turquie, est célèbre pour ses arbres qui produisent une résine parfumée très utilisée dans la confiserie et les cosmétiques. Les flammes ont détruit un grand nombre de ces résineux, tandis que les apiculteurs locaux déplorent la perte de 60 pour cent de leurs ruches.

Onze incendies étaient actifs lundi en Grèce, dont un dans l'île d'Andros, dans l'archipel des Cyclades, en mer Egée. Deux touristes français soupçonnés d'avoir déclenché l'incendie ont été interpellés. Les pompiers n'ont pas précisé comment le feu s'était déclaré.

Les incendies de forêt font des ravages en Grèce tous les étés. En août 2007, ils avaient fait 63 morts et détruit des dizaines de milliers d'hectares dans le centre et le sud du pays.
 
Jeudi 16 Aout 2012

 


La Grèce veut un sursis pour assainir ses finances, l'Allemagne résiste


La Grèce s'apprête à demander à ses partenaires deux ans de plus pour atteindre l'équilibre budgétaire, en 2016, a affirmé mercredi le Financial Times, mais l'Allemagne a d'emblée exclu toute concession en l'état.

Selon le Financial Times, pour qui la Grèce aura besoin de 20 milliards d'euros supplémentaires dans le cas d'un tel rééchelonnement, le Premier ministre grec, Antonis Samaras formulera cette demande au cours d'entretiens avec la chancelière allemande Angela Merkel le 24 août à Berlin et le président français François Hollande le 25 à Paris.

M. Samaras doit également rencontrer le 22 août le chef de file de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, en visite à Athènes.

En l'absence de commentaire officiel à Athènes mercredi, jour férié pour l'Assomption orthodoxe, l'Allemagne n'a pas tardé à réaffirmer son refus de donner un tel sursis au pays dans l'attente de nouveaux efforts d'Athènes.

Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel a déclaré que celle-ci s'en tenait à l'accord en vigueur sur les obligations de la Grèce, lui donnant jusqu'à 2014 pour assainir ses finances et s'acquitter des réformes structurelles promises en contrepartie de son sauvetage financier.

"Pour Mme Merkel et pour tout le gouvernement, ce qui vaut est le +memorandum of understanding+ tel qu'il a été conclu" entre la Grèce et ses bailleurs de fonds (Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne), a dit ce porte-parole Steffen Seibert.

Il a jugé qu'aucune décision ne pouvait être prise avant que la troïka, composée d'envoyés de ces trois créanciers, n'ait achevé en septembre son inspection de la situation grecque.

"Le rapport de la troïka sera la base de toute décision future", a-t-il dit, alors que UE et FMI font dépendre de cet audit le déblocage, ou non, de la prochaine tranche de prêts attendue par Athènes, pour 31,5 milliards d'euros.

Pour décrocher ce feu vert, sans lequel le pays encourrait défaut et sortie de l'euro, le gouvernement grec travaille à remplir sa part du contrat, en tentant de dégager des mesures d'économies de 11,5 milliards d'euros pour 2013 et 2014.

Mais face au rejet populaire de l'austérité qui a nourri une crise politique au printemps, et à l'enfoncement du pays dans la dépression, l'équipe au pouvoir s'était dès son entrée en fonction en juin fixé comme objectif d'obtenir plus de temps pour assainir les finances.

A charge pour elle d'orchestrer une de ces nouvelles batailles diplomatico-financières qui rythment depuis des mois la marche de la zone euro.

Sans adoucissement de la cure, le remède de l'austérité va tuer le patient, estime-t-on à Athènes, d'autant que tout recul du PIB gonfle automatiquement le marqueur de déficit public, enclenchant un cercle vicieux.

Les prévisions grecques d'un déficit à 7% du PIB en 2012, contre 5,4% prévu au départ, font de fait planer le doute sur la capacité du pays à atteindre en 2014 l'équilibre budgétaire.

Les premières estimations officielles du Produit intérieur brut (PIB) pour le deuxième trimestre ont confirmé lundi la complexité de la tâche, chiffrant le recul du PIB à 6,2% sur un an, après -6,5% au premier trimestre.

La contraction pourrait atteindre 7% pour l'année, la cinquième de récession, redoute-t-on désormais à Athènes, tandis que le chômage bat tous les records, à 23,1% en mai.

Dans un entretien à la télévision public Net diffusé mercredi, l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder a du coup plaidé pour que les Grecs soient entendus.

"Si la Grèce avance dans ses réformes, il faut lui donner du temps", a-t-il affirmé, voyant dans cette solidarité en acte la garantie du maintien du pays dans la zone euro, qui "n'est pas facile, mais est possible".

La Grèce chiffre à 20 milliards d'euros les fonds supplémentaires nécessaires en cas d'un tel allongement de son programme de redressement, mais n'entend pas réclamer à nouveau des prêts à ses partenaires de la zone euro.

Athènes propose, affirme le quotidien, de puiser dans un prêt déjà existant du FMI, d'émettre des bons du Trésor et de repousser à 2020 contre 2016, le début du remboursement du premier prêt UE-FMI, d'un montant de 110 milliards d'euros.

La date de 2020 est jusque-là celle prévue pour le remboursement de la deuxième perfusion, de 130 milliards.

 
Lundi 13 Aout 2012


Grèce : Chute du
Produit intérieur brut (PIB) de 6,2% au deuxième trimestre


Le Produit intérieur brut (PIB) de la Grèce s'est contracté de 6,2% au deuxième trimestre 2012 sur un an, après une contraction de 6,5% au premier trimestre, selon les premières estimations rendues publiques lundi par l'autorité des statistiques grecques.

Alors que le pays traverse sa cinquième année de récession, les institutions financières n'ont cessé ces derniers mois de mettre en garde contre une récession en 2012 pire que prévu, la Banque de Grèce tablant désormais sur une chute du PIB annuel de 4,5%, après un recul de 6,9% en 2011.

Dans son dernier rapport sur la Grèce, la Commission européenne a également renvoyé à 2014 le retour à la croissance.

Le nouveau gouvernement du conservateur Antonis Samaras soutenu par les socialistes et la gauche modérée a fait du retour à la croissance sa priorité, alors que le taux de chômage a aussi explosé, s'établissant à 23,1% en mai.

Mais la reprise d'une économie tirée par la consommation intérieure est entravée par l'austérité budgétaire imposée au pays surendetté par ses bailleurs de fonds (UE, BCE et FMI) et par le retard pris dans les réformes structurelles.

Le gouvernement doit présenter en septembre à la troïka des créditeurs un nouveau train de mesures d'économies de 11,5 milliards pour les années 2013 et 2014, qui doivent notamment inclure de nouvelles réductions ciblées de salaires dans la fonction publique et de retraites.

Cet impopulaire tour de vis est une condition préalable au déblocage, crucial pour le pays au bord de la cessation de paiements, de la tranche de plus de 31 milliards d'euros du prêt UE-FMI de 130 milliards accordé au pays en hiver.

Un cacique du parti de la chancelière allemande Angela Merkel, Michael Fuchs, a réiétéré dans un entretien lundi au quotidien allemand Handelsblatt que l'Allemagne mettrait son "veto" à de nouvelles aides européennes à la Grèce si elle jugeait qu'Athènes "n'a pas rempli ses obligations".

Pour assurer la poursuite du soutien au pays en échange de ce nouvel effort, ainsi qu'un éventuel délai supplémentaire souhaité par Athènes pour assainir ses finances, M. Samaras recevra le 22 août à Athènes le chef de file de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Il doit aussi rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin le 24 août, puis le président français François Hollande le 25 août à Paris

 

Mercredi 08
Aout 2012



 


La crise dope les ventes de bicyclettes en Grèce

Ils sont rares, mais la crise grecque fait aussi des heureux. Ainsi les fabricants de bicyclettes, qui voient affluer des centaines de nouveaux clients contraints d'abandonner leurs voitures, trop chères en essence, péages et réparations.

Selon les statistiques officielles, le nombre de véhicules sur les routes du pays a chuté de plus de 40% chaque année en 2010 et 2011. Parallèlement, plus de 200'000 vélos se sont vendus l'année dernière, soit une hausse de 25% sur un an.

Les échoppes consacrées à la petite reine "poussent comme des champignons", remarque Giorgos Vogiatzis. Cet ancien coureur de la sélection nationale conçoit et fabrique ses bicyclettes sur l'île de Rhodes.

M. Vogiatzis, qui a ouvert son magasin au milieu des années 1980, a vu récemment ses ventes annuelles grimper de 40 à plus de 350 et exporte ses produits dans sept pays. "Chaque quartier a son magasin de cycles tout comme il a son marchand de brochettes", s'amuse le commerçant. La mode fait chaque jour de nouveaux adeptes même si les infrastructures sont loin d'être adaptées.

 
Mardi 03 Juillet 2012

 

 



Horst Reichenbach and Notis Mitarachi


Grèce: données «alarmantes» sur le chômage


ATHÈNES, Grèce - Le nouveau gouvernement grec va présenter à la délégation de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) attendue mercredi à Athènes des données «alarmantes» sur la récession et le chômage, selon son porte-parole Simos Kedikoglou

Ces chiffres vont montrer que l'actuel programme d'austérité est contre-productif, a-t-il déclaré mardi sans plus amples détails lors d'une interview télévisée.

La délégation de la troïka va procéder à une évaluation de la situation budgétaire grecque et vérifier le respect des engagements pris par Athènes en échange de l'aide de la zone euro et du FMI.

Les discussions entre les parties prenantes ont été suspendues pendant près de deux mois en raison de l'incertitude politique en Grèce, qui n'avait pu se doter d'un gouvernement après les législatives du 6 mai.

Il a fallu attendre le résultat des nouvelles élections convoquées le 17 juin pour qu'un accord de coalition puisse être conclu le 20 juin. Le nouveau gouvernement réunit la Nouvelle démocratie (ND, conservateurs) d'Antonis Samaras, arrivée en tête du scrutin, les socialistes du PASOK et le petit parti de la Gauche démocratique.

Contrairement à Syriza — la Coalition de la gauche radicale arrivée deuxième aux élections — les trois formations ne rejettent pas les mesures d'austérité imposées à la Grèce en échange des deux plans d'aide de la zone euro et du FMI, mais souhaitent en assouplir les conditions.

Le nouveau gouvernement a demandé fin juin un délai supplémentaire d'au moins deux ans, jusqu'à la mi-2016, pour mettre en œuvre les réformes d'ajustement budgétaires, notamment fiscales. Il s'agit de «soutenir la demande, le développement, et l'emploi», selon le communiqué gouvernemental publié fin juin.

L'objectif général est de réduire le déficit «sans nouvelles coupes dans les salaires, les pensions ou le programme d'investissement public», en luttant «contre le gaspillage, la corruption et l'évasion fiscale», a ajouté le gouvernement. La Grèce est entrée dans sa cinquième année de récession, avec un taux de chômage atteignant 22 pour cent, près du double de la moyenne dans la zone euro.
 
Lundi 02 Juillet 2012

 


La troïka à Athènes pour actualiser le programme d'aide


La troïka des créanciers de la Grèce arrive mardi à Athènes après la longue parenthèse des deux rounds d'élections législatives. Elle est manifestement prête à faire preuve d'une certaine souplesse dans la mise en œuvre du mémorandum d'aide.

L'arrivée à Athènes des chefs de la troïka, la mission d'experts des créanciers officiels de la Grèce chargée de suivre l'exécution de l'aide internationale, marque un nouveau début des relations entre ces deux parties. Le nouveau gouvernement d'Antonis Samaras s'est empressé de déclarer sa volonté d'appliquer le mémorandum signé au printemps dernier entre la Grèce et ses bailleurs de fonds. Il demande cependant de revoir certains de ses chapitres qu'il considère comme nuisibles au retour à la croissance et insoutenables socialement.

« Le gouvernement travaillera à l'application des objectifs et des mesures inscrites au plan d'aide », explique aux « Echos » un proche du Premier ministre. « Nous ferons adopter cet été par le Parlement les principales réformes structurelles et nous allons accélérer la réalisation des privatisations », enchaîne-t-il.

D'un autre côté, le nouvel exécutif souligne la nécessité de dynamiser rapidement l'économie. Au troisième trimestre, le PIB grec pourrait fondre de 9 % pour une baisse sur l'ensemble de l'année qui devrait atteindre 7 %. Or, le programme d'ajustement de moyen terme voté par le Parlement hellénique il y a un an tablait sur une hausse de 1 % du PIB en 2012. « Il faut un plan immédiat de soutien à l'économie », en conclut le responsable politique proche du Premier ministre. Mais pas question de prendre des décisions unilatérales sans l'accord de la troïka, martèle-t-il.

Ces manifestations de bonne volonté et de coopération pleine et totale avec les créanciers de la part du gouvernement trouvent une oreille attentive et disponible à la discussion chez les bailleurs de fonds.
« L'austérité devrait continuer d'être appliquée en Grèce, mais nous n'avons pas le droit de provoquer une crise humanitaire », a déclaré la semaine dernière Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro. Même son de cloche à Washington, au FMI.

Lundi, on apprenait que la Grèce avait reçu via le Fonds européen de solidarité financière (FESF) le milliard d'euros restant de la précédente tranche d'aide internationale mise en suspens le temps des élections. « La mission va évaluer les développements économiques récents », a dit pour sa part Gerry Rice, le porte-parole du FMI. « Les objectifs du programme tels qu'ils ont été convenus restent la base des discussions. Si le nouveau gouvernement a des idées sur les moyens d'atteindre ces objectifs, nous sommes ouverts », a-t-il précisé.

Le point le plus difficile à négocier est celui de l'allongement de deux ans de la période d'ajustement des finances publiques, qui imposerait aux créanciers officiels de débourser jusqu'à 20 milliards d'euros supplémentaires pour aider la Grèce. Cette proposition d'Athènes suscite de vives critiques outre-Rhin.

Pour l'heure, la chancellerie allemande se cantonne à exiger de la Grèce qu'elle applique sans délai le programme tel qu'il est actuellement. Une position difficile à défendre compte tenu du déraillement des prévisions économiques sur lesquelles il se fonde.
 


Mercredi
27 Juin 2012

 

 

 

Le siège de Microsoft à Athènes touché par un incendie criminel

ATHENES (Reuters) - Des hommes armés ont précipité une camionnette transportant des bonbonnes de gaz contre les bureaux de Microsoft à Athènes et ont ensuite mis le feu au véhicule provoquant des dégâts matériels mais ne faisant pas de victime, indique la police grecque mercredi.

Deux hommes armés de pistolets et d'une mitrailleuse ont maîtrisé les gardiens chargés de la sécurité du bâtiment pendant qu'ils perpétraient leur attaque vers 01h45 GMT, a précisé la police.

Les incendies criminels visant des banques, des entreprises étrangères et des représentants politiques se sont multipliés au cours des dernières années en Grèce alors que le pays s'enfonce dans la crise économique.

La plupart de ces agressions ont été imputées à des mouvements d'extrême-gauche mais pour les enquêteurs il est encore trop tôt pour dire qui se trouvait derrière l'attaque menée mercredi.

La camionnette, qui contenait trois bonbonnes de gaz et cinq bonbonnes d'essence, a été entièrement détruite par les flammes tandis que le rez-de-chaussée de l'immeuble abritant les locaux de Microsoft a subi d'important dégâts estimés à 60.000 euros par les pompiers.

"Il a été demandé au personnel de ne pas venir travailler aujourd'hui et sans doute pas demain non plus", a dit un porte-parole de la compagnie sur la chaîne Skai TV.
 


Mardi
26 Juin 2012



 

Stournaras nommé ministre des Finances

ATHÈNES, Grèce - L'économiste grec Yannis Stournaras a été nommé mardi ministre des Finances. Les services du premier ministre grec Antonis Samaras ont fait cette annonce au lendemain de la démission, pour raisons de santé, de Vassilis Rapanos.

Yannis Stournaras, 55 ans, dirige actuellement la Fondation pour la recherche économique et industrielle, un institut de recherche qui conseille le gouvernement. Il est aussi professeur d'économie à l'Université d'Athènes, et a passé plusieurs années à la tête du Conseil économique du ministère des Finances. Il a participé aux négociations pour l'entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001.

«Je pense que nous avons la capacité de surmonter ce problème. Mais nous devons être réalistes», a-t-il déclaré au sujet de la crise financière grecque, peu avant l'annonce de sa nomination. «La Grèce est un pays avec un grand potentiel», a-t-il ajouté.

Nommé jeudi dernier, Vassilis Rapanos n'aura finalement pas pu prendre ses fonctions. Il a été hospitalisé vendredi suite à un malaise, avant même d'avoir eu le temps de prêter serment.
 


Lundi
25 Juin 2012



 


Antonis Samaras, opéré de l'oeil, va quitter l'hôpital


ATHENES - Le nouveau Premier ministre grec Antonis Samaras, opéré samedi de l'oeil, doit quitter l'hôpital lundi après-midi, après avoir subi une opération qui va l'empêcher d'assister au Conseil européen de Bruxelles, jeudi et vendredi prochain.

Il sera remplacé lors de ce nouveau sommet crucial par son ministre des Affaires étrangères, Dimitris Avramopoulos. Ce dernier, qui conduira la délégation grecque, a rencontré lundi matin le ministre des Finances sortant, Giorgios Zanias, le ministre du Développement Costis Hatzidakis et d'autres membres du gouvernement pour discuter de la préparation de ce Conseil européen.

Agé de 61 ans, le Premier ministre, qui avait prêté serment mercredi, a subi samedi une intervention chirurgicale pour un décollement de la rétine. Son médecin lui a interdit de prendre l'avion. Il devra rester plusieurs jours chez lui, mais il pourra recevoir des visites.

Le prochain ministre des Finances, Vassilis Rapanos, hospitalisé vendredi après un malaise, restait hospitalisé lundi. AP
 
Lundi 25 Juin 2012


La Bourse d'Athènes plonge de 6,84% à la clôture

Les Bourses européennes sont nerveuses ce mercredi après la demande d'aide financière de l'Espagne qui espère ainsi renflouer ses banques. La Bourse d'Athènes a clôturé lundi en recul de 6,84% à 566,79 points dans le sillage des Bourses européennes, nerveuses avant le sommet européen périlleux qui s'ouvre dans trois jours à Bruxelles.

Après avoir ouvert en baisse de 2,37%, l'indice Athex a accentué ses pertes en cours de journée, lâchant 4,35% trois heures plus tard, avant de chuter de 6,84% en fin de la séance. L'indice des banques FTSEB a plongé de 14,5%: l'action d'Alpha bank, deuxième banque du pays, a subi la plus importante chute de 18,40%, suivie par celle de l'Eurobank, troisième du secteur (-16,31%), de la Banque Nationale de Grèce, numéro 1 du pays, (-14,97%) et de la Banque du Pirée (-14,76%).

Les Bourses tremblent en attendant le sommet de Bruxelles

Le sommet européen jeudi et vendredi doit se pencher sur les difficultés les plus urgentes rencontrées dans la zone euro notamment par l'Espagne et la Grèce. Les marchés attendent des solutions qui permettraient à la zone euro de retrouver le chemin de la prospérité et donneraient du même coup un bol d'air à l'économie mondiale dans son ensemble.

Peu après la formation du nouveau gouvernement grec de coalition sous l'égide de la droite d'Antonis Samaras la semaine dernière, la Grèce a annoncé qu'elle demanderait à ses créanciers, UE et FMI, un allongement du délai de l'ajustement budgétaire de deux ans, 2016 au lieu de 2014, afin de tenter d'atténuer la rigueur et la récession.

 

 

Vendredi 22 Juin 2012



Victoire de l'Allemagne 4-2

Vendredi soir, l'Allemagne n'a pas tremblé au moment d'écarter la Grèce en quart de finale de l'Euro 2012. Les troupes de Joachim Löw l'ont emporté (4-2) et atteignent le dernier carré de la compétition, notamment grâce aux buteurs du jour, Lahm, Khedira, Klose et Reus. Face à de courageux mais trop limités Grecs, les Allemands ont su faire preuve de patience et d'efficacité pour continuer leur route, rendant presque sans importance les changements d'hommes apportés par le sélectionneur dans le domaine offensif.

"L'évidence paralyse la démonstration", avait écrit Pierre Reverdy, poète français du début du XXe siècle. Vendredi soir, la qualification de l'Allemagne au détriment de la Grèce (4-2) en quart de finale de l'Euro 2012 était écrite, attendue par tous les observateurs et bookmakers. Et c'est donc sans surprise que les hommes de Joachim Löw ont validé leur billet pour les demi-finales de la compétition. Mais l'ampleur du score ne reflète pourtant pas nécessairement la vaillance et le courage des Grecs, comme la maladresse chronique des attaquants d'outre-Rhin.

Jeudi 21 Juin 2012


EURO 2012 - Allemagne-Grèce, une datte à payer


Le quart de finale entre l'Allemagne et la Grèce revêt une certaine symbolique en ces temps de crise pour le peuple grec. Soumis à un régime d'austérité sous l'influence notamment d'Angela Merkel, la chancelière allemande, les Héllènes rêvent de voir leur équipe nationale prendre leur revanche sur le terrain et de déjouer les pronostics contre l'un des favoris de l'Euro. Les joueurs refusent toutefois de voir un lien entre ce match et la situation politique.

Il y a longtemps qu'un match d'un Euro n'avait pas eu une aussi grande portée politique. Voire économique. Depuis que l'affiche du deuxième quart de finale est connue, c'est tout un pays qui attend l'Allemagne de pied ferme. Plongée dans une grave crise économique depuis plusieurs mois, la Grèce vit désormais au rythme des programmes d'austérité fixés par les autres pays européens, et notamment l'Allemagne d'Angela Merkel. C'est peu dire que les Grecs ont encore plus savouré la qualification surprise pour les quarts de l'Euro quand ils ont su qu'ils affronteraient la Nationalmannschaft.

Pas seulement pour le côté sportif d'un adversaire qu'ils n'ont jamais battu en huit confrontations dans l'histoire (5 défaite, 3 nuls), et qui a remporté tous ses matches de l'Euro, phase de qualification incluse. Mais aussi, et surtout pour certains, car ce match leur offre la possibilité de rembourser en quelque sorte leur dette, mais cette fois sur le terrain. Les médias héllènes entretiennent ce sentiment depuis plusieurs jours. "Donnez-nous Merkel", a ainsi titré dimanche Goal News. "Angela, tenez-vous prête ! Vous avez vu comment vos débiteurs se sont qualifiés ?", a renchéri Sport Day. Leurs homologues allemands ne font rien pour calmer l'affaire. "Pauvres Grecs, on va vous mettre en banqueroute gratuitement cette fois", a lancé Bild.

Ajoutez à cela le fait qu'un député grec, Manolis Glezos, réclame tout simplement 1000 milliards d'euros (!) à l'Allemagne pour les remboursements des frais... de la Seconde Guerre mondiale, et vous obtenez une tension palpable entre les deux pays, qui s'est désormais redirigée vers le terrain. Sauf que les joueurs, principaux intéressés pour ce qui reste un match de football, ont refusé d'aller dans ce sens, préférant se concentrer sur le jeu. "Nous ne sommes pas là pour parler politique, mais pour jouer au football, pour représenter notre pays", a affirmé Kostas Katsouranis, le milieu de terrain grec.

"Tout le monde est au courant de la crise qui frappe notre pays, mais ce n'est pas la chose la plus importante pour nous à l'heure qu'il est. Le plus important pour nous est de porter notre maillot avec notre drapeau dessus, de jouer pour nous-mêmes pour les gens au pays, c'est tout." Même son de cloche chez Giorgos Samaras : "On ne peut pas mêler le football et la politique. C'est mal de faire ça. Le football est un jeu et nous allons jouer pour prendre du plaisir parce que nous aimons ça." De quoi calmer le jeu après les déclarations de leur entraîneur samedi. Fernando Santos n'avait en effet pas hésité à vivement tancer Angela Merkel, sans la nommer, suite à ses récentes déclarations sur l'économie grecque. "Le peuple grec est très fier de son histoire et mérite notre respect à ce titre. La civilisation, la démocratie et les sciences ont débuté en Grèce. Il est difficile pour les autres de nous donner des leçons", avait lancé le technicien... portugais.

Joachim Löw a quant à lui préféré tenter de jouer la carte de l'humour pour se dépêtrer du sujet. "Vous savez qu'entre Angela Merkel et nous, il y a une très bonne relation. On s'est fixé une règle, elle n'essaye pas d'influencer ma composition d'équipe et mes orientations tactiques et moi je ne me mêle par des déclarations politiques", a plaisanté le sélectionneur allemand en conférence de presse quand on l'a interrogé sur ce que certains médias ont déjà surnommé le "derby de la dette". "Pour nous c'est un quart de finale tout à fait comme les autres, contre la Grèce et nous ne voyons que l'aspect sportif", a-t-il toutefois ajouté, allant dans le sens des acteurs de la rencontre à venir. S'il ont besoin de se motiver, les joueurs grecs, champions d'Europe en 2004 sous les ordres de... l'Allemand Otto Rehhagel, n'auront qu'à se tourner vers la tribune officiel du stade de Gdansk. Pour la première fois de l'Euro, Angela Merkel sera en effet de la partie pour supporter Mario Gomez et les siens. Elle ne pouvait pas rêver meilleur match pour cela...


 

Mercredi 20 Juin 2012


(AFP)
- Antonis Samaras, nouveau Premier ministre grec
 
Le chef du parti conservateur Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, 61 ans, est devenu mercredi Premier ministre en Grèce, après avoir obtenu le soutien de deux autres partis pour tenter de rétablir le crédit d’un pays en quasi-faillite.

M. Samaras qui a prêté serment devant le président de la République devait faire connaître dans la foulée la liste des membres de son gouvernement, à temps pour que le nouveau ministre des Finances participe jeudi à une réunion de ses homologues de la zone euro qui doit se pencher sur la situation très difficile de la Grèce.

Après avoir remporté les législatives de dimanche, mais sans avoir la majorité absolue, M. Samaras a négocié et obtenu le soutien de deux autres partis, le Pasok (socialiste) et le Dimar (gauche modérée), ce qui lui permet de revendiquer 179 voix sur 300 au Parlement.

«Avec l’aide de Dieu, nous allons tout faire pour sortir le pays de la crise. Demain, je vais demander au gouvernement de travailler d’arrache-pied pour donner un espoir tangible au peuple grec», a déclaré M. Samaras à la presse après sa prestation de serment devant le président de la République Carolos Papoulias.

«J’ai conscience (du fait) que c’est un moment crucial, il faut rétablir la dignité des Grecs et assurer la relance de l'économie et la cohésion sociale», a-t-il ajouté au cours de la passation des pouvoirs avec le Premier ministre intérimaire Panayiotis Pikrammenos.

Le dirigeant du parti socialiste Evangélos Vénizélos qui avait dévoilé dans l’après-midi l’accord politique permettant la constitution d’un gouvernement de coalition a décrit en termes épiques la tâche principale de la nouvelle équipe.

Dès le sommet européen des 28 et 29 juin, la Grèce livrera sa «grande bataille pour réviser l’accord de prêt» conclu en février et lui imposant une austérité rigoureuse en échange d’un deuxième paquet de prêts internationaux, a indiqué M. Vénizélos.

De fait, même si les bailleurs de fonds, UE et FMI, admettent à mots couverts le besoin d’assouplir les conditions faites aux Grecs, ils voient aussi en M. Samaras -membre de la même famille politique que la chancelière allemande Angela Merkel- le garant du maintien de la Grèce dans l’euro. Ce qui signifie à leurs yeux, la poursuite des efforts d’assainissement budgétaire entamés.

Les Européens ont entrouvert la porte à une prolongation de deux ans, jusqu'à fin 2016, du délai donné à ce pays pour atteindre l'équilibre budgétaire. Pour sa part, le Fonds monétaire international (FMI) s’est dit prêt à reprendre les négociations le plus tôt possible avec la Grèce.

Mais l’Europe et le FMI veulent auparavant juger les retards pris par la Grèce dans la mise en oeuvre de ses engagements depuis qu’elle est entrée, début avril, dans un processus électoral qui a fait se succéder deux élections en un mois et demi.

Ceci laisse augurer d’une arrivée dès juillet à Athènes des représentants de la troïka (UE-BCE-FMI), chargés d’enregistrer aussi bien les progrès que les dérapages dans les comptes publics.

Sur le modèle de celle déjà formée par les conservateurs et les socialistes en novembre dernier, la coalition gouvernementale bénéficiera d’une caution de gauche, avec le soutien du petit parti modéré, la Gauche démocratique (Dimar).

Son chef, Fotis Kouvelis, a confirmé que ses 17 députés voteraient la confiance, mais sans participer à l'équipe.

M. Vénizélos a lui aussi exclu d’entrer dans le gouvernement ou d’y dépêcher des cadres politiques de premier plan.

Les dirigeants des trois partis devaient se réunir mercredi soir, pour mettre la dernière touche à la liste des membres du gouvernement.

L’actuel président de la Banque nationale de Grèce (BNG), Vassilis Rapanos, est pressenti pour devenir ministre des Finances, selon la chaîne de télévision publique Net.

A 65 ans, cet économiste de formation est un vieux routier de la gestion de ce pays aux côtés des équipes socialistes, et a dirigé le Conseil des experts du ministère de l’Economie et des Finances au moment de l’entrée de la Grèce dans l’euro, en 2001. Il pourrait se rendre dès jeudi à Bruxelles pour la réunion de l’Eurogroupe.

Dans l’opposition, le parti de la gauche radicale Syriza a jugé que le gouvernement était «clairement conservateur».

Il «ne convainc pas de sa capacité et de son intension de lutter pour une véritable renégociation (...) des politiques néolibérales d’austérité», a estimé le parti dans un communiqué, avertissant qu’il serait «à l’avant-garde des luttes sociales de la prochaine période».

Parmi ses autres défis, mis en exergue par le Syriza, le nouveau gouvernement devra notamment rompre avec les vieux démons de la politique grecque, clientélisme, médiocratie et corruption pour rétablir la confiance tant avec une société poussée à bout par deux ans de sacrifices qu’avec des partenaires qui n’excluent pas en cas de nouveau dérapage de faire sortir le pays de la zone euro.

La première a féliciter M. Samaras mercredi a été la chancelière allemande Angela Merkel qui l’a invité à Berlin.

Dans l’immédiat, les deux dirigeants auront peut-être l’occasion de se rencontrer ailleurs. Mme Merkel assistera au match de quart de finale de l’Euro 2012 vendredi à Gdansk en Pologne. Au programme : Allemagne-Grèce.
 

Lundi 18 Juin 2012


Un feu de forêt aux portes d'Athènes


ATHENES - Un pompier est mort mercredi alors qu'il luttait contre un gros incendie sur une base aérienne située dans la banlieue ouest d'Athènes, selon les autorités.

Selon un communiqué des pompiers, le soldat du feu, âgé de 28 ans, a été hospitalisé après s'être senti mal. Il a été déclaré mort à l'hôpital.

Le porte-parole de l'armée de l'air, Constantinos Grapsas, a précisé que l'incendie ne menaçait pas les installations de la base d'Elefsina, utilisée essentiellement par des avions de lutte anti-incendie et de transport.

Quarante camions de pompier, sept avions bombardiers d'eau, un hélicoptère et 160 pompiers étaient mobilisés pour combattre le sinistre, a-t-il souligné.

Par ailleurs, deux pompiers ont été blessés alors qu'ils luttaient contre un autre incendie sur l'île de Salamis, située au large du Pirée. Les deux pompiers ont été hospitalisés. L'un d'eux souffre de brûlures alors que l'autre s'est blessé dans une chute, selon les autorités.

Les incendies sont fréquents en Grèce durant la période estivale. Samedi dernier, un incendie a brûlé 2.000 hectares de broussailles et de forêt au sud d'Athènes, détruisant 15 maisons et en endommageant une centaine d'autres. AP

 
Dimanche 17 Juin 2012

 

 


La Grèce vote


ATHENES (Reuters) - Six semaines après des élections législatives qui n'ont produit aucune majorité stable, les Grecs sont de retour aux urnes ce dimanche pour un nouveau scrutin qui pourrait décider de l'avenir du pays dans la zone euro et suscite l'angoisse des Européens et des marchés financiers.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 locales (04h00 GMT) et fermeront à 19h00 (16h00 GMT). Les sondages réalisés à la sorties des urnes sont attendus peu après la clôture du scrutin.

Le duel s'annonce très serré entre les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND), qui défendent les mesures d'austérité liées aux plans de sauvetage financier, et la Coalition de la gauche radicale (Syriza), pour laquelle ce Mémorandum ne fait qu'aggraver la situation.

Ce scrutin apparaît donc, au moins pour une partie de la population, comme un référendum sur les conditions imposées à Athènes par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) et qui se sont traduites par un accroissement de la pression fiscale, une hausse du chômage et une réduction parfois drastique des salaires.
Et tandis que les autorités politiques et monétaires du monde entier se préparent à se protéger d'une possible tempête sur les places financière, les banques centrales des principales puissances économiques mondiales se tiennent prêtes à stabiliser les marchés et à prévenir tout assèchement du crédit.

Ennemi de l'austérité, le dirigeant de Syriza, Alexis Tsipras, 37 ans, menace de revenir sur ce plan de financement international - "le mémorandum de banqueroute", dit-il - tout en affirmant que la Grèce restera dans la zone euro.

Tsipras a promis de nationaliser les banques, de suspendre les privatisations et de geler les mesures d'austérité. Et s'engage à lutter contre la corruption et à taxer les riches.
"Le sauvetage a piégé tout un peuple; c'est la raison pour laquelle nous devons nous en débarrasser immédiatement", a-t-il clamé durant la campagne.
A droite, le dirigeant de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, 61 ans, estime que les Grecs vont devoir choisir entre le maintien dans la zone euro et "le cauchemar" d'un retour à la drachme.

"Nous nous acheminons vers des élections qui décideront de l'avenir de la Grèce et de nos enfants", a-t-il souligné vendredi. "Le premier choix que doit faire le peuple grec est entre l'euro et la drachme."

Antonis Samaras a également affirmé que son pays ne pouvait pas se permettre un troisième scrutin parlementaire et devait former un gouvernement après les élections de dimanche, les deuxièmes après celles du 6 mai qui ont abouti à un Parlement sans majorité.

Le dirigeant conservateur s'est engagé à renégocier les termes imposés par les créanciers internationaux en mettant l'accent sur la création d'emplois.

Les précédentes élections législatives du 6 mai n'ont pas permis de dégager de majorité susceptible de soutenir un gouvernement, ce qui a rendu nécessaire ce nouveau scrutin.
Une victoire de Syriza risque de plonger les marchés financiers dans le chaos alors que les dirigeants du G20 se réunissent à partir de lundi au Mexique pour un sommet largement dominé par la crise en Europe.
"Le vote de demain ne doit pas être celui de la colère mais celui de l'espoir", écrit samedi le quotidien libéral de gauche Ta Nea. "Ce doit être le vote de la Grèce de l'euro, pas de la Grèce de la drachme."
"Les sondages, tout comme les élections du 6 mai, montrent que les Grecs favorables à l'euro sont largement plus nombreux que ceux qui le rejettent ou qui veulent le sacrifier sur l'autel de leurs ambitions partisanes", renchérit le quotidien de centre gauche Ethnos.

Les sondages sont interdits depuis deux semaines en Grèce. Les dernières enquêtes disponibles donnaient Syriza et ND au coude à coude. Mais aucune de ces deux formations en devrait avoir de majorité, ce qui annonce de difficiles négociations en vue de former un gouvernement avec les autres partis qui siégeront à la Vouli.


 
Vendredi 15 Juin 2012


Les graffiti, symboles du désespoir des Grecs à Athènes


ATHÈNES (Reuters) - Les tags sont souvent sombres. "Le Premier ministre est une marionnette du FMI", "Vivre dans l'euro est une condamnation à mort", "Ne votez pas".
A deux jours des élections législatives grecques qui pourraient décider du maintien du pays au sein de la zone euro, les graffiti se multiplient sur les immeubles et les monuments d'Athènes.

"C'est un reflet du désespoir des gens", explique Theodosis Pelegrinis, recteur de l'université d'Athènes, dont l'élégante façade néo-classique a été défigurée par les tags.

"Si vous pensez n'avoir aucun avenir, alors vous voulez tout détruire", poursuit-il pour expliquer le phénomène.
A lire les graffiti dans la rue, on perçoit le mépris et la colère d'une partie de la population envers le Pasok (gauche) et Nouvelle démocratie (droite), les deux partis qui ont chacun à leur tour gouverné le pays depuis la fin de la dictature en 1974.

"Incendiez les isoloirs", peut-on lire sur un mur du musée numismatique d'Athènes, superbe hôtel particulier du XIXe. "Brûlez le Parlement", clame un autre.

Le symbole anarchiste, un A dessiné au milieu d'un cercle, est également omniprésent dans la capitale grecque, notamment sur la place Syntagma, où se trouve le Parlement.

Aussi, au grand étonnement des touristes de passage, ces inscriptions murales sauvages n'ont pas épargné les plus belles façades des principaux monuments de la ville.
"Il y en a vraiment partout", dit David Grove, un touriste australien, qui prend une photo d'une église en compagnie de sa femme.

"C'est vraiment désagréable et agressif. C'est du pur vandalisme", regrette-t-il.
La statue de l'un des héros de la guerre d'indépendance grecque au début du XIXe siècle, Theodoros Kolokotronis, est elle recouverte d'insultes. L'académie d'Athènes, ornée de statues de Platon et Socrate, est elle aussi barbouillée de graffiti.

"Durant les années 1970 et 1980, les tags sur les murs étaient élaborés", rappelle Pelegrinis. "Mais à présent les gens écrivent n'importe quoi sur les murs, c'est une sorte de mode", confie-t-il.
La police dit avoir des problèmes plus urgents à traiter que l'effacement des graffiti et que de toute manière s'ils étaient enlevés, ils réapparaîtraient aussitôt sur le mur.
Mais pour certains habitants, les inscriptions sont une forme d'expression artistique qui reflète l'air du temps et l'angoisse des Grecs face à leur avenir.

"Les temps sont difficiles", dit Katarina Adam, réceptionniste d'un hôtel. "L'art est un reflet de la vie, et si nous suivons cette définition, il est normal que ces graffiti soient durs", ajoute-t-elle.
Dans le quartier touristique de Plaka, une offre d'emploi a été inscrite au coin d'une rue délabrée. "Recherche Premier ministre grec. Aucune qualification requise."

 
Jeudi 07 Juin 2012


L
a campagne électorale tourne à l'agression en direct à la télévision

ATHÈNES, Grèce - La campagne électorale tourne mal en Grèce: le porte-parole du parti d'extrême-droite Aube dorée, élu lors des dernières législatives contestées, a agressé jeudi matin deux députés de gauche en direct à la télévision. Il a giflé l'une d'entre elles, et jeté un verre d'eau au visage de l'autre.

À une semaine et demie d'élections cruciales pour l'avenir du pays, la scène, sur la chaîne privée Antenna, a choqué les Grecs. Un mandat d'arrêt a été immédiatement lancé à l'encontre d'Ilias Kasidiaris, qui a remporté 21 sièges sur 300 aux dernières législatives de mai. Le scrutin a été annulé faute d'accord autour de la formation d'un gouvernement. Un gouvernement intérimaire a été investi en attendant de nouvelles élections, fixées au 17 juin.

Le parti Aube dorée, qui rejette l'étiquette de mouvement néo-nazi, est accusé d'avoir mené des attaques violentes contre les immigrants à Athènes. Il a démenti toute implication. Il se présente comme une formation patriotique, faisant campagne contre l'immigration illégale et la criminalité. Il a proposé d'installer des mines antipersonnel le long des frontières grecques pour empêcher les clandestins d'entrer dans le pays.

Jeudi matin, Ilias Kasidiaris a perdu ses nerfs lorsque Rena Dourou, membre du parti d'extrême-gauche Syriza, a fait référence à une affaire judiciaire en cours le visant. La parlementaire, âgée de 58 ans, a ensuite estimé qu'il y avait «une crise démocratique quand des gens qui veulent ramener le pays 500 ans en arrière entrent au Parlement grec». Le porte-parole d'Aube dorée, 31 ans, a bondi de son siège et lui a lancé un verre d'eau à la figure.

L'animateur, Giorgos Papadakis, a couru vers lui en criant «non, non, non» pour tenter de le calmer. Mais furieux, Kasidiaris s'est tourné vers Liana Kanelli, membre du Parti communiste, qui venait de se lever et lui avait apparemment jeté un journal. Il l'a alors giflée à trois reprises. La chaîne a interrompu le programme, avant de reprendre l'antenne sans le porte-parole du parti.
L'agression a «dévoilé en public ce qui était largement connu», le «vrai visage de cette organisation criminelle», a réagi le parti Syriza. Rena Dourou faisait référence à l'attaque d'un étudiant, en 2007, à laquelle Kasidiaris est accusé d'avoir participé. L'affaire devait être jugée mercredi, mais a été reportée au 11 juin.
Giorgos Papadakis et Liana Kanelli ont ensuite raconté que Kasidiaris avait été enfermé dans une pièce de l'immeuble, mais qu'il était parvenu à s'en échapper. La police le recherchait dans la journée, le mandat d'arrêt ayant une validité de 24h.

«Le gouvernement condamne de la façon la plus catégorique l'attaque menée par le porte-parole d'Aube dorée Ilias Kasidiaris contre Liana Kanelli et Rena Dourou», a déclaré son porte-parole, Dimitris Tsiodras, déplorant une «attaque contre chaque citoyen».

Selon le mouvement d'extrême-droite, c'est Mme Kanelli qui a d'abord attaqué Kasidiaris, en le provoquant «avec un paquet de documents». «Aube dorée continue son combat pour un mouvement nationaliste fort contre quiconque, et naturellement contre les orphelins de Marx, qui dominent les chaînes (de télévision) et jouent un sale rôle de propagande», se défend-il dans un communiqué.

«Si vous voulez que nous condamnions notre co-combattant dans un moment vraiment malheureux, vous devriez d'abord condamner les insultes et l'attaque de Liana Kanelli. Autrement, vous n'êtes rien d'autre que de pauvres hypocrites qui suivent des ordres». AP
 
Mardi 05 Juin 2012

 


Grèce : une chance sur trois de sortir de la zone euro pour S&P

L'agence de notation financière Standard and Poor's voit "au moins une chance sur trois" que la Grèce sorte de la zone euro, selon un rapport publié lundi 4 juin où elle relativise toutefois les risques de contagion.

"Nous pensons maintenant qu'il y a au moins une chance sur trois que la Grèce sorte de la zone euro", écrit S&P.

Mais l'agence ne considère "pas pour l'instant qu'un retrait grec aurait automatiquement de conséquences négatives permanentes sur les perspectives d'autres pays périphériques de rester membres de la zone euro".

Et "une sortie de la Grèce en elle-même ne provoquerait pas automatiquement de nouvelles actions de dégradation des notes souveraines ailleurs", ajoute-t-elle.

Pour S&P, il y a "une possibilité" que les élections législatives du 17 juin "conduisent à la formation d'un gouvernement fondamentalement opposé à la mise en œuvre des conditions du programme" d'assainissement des finances imposé par l'UE et le FMI en échange de leur aide à Athènes.

Or elle relève que les partenaires européens de la Grèce sont de moins en moins enclins à tolérer "des déviations durables et significatives" vis-à-vis de ce programme.

Le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a ainsi estimé dimanche 3 juin que la question d'une sortie de la Grèce de la zone euro "se posera sans doute" si Athènes revenait sur ses engagements d'austérité.

Son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, a aussi indiqué que la Grèce ne pourrait rester dans l'euro que si elle respectait ses promesses envers ses partenaires.

Le retour à la monnaie nationale serait "probablement très coûteux pour la population grecque", prévient S&P.

Il "ne réglera durablement en lui-même aucun des problèmes fondamentaux de l'économie grecque", mais risque au contraire de provoquer des retraits bancaires massifs et de nombreuses faillites d'entreprises, alimentant in fine la contraction de l'activité et l'austérité budgétaire.

Mais "les difficultés dont souffrira la population grecque devraient dissuader les autres Etats membres de la suivre dans sa sortie de l'euro", note encore S&P. Pour elle, cela pourrait même renforcer la volonté d'autres pays à poursuivre leur programme d'ajustement budgétaire, les gouvernements s'efforçant de démontrer que la Grèce est un cas spécial.

S&P n'exclut pas néanmoins de nouvelles pressions sur les pays périphériques de la zone euro, jugés plus fragiles, et prévient que "beaucoup dépendra de la réaction politique de l'Europe". Si cette réponse est insuffisante pour stopper de manière crédible la contagion, il pourrait y avoir "des pressions à la baisse sur les notations souveraines" et ce "particulièrement, mais pas nécessairement seulement, dans la périphérie de la zone euro".
 

Mardi 05 Juin 2012

 


En Grèce, HSBC teste des distributeurs de drachme


Pour certains, l'éventualité d'une sortie de la Grèce de l'euro se fait de plus en plus crédible. La banque HSBC teste des distributeurs de drachme dans le pays, rapporte le site This is Money.

HSBC cherche à savoir s'ils fonctionneraient toujours avec une réintroduction de la drachme dans le cas d’un retrait du pays de la zone euro.

Le site économique analyse la décision de la banque britannique:


«C’est jusqu’à présent le signe le plus clair que le secteur financier international pense que la Grèce est sur le point de quitter la monnaie unique et de retourner à son ancienne monnaie.»

En réponse, HSBC s’est justifié de cette action par le biais d’un porte-parole:

«Comme toutes les banques, nous avons travaillé avec les régulateurs pour entreprendre un travail préparatoire à des niveaux multiples dans l’éventualité d’un défaut souverain, d’une sortie de l’euro ou d'une autre possibilité.»

La Grèce votera le 17 juin pour des élections législatives. Un scrutin jugé comme déterminant pour l'avenir du pays, et de son futur, ou non, dans la zone euro.

 
 

Lundi 04 Juin 2012


Grèce: la marine marchande mondiale tient salon à Athènes du 4 au 8 juin


ATHENES - Le salon biennal Posidonia, le plus grand événement mondial de la marine marchande, a ouvert ses portes lundi soir dans la banlieue d'Athènes, sur fond de conjoncture mondiale morose et d'inquiétudes grandissantes sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro.

L'édition 2012, qui réunira jusqu'au 8 juin quelque 1.870 entreprises issues de 87 pays, s'ouvre dans un climat économique mondial difficile qui pèse sur la marine marchande grecque, la première au monde, dont les bénéfices ont baissé de 8,6% en 2011, à 14 milliards d'euros, selon l'Union des armateurs grecs (EEE).

Les armateurs grecs ne sont pas directement affectés par le crise grecque car leur activité est internationale. En revanche, le crise mondiale a un impact sur l'industrie, a expliqué à l'AFP l'organisateur du salon, Théodore Vokos.

Selon lui, les principaux problèmes du secteur sont la baisse des volumes transportés en raison de la récession et l'excès d'offre de bateaux, qui tombe à un mauvais moment.

Parmi les exposants, les chantiers navals chinois seront massivement représentés au salon Posidonia. Selon les statistiques officielles grecques, 76% des quelque 2.000 navires de marine marchande battant pavillon grec ont été construits en Chine et en Corée du sud.

Le Premier ministre par intérim Panayiotis Pikrammenos qui a assisté à l'ouverture du salon a appelé les armateurs grecs à soutenir leur patrie qui traverse des moments difficiles.

La Grèce a plus que jamais besoin de nouveaux investissements, de nouveaux emplois et de liquidités et vous, les gens de la marine marchande, vous pourriez y contribuer, a indiqué M. Pikrammenos.

La flotte détenue par les armateurs grecs comprend elle 3.325 bateaux (de plus de mille gigannées), soit 227 millions de tonnes de port en lourd (dwt), et représente près de 15% du tonnage mondial en dwt.

Principal moteur de l'économie grecque avec le tourisme, la marine marchande représente environ 5% du PIB du pays mais sa contribution directe à l'emploi reste modeste car les marins sont aujourd'hui en majorité issus des pays en voie de développement.

Entre 2000 et 2011, les recettes de la marine marchande grecque ont atteint 154 milliards d'euros, presque la moitié de la dette grecque (365 milliards d'euros avant sa restructuration), a rappelé M. Pikrammenos.

Il a toutefois déploré que la moitié de ces 154 milliards aient été transférés à l'étranger (...). Il est nécessaire d'élaborer une politique pour retenir ces devises en Grèce, a souligné M. Pikrammenos.

A l'heure où la Grèce, écrasée par le poids de la dette, se voit forcée d'imposer à la population une puissante cure de rigueur, les armateurs nationaux, qui bénéficient de multiples exemptions fiscales, sont régulièrement montrés du doigt.
 
Lundi 04 Juin 2012


Récession en Grèce: à court d'euros, les Grecs découvrent le troc de talents


Informaticien capable de réparer n'importe quel ordinateur, Vassilis Revelas possède un talent précieux dont il fait désormais usage, récession grecque oblige, pour obtenir d'autres services sans débourser un euro.

Comme des centaines d'autres en Grèce, où crise et austérité ont fait plonger les revenus, il a recours à un site d'échange de services grâce auquel les compétences de chacun sont accessibles gratuitement: il en coûte seulement un peu de son propre temps.

"J'ai consacré 10 heures à réparer des ordinateurs de particuliers", explique l'informaticien à l'AFP. "En retour, un électricien est venu rétablir ma ligne téléphonique, quelqu'un m'a coupé les cheveux, un autre m'a aidé à déménager et j'ai même pris des cours d'espagnol".

Echanges de services et troc de biens ont le vent en poupe en Grèce, qui doit composer avec un fort taux de chômage et des brutales baisses de salaires. Le pays, protégé depuis deux ans de la faillite par la zone euro et le Fonds Monétaire International (FMI), a dû prendre de sévères mesures d'austérité pour assainir ses finances publiques.

D'après Christina Papadopoulou, une autre utilisatrice de cette "banque du temps" en ligne, environ un millier d'Athéniens sont abonnés au site, et 200 d'entre eux constituent un noyau de membres très actifs qui échangent régulièrement des services.

"Je suis allée chez une jeune femme que je ne connaissais pas et dont la maison était sans dessus dessous pour l'aider à ranger ses placards et organiser l'espace", raconte Christina, 33 ans, qui travaille dans l'événementiel. Pour ce coup de main, elle a obtenu trois heures à son crédit sur le site.

Dans ce modèle né du courant anticonsumériste, ce n'est plus le marché qui fixe la valeur du travail, fait-elle valoir: "Nous pensons que nous sommes tous égaux, qu'une heure du temps d'un médecin vaut autant qu'une heure de service d'une femme de ménage".

"C'est un moyen de se procurer ce dont on a besoin quand le système économique vous lâche", renchérit Vassilis l'informaticien. "Cela a aussi le mérite de soulever des questions importantes sur la façon dont fonctionne le modèle capitaliste".

Le troc n'investit pas que la Toile mais aussi les trottoirs des centres urbains.

Sur un marché en plein air à Halandri, dans la banlieue aisée du nord d'Athènes, des badauds essaient des chaussures, choisissent des jouets et repartent avec des piles de livres d'occasion ou de vêtements apportés par des gens du quartier, le tout sans dépenser un sou.

"Ce genre de marché a lieu partout où il y a des gens pauvres, dans la plupart des grandes villes. Le système existait avant mais avec la crise c'est devenu plus nécessaire", assure Kostas Kousis, l'un des organisateurs.

"Ici, on échange aussi de la nourriture. Quelqu'un qui a beaucoup de riz peut l'échanger contre de la viande ou des fruits", affirme le musicien.

Kostandi Leka, immigrant albanais de 39 ans, est venu au marché de Halandri avec son fils de quatre ans. L'an dernier, son salaire de vitrier a fondu de 1.000 à 650 euros par mois. Les deux-tiers passent dans le loyer.

Dans les piles, il trouve un jeu de dominos pour son fils et un bracelet pour sa femme. "Pas d'argent", se justifie-t-il.

Pour autant, malgré la tourmente financière que connaît la Grèce, les partisans du troc ne cèdent pas au catastrophisme quant à une possible sortie de la zone euro.

"Je ne pense pas que nous allons abandonner l'euro. Ils essaient de nous faire peur pour nous soumettre", estime Despina Tzeveleki, 31 ans, dont le carton de poupées Barbie trouve vite preneur.

"Ce ne serait pas facile de revenir à la drachme", juge la jeune femme, qui vit avec son père dont la retraite a été réduite d'un tiers. "Cela aurait de graves conséquences sur l'économie européenne, et même peut-être ailleurs".

 

Dimanche 28 Mai 2012

 

 


Concert de critiques contre Christine Lagarde après ses propos sur la Grèce


I
nternautes et personnalités politiques continuent de s'offusquer après l'interview accordée par la directrice du FMI au Guardian, dans lequel elle déclare penser plus souvent aux enfants du Niger qu'aux Grecs.

Décidément à chacune de ses sorties médiatiques, la directrice du FMI Christine Lagarde crée la polémique. Ce samedi dans un entretien publié par the Guardian, elle a estimé que les Grecs devraient "commencer par s'entraider collectivement" en payant leurs impôts, se disant moins préoccupée par leur sort que par celui des enfants d'Afrique. Je pense queles Grecs devraient commencer par s'entraider collectivement", en "payant tous leurs impôts", a-t-elle expliqué dans cette interview publiée par le quotidien britannique, en référence aux problèmes d'évasion fiscale que connaît le pays.

Comme on lui demandait si elle songeait aux difficultés quotidiennes rencontrées par les Grecs, elle a répondu: "En ce qui concerne les Grecs, je pense aussi à tous ces gens qui essaient tout le temps d'échapper aux taxes". Et d'en conclure par une comparaison maladroite : "Je pense plus à ces jeunes enfants dans un petit village du Niger qui vont deux heures par jour à l'école, partageant une chaise pour trois, et qui rêvent d'avoir une bonne éducation. Je pense à eux tout le temps. Car j'estime qu'ils ont encore plus besoin d'aide que les gens à Athènes".

Une charge qui a immédiatement provoqué une levée de boucliers en Grèce. Le chef de file du Parti socialiste, Evangelos Venizelos, a répondu acerbement à Christine Lagarde: "Personne ne peut humilier le peuple grec en cette période de crise et je dis ça tout particulièrement à l'adresse de Mme Lagarde", qu'il a invité à "reconsidérer ses déclarations."

Samedi soir, Mme Lagarde s'est donc montrée plus conciliante, se disant "très compatissante avec les Grecs et les défis qu'ils relèvent". "Une part importante de cet effort est que tout le monde devrait porter équitablement sa part du fardeau, en particulier les plus privilégiés et en particulier en payant leurs taxes", a-t-elle écrit. Suscitant une réaction réjouie du chef du parti socialiste Pasok, Evangélos Vénizélos: "cela signifie qu'elle a pris en compte une nation fière" a-t-il déclaré.

Mais sur le web, les internautes ont continué d'inonder la page Facebook de Christine Lagarde de commentaires rageurs. "Peu m'importe ce que vous dites maintenant, après toutes ces critiques. Savez-vous les dégâts que vous avez causé au peuple grec?, demande Thanasis Athanasopoulos. "Nous ne sont pas fainéants et nous ne sommes pas des mendiants". "Merci pour votre amour et votre soutien et sachez que les Grecs ne sont pas stupides. Nous connaissons votre jeu et nous n'allons plus l'autoriser"!!!!", assure Elena Papoutsi. "le 17 juin les Grecs vont répondre aux usuriers du monde entier qui exploitent notre pays et détruisent l'épanouissement", prévient de son côté Eleftheria.

Le chef du parti de la gauche radicale grecque Syriza, Alexis Tsipras, favori des élections du 17 juin, a également apporté sa voix ce dimanche au concert de critiques contre la patronne du FMI. Après "les récentes déclarations de Mme Lagarde, la dernière chose que l'on cherche en Grèce est sa sympathie", a déclaré dans un communiqué le leader du Syriza. Avant d'assurer: "Les travailleurs grecs paient leurs impôts", qui sont très lourds et même "insupportables".

En France, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a critiqué sur Canal + une vision "un peu caricaturale et schématique". "J'estime qu'aujourd'hui, il n'y a pas de leçon à donner" à la Grèce, a ajouté la ministre, qui juge qu'une sortie de la Grèce de la zone euro après les élections du 17 juin constituerait "un mauvais signal, sans doute une mauvaise chose, pour l'ensemble des partenaires européens".

Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon en a lui aussi remis une couche. L'ex-candidat du Front de gauche à l'Elysée soutien du Syriza, a dénoncé des propos "indignes" de Mme Lagarde en appelant les armateurs et l'église orthodoxe à payer leurs impôts. "De quel droit parle-t-elle de cette façon aux Grecs?", a déclaré M. Mélenchon dimanche sur France 3. "S'il y avait une morale politique, Mme Lagarde devrait s'en aller du poste qu'elle occupe". "Pourquoi ne dit-elle pas: ce sont les armateurs, c'est à dire les capitalistes, qui doivent payer leurs impôts, alors qu'ils ne les paient pas?", a ajouté le patron du Front de gauche, qui a reçu mardi à Paris son homologue grec Alexis Tsipras.

Après le vote anti-austérité du 6 mai, les législatives du 17 juin en Grèce sont attendues avec fébrilité à l'international. Le parti de gauche radicale Syriza, donné selon les derniers sondages en seconde position derrière les conservateurs de Nouvelle-Démocratie (ND), prône l'annulation des mesures de rigueur prévues par le plan de redressement imposé par l'UE et le FMI en échange des prêts accordés à Athènes jusqu'en 2014. Face au risque d'un rejet du plan d'austérité qui conduirait in fine à une probable sortie de l'euro, les bailleurs de fonds internationaux restent fermes, à l'image du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble qui martèle à l'envi qu'Athènes doit "tenir ses engagements" pour rester dans l'euro.

En Grèce, les mêmes arguments sont utilisés pour discréditer Syriza, alors que le pays risque d'être à court de liquidités d'ici fin juin si les aides financières sont coupées en cas de rejet du plan d'aide international par les électeurs le 17 juin, a prévenu l'ex-Premier ministre grec, selon un memo paru dans la presse dimanche. "Le pays a besoin d'un pays qui unisse les gens et révise le plan de rigueur mais en s'assurant que nous restions dans l'euro", a déclaré dimanche M. Vénizélos, alors que la veille, Antonis Samaras, le chef de la ND, estimait que s'opposer au plan de redressement conduirait la Grèce hors de l'euro et constituerait une "véritable catastrophe" pour le pays.

Mi-mars, la Task force européenne pour la Grèce notait que le pays avait fait des progrès "prometteurs" sur la perception de 8 milliards d'arriérés d'impôts recensés, avec 946 millions collectés en 2011. Mais elle soulignait qu'en matière de fiscalité, des progrès devaient encore être faits, notamment dans la lutte contre l'évasion fiscale des riches contribuables et des grandes entreprises.
 

Dimanche 28 Mai 2012

 

 


Sébastien Loeb remporte sa 4eme victoire de la saison en Grèce


Sébastien Loeb a remporté dimanche le Rallye de Grèce. En tête dès la première journée, le Français n'a jamais relâché la pression pour s'adjuger sa 4eme victoire cette saison.

Sébastien Loeb est décidément inarrêtable cette saison. Déjà vainqueur de trois des six premières épreuves, le Français a réalisé ce dimanche la passe de 4. Le champion du monde en titre s’est en effet adjugé haut la main le Rallye de Grèce. En tête depuis la première journée, le pilote Citroën n’a jamais vraiment relâché la pression accentuant au fil des spéciales son avance en tête de la course. Une certaine réussite qui a en revanche fui l’ensemble de ses concurrents directs. Après la faute de parcours de Jari-Matti Latvala samedi, Petter Solberg a été contraint à l’abandon lors de la dernière journée.Le Scandinave, constamment à l’attaque, a payé son trop plein d’agressivité durant l’ES18 en sortant violemment de la piste et offrant ainsi la victoire sur un plateau au Français. Et malgré une dernière frayeur lors de l’ES20 (crevaison), Loeb s’est montré irréprochable sur les routes grecques.

« Ce fut un rallye très long et difficile mais nous décrochons la victoire avec les points de la Power stage en plus C'est parfait. J'ai tenté de conserver mon rythme et de ne pas aller à 110% pour garder la voiture sur la route et préserver les pneus », a-t-il confié. Il devance au final son coéquipier chez Citroën Mikko Hirvonen de 40 seconde et Jari Matti Latvala de plus de trois minutes. L’Alsacien décroche sa troisième victoire en Grèce après 2005 et 2008. Avec ce 4eme succès de la saison, le Tricolore réalise une belle opération au classement général accentuant un peu plus son avance en tête. Il possède à présent 30 points d’avance sur Hirvonen et 46 sur
Petter Solberg. « C'est un grand moment de gagner en Grèce ! C'était vraiment éprouvant avec une bagarre qui aura duré trois jours. 28 points, ça ne pouvait pas être Mieux.
 
Mercredi 23 Mai 2012

 

 

Comment Alexis Tsipras veut sauver la Grèce

Il y a encore trois semaines, Alexis Tsipras était un illustre inconnu. Le porte-voix d'une formation politique marginale, se battant contre l'austérité en Grèce comme Don Quichotte contre les moulins à vent. Mais depuis les élections législatives du 6 mai, la donne a changé, et lui aussi. Fort de ses 16,8 % des voix et de ses 52 élus, il se prend à croire à sa chance. Comme toutes les tentatives de former un gouvernement de coalition ont échoué, les Grecs retourneront aux urnes, le dimanche 17 juin. Et, cette fois, Alexis Tsipras fait figure de favori : les sondages le créditent de 28% d'intentions de vote, devant le parti conservateur Nouvelle Démocratie. Syriza ("coalition de la gauche radicale") est donc en passe de prendre le pouvoir à Athènes, avec un message : en finir avec la rigueur.

Lundi, Tsipras tenait conférence de presse commune avec son homologue français Jean-Luc Mélenchon. Dans une salle exigüe de l'Assemblée Nationale, tout rappelle, chez le jeune leader de 38 ans, la fougue et la verve mélenchoniennes. Il dit : "La Grèce a fait don à l'humanité de la démocratie. Aujourd'hui, par son vote, elle rétablit le sens et la portée de ce mot". Tsipras part en croisade contre le plan d'austérité "barbare" et les"expérimentations de solutions néolibérales de choc". Il exige l'arrêt immédiat des coupes budgétaires et la suspension des mesures imposées par les créanciers de la Grèce. Difficile, puisque, si les dirigeants européens emblent prêts à lâcher un petit peu de lest et à faire un effort pour la croissance hellenique, aucun ne semble prêt à l'abandon pur et simple du programme de la troïka.

Pour autant, Alexis Tsipras ne veut pas que son pays sorte de la zone euro. Il le rappelait le 18 mai, dans une interview au Wall Street Journal :"Ce n'est pas quelque chose que nous désirons, ce n'est pas quelque chose que nous cherchons". Mais il se veut menaçant : si l'UE lâche la Grèce, par exemple en refusant de lui verser les aides promises et en la laissant faire faillite, alors la Grèce ne remboursera pas ses dettes, plongeant les banques européennes dans le marasme. Sauf que ce moyen de pression est d'ores et déjà caduc, puisque les banques privées ont reporté le risque sur les institutions et les contribuables européens.

Pour lui, les élections du 17 juin ne sont pas un référendum pour ou contre la sortie de l'euro. "La question n'est pas la drachme ou l'euro, mais l'austérité ou l'espoir", a-t-il lancé sous les yeux approbateurs de son "ami" Mélenchon.

C'est que les deux ont, plus encore qu'une rhétorique commune, des solutions identiques, dans la pure tradition de la gauche radicale : relance par la consommation, organisation de l'économie par l'Etat. Ainsi, Tsipras propose la création de 100.000 postes dans le secteur public (éducation et santé notamment), la hausse des pensions de retraites et une augmentation du salaire minimum à 1.300 euros brut par mois, contre 586 aujourd'hui.

Il prône aussi la création d'un pôle public bancaire pour soutenir les entreprises en difficulté, et le refus de la privatisation
du secteur ferroviaire, des ports du Pirée et de Thessalonique. Tout cela pour aboutir à "une refondation de l'Europe basée sur la cohésion sociale et la solidarité".
 
Lundi 21 Mai 2012

Athènes coupe ses feux rouges pour faire quelques économies

Conduire à Athènes est devenu un peu plus compliqué que d'habitude, nombre de feux de signalisation ne s'allumant désormais plus qu'au rouge, pour cause de crise, transformant les croisements en casse-tête pour automobilistes.

A l'approche d'un feu éteint, les conducteurs doivent désormais décider s'ils peuvent passer, le signal vert étant soit neutralisé faute d'entretien, soit bel et bien en panne, comme cela arrive régulièrement, auquel cas la plus grande prudence s'impose.

Les piétons, traditionnels sacrifiés des routes grecques, sont soumis au même traitement, la silhouette du passant vert ne s'allumant plus que rarement aux passages qui leur sont réservés, et n'étant de toute manière quasiment jamais respectés par les conducteurs.

Pour éviter le pire, les feux rouges continuent en revanche de s'allumer normalement dans la plupart des cas.

Depuis octobre dernier, l'entretien des feux de signalisation a été transféré du ministère des Transports à la préfecture d'Athènes, mais sans que les fonds correspondants ne soient débloqués en parallèle, explique-t-on à la préfecture d'Athènes.

"Il y a eu réunion sur réunion, mais aucune solution ne se dégage", alors que les finances publiques sont exsangues, a commenté un responsable de cette administration sous couvert d'anonymat.

Après le saccage du mobilier urbain du centre d'Athènes à l'issue d'une manifestation géante contre l'austérité en février, puis des dégâts provoqués par de fortes intempéries en mars, la préfecture a débloqué une ligne de crédit de 10 millions d'euros, mais seulement pour parer au plus pressé.

L'opérateur d'électricité grec DEI avait pour sa part accusé l'Etat en janvier de contribuer à son étranglement financier, en laissant impayée sa note pour l'électrification des feux de signalisation à Athènes. La facture en souffrance est de 51 millions d'euros accumulés depuis 1998, malgré "32 procès remportés" par le groupe contre l'Etat, avait relevé son PDG, Arthuros Zervos.

La Grèce affiche un des pires taux de mortalité routière en Europe, imputable tant aux déficiences de ses infrastructures qu'à l'incivilité de ses conducteurs.

 

Dimanche 13 Mai 2012


Les négociations dans l'impasse en Grèce


ATHENES (Reuters) - Les discussions de la dernière chance sur la formation d'un gouvernement d'union ont abouti à une impasse dimanche en Grèce, ouvrant la voie à l'organisation probable de nouvelles élections législatives en juin.

Dans l'espoir de sortir de la crise politique qui paralyse la Grèce depuis sept jours, le chef de l'Etat Karolos Papoulias a reçu en fin de matinée les chefs des trois principaux partis représentés au Parlement, qui ont tous échoué à former une coalition.

La réunion qui a duré moins de deux heures n'a pas permis au dirigeant du Parti socialiste (Pasok) Evangelos Venizelos, au leader conservateur de Nouvelle Démocratie (ND) Antonis Samaras et au chef de file de la Coalition de la Gauche radicale (Syriza) Alexis Tsipras de se mettre d'accord sur les plans de sauvetage internationaux.

Le Pasok et ND sont favorables à ces plans tandis que Syriza rejette l'austérité imposée à la Grèce par ses créanciers.

"Même maintenant, malgré l'impasse dans laquelle nous sommes parvenus pendant la réunion avec le président, je conserve un optimisme mesuré qu'un gouvernement puisse être formé", a déclaré Evangelos Venizelos à des membres de son parti. "Le moment de vérité est arrivé. Soit nous formons un gouvernement, soit nous organisons des élections."

De son côté, Antonis Samaras a fait savoir que les consultations allaient se poursuivre et a accusé Syriza d'entraver les efforts déployés par l'ensemble de la classe politique pour trouver un compromis.

"Ils ne cherchent pas d'accord avec Syriza, ils nous demandent d'être complices d'un crime et nous ne serons pas leurs complices", a répliqué Alexis Tsiparas, excluant de nouveau toute participation à un gouvernement soutenant le plan de sauvetage du pays et donc l'austérité.

Le président grec devait ensuite recevoir les uns après les autres les chefs des petits partis représentés au Parlement à l'issue des législatives du 6 mai.

L'organisation probable de nouvelles législatives d'ici un mois exaspère les électeurs dont le quotidien est rythmé par les baisses de salaires et les hausses d'impôts.

"Quelle raison a-t-on de penser qu'ils vont s'entendre sur quoi que ce soit? La seule chose qui les intéresse, c'est être au pouvoir pendant qu'on ne peut même plus payer nos factures d'électricité", peste Maria Kissou.
Le 6 mai, cette commerçante de 53 ans a voté pour la Coalition de la gauche radicale hostile à l'austérité imposée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en contrepartie de leur aide.

Arrivé deuxième du scrutin, le parti d'Alexis Tsipras est donné vainqueur d'un nouveau vote par tous les sondages avec un score en hausse de près de 10%, ce qui lui permettrait d'empocher en outre la "prime" de 50 élus promise au parti qui arrive en tête.

Alors que les partenaires européens d'Athènes envisagent désormais publiquement une sortie de la Grèce de la zone euro, rien ne semble devoir infléchir les différents partis.
"Le pays est sur une voie dangereuse", estime en "une" le quotidien conservateur Kathimerini. "S'il n'y a pas, même maintenant, une reconstitution immédiate du bloc pro-européen, il sera difficile d'empêcher le pays de partir à l'aventure, voire d'éviter la catastrophe."

La Constitution ne fixe pas de date limite au président Karolos Papoulias pour tenter d'arracher un accord.

Lui-même n'a donné aucune indication sur le temps qu'il prendra avant de demander de nouvelles élections, qui pourraient parachever le naufrage des conservateurs de Nouvelle Démocratie et des socialistes du Pasok, les deux partis qui ont dominé la vie politique grecque depuis des décennies.

Et le journal de centre gauche Ethnos de prévenir qu'avec son économie au bord du gouffre, la Grèce joue aujourd'hui à la "roulette russe".

 
Samedi 12 Mai 2012


Réunion de la dernière chance dimanche en Grèce


ATHENES (Reuters) - Les chefs des trois principaux partis politiques grecs ont renoncé samedi à tenter de former un nouveau gouvernement d'union, laissant le soin au président Karolos Papoulias d'organiser une réunion de la dernière chance dimanche avant la tenue plus que probable de nouvelles élections législatives.

Le chef du Parti socialiste (Pasok), Evangelos Venizelos, a remis dans la matinée son mandat au chef de l'Etat après avoir échoué, comme les dirigeants des deux partis arrivés devant le sien le 6 mai dernier, à former un gouvernement de coalition.

Face à ce nouveau revers, le président a décidé de convoquer dimanche à 09h00 GMT Evangelos Venizelos, le conservateur de Nouvelle Démocratie Antonis Samaras et le leader de la Coalition de la gauche radicale (Syriza) Alexis Tsipras, tous trois sortis en tête des législatives.

Karolos Papoulias recevra ensuite individuellement les chefs de file des petits partis qui ont obtenu des sièges au Parlement, dont les ultranationalistes de l'Aube dorée, précise la présidence dans un communiqué.

En cas d'échec des consultations, ce qui est probable, de nouvelles élections législatives devraient être organisées à la mi-juin.

Illustrant les maigres chances de voir l'initiative du chef de l'Etat aboutir, la Coalition de la gauche radicale a d'ores et déjà prévenu qu'elle ne changerait pas de position et qu'elle ne participerait pas à un gouvernement de coalition favorable au plan de sauvetage imposé par les créanciers internationaux de la Grèce.

"Notre position ne change pas", a indiqué Panos Skourletis, porte-parole de Syriza. "Il est évident qu'il s'agit d'une tentative de former un gouvernement qui soutiendrait le plan de sauvetage. Nous ne participerons pas à ce type de gouvernement."

Lors de sa rencontre avec le chef de l'Etat, Venizelos a exhorté Karolos Papoulias à faire pression sur Tsipras afin de l'inciter à rejoindre un "gouvernement œcuménique".

"Je l'ai proposé à M. Tsipras, je n'ai pas reçu de réponse positive", a dit le leader socialiste dont les propos ont été retransmis à la télévision. "Je pense que vous devriez concentrer vos efforts sur ce point lors des consultations."

"Il y a des signes optimistes dans ce que vous me dites et j'espère que je pourrai contribuer à la formation du gouvernement, parce que la situation est plutôt compliquée", lui a répondu le chef de l'Etat.

Un sondage publié samedi confirme l'avance de la Coalition de la gauche radicale dans les intentions de vote en cas de nouvelles élections législatives.

Deuxième du scrutin dimanche dernier, avec 16,78% des voix, Syriza est confortée dans son intransigeance par les enquêtes d'opinion. Un premier sondage la hissait cette semaine à 27,7% des intentions de vote, un deuxième publié samedi confirme sa première place avec un score un peu moins élevé (25,5%).

Un tel résultat permettrait à la Gauche radicale d'empocher, en plus des sièges attribués à la proportionnelle, la "prime" de cinquante élus garantie au premier parti pour favoriser, en théorie, la formation d'un gouvernement stable.

Cela ne suffirait peut-être pas pour constituer un gouvernement rejetant l'austérité et les plans de sauvetage européens, mais cela écarterait encore un peu plus l'hypothèse d'une coalition permettant le maintien de la Grèce dans la zone euro.

Les deux piliers de la coalition sortante, les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) et les socialistes du Pasok, qui ont échoué à deux sièges de la majorité absolue dimanche (149 sur 300), voient aussi leurs intentions de vote augmenter (21,7% contre 20,3% pour ND et 14,6% contre 12,6% pour le Pasok) mais leur alliance se trouverait fragilisée par la perte de la prime de 50 élus.

 

Vendredi 11 Mai 2012



Evangelos Venizelos chef de file du Pasok, le parti socialiste grec (à droite),
avec Alexis Tsipras, chef de la Coalition de la gauche radicale (Syriza),

Le Pasok échoue à son tour à former un gouvernement en Grèce


ATHENES (Reuters) - Evangelos Venizelos, troisième et dernier responsable politique invité à former un gouvernement après les législatives du 6 mai, a renoncé vendredi, ce qui va probablement renvoyer les Grecs aux urnes.

Le chef de file du Parti socialiste (Pasok) "rendra son mandat au président Karolos Papoulias", a annoncé à Reuters un haut responsable de la formation arrivée en troisième position dimanche.

De son côté, la présidence a fait savoir que Venizelos serait reçu samedi à 10h00 GMT par le chef de l'Etat, qui convoquera ensuite l'ensemble des partis pour une dernière tentative en vue de la formation d'un gouvernement d'union. En cas d'échec, ce qui semble le plus probable, il devra organiser de nouvelles élections pour la mi-juin.

Peu avant que le chef de file du Pasok ne jette l'éponge, Alexis Tsipras, son homologue de la Coalition de la gauche radicale (Syriza) arrivée en deuxième position dimanche, avait exclu de siéger dans un gouvernement dirigé par Evangelos Venizelos.

"Ce n'est pas Syriza qui rejette cette proposition, c'est le peuple grec qui l'a fait en votant dimanche", a-t-il expliqué à l'issue d'un entretien avec l'intéressé.

Le mouvement Syriza, qui dénonce les conditions draconiennes du plan de sauvetage international, fait désormais figure de favori pour le scrutin qui se profile.

Selon le premier sondage réalisé avec le scrutin de dimanche son score, de 16,78% dimanche, passerait à 27,7%, ce qui en ferait la première force parlementaire et lui donnerait droit à la "prime" de 50 élus censée favoriser la constitution de gouvernements stables.

Un tel scénario marginaliserait un peu plus les conservateurs de Nouvelle démocratie, crédités de 20% des intentions de vote, et les socialistes du Pasok, les deux grandes formations favorables à la poursuite de l'austérité en contrepartie de l'aide.

Piliers de la coalition sortante, les deux formations ont été laminées le 6 mai. Leur score cumulé est à peine supérieur à 32%, alors qu'il était de 77% aux législatives de fin 2009. La prime à la première place décrochée par ND leur permet toutefois de disposer de 149 élus au Parlement, soit deux voix de moins que la majorité absolue

Les consultations en vue de la formation d'un gouvernement se sont déroulées sous la pression de l'Union européenne, qui a multiplié les mises en garde ces derniers jours.

Dernier épisode en date, le président de la Commission européenne a averti que la Grèce pourrait être contrainte de quitter la zone euro si elle ne respectait pas ses engagements.

"Si le membre d'un club (...) ne respecte pas les règles, il vaut mieux qu'il quitte le club, et ceci vaut pour toute organisation, institution ou projet", a déclaré José Manuel Barroso.

"J'ai beaucoup de respect pour la démocratie grecque et bien sûr le Parlement grec, mais je dois aussi respecter les 16 autres Parlements qui ont approuvé le programme", a-t-il ajouté.

De nouvelles statistiques sont venues illustrer jeudi l'ampleur de la récession qui frappe la Grèce depuis cinq ans. Le taux de chômage a atteint un niveau record en février: 21,7% de la population active, contre 21,3% le mois précédent. Chez les 15-24 ans, le taux de sans emploi atteint désormais les 54%.

Dans le même temps, l'agence de notation Standard & Poor's a annoncé que la note souveraine de la Grèce, déjà en catégorie hautement spéculative, pourrait être abaissée un peu plus si le blocage politique perdurait.
Et le ministre allemand des Finances, le conservateur Wolfgang Schäuble, a assuré que les causes de la crise grecque étaient en Grèce et que le pays devait se conformer aux conditions fixées par le plan d'aide international.

"La Grèce peut compter sur la solidarité de l'Europe mais si la Grèce ne s'aide pas elle-même, il n'y aura rien à faire", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Alexis Tsipras n'est pas de cet avis. Dans une lettre qu'il a adressée jeudi à plusieurs dirigeants européens, dont José Manuel Barroso, il écrit: "Selon notre conviction profonde, le problème de la crise est européen et, par conséquent, la solution doit être trouvée au niveau de l'Europe."

Un autre dirigeant de Syriza ironise sur le "bluff" des responsables de l'UE. "Non seulement la Grèce ne peut pas être exclue de la zone euro, mais ils vont nous supplier d'accepter leur argent" pour éviter une contagion de la crise à d'autres pays et une explosion de l'euro, assure Dimitris Stratoulis.
 
Mardi 08 Mai 2012

Alexis Tsipras
 

 


La Grèce à la recherche d'un gouvernement introuvable


Le leader grec de la gauche radicale anti-austérité arrivé en deuxième position du scrutin législatif en Grèce devait tenter mardi de former un gouvernement après l'échec des conservateurs à rallier une majorité pro-austérité dans le nouveau parlement sorti des urnes dimanche.

Au vu de la composition arithmétique du nouveau parlement issu des législatives de dimanche, cette mission parait impossible, et le pays, qui continue de s'enfoncer dans la crise, pourrait être contraint d'organiser de nouvelles élections dès le mois de juin, estiment la plupart des commentateurs.

Après l'échec lundi du leader conservateur Antonis Samaras à trouver une majorité pro-austérité lundi, le chef du deuxième parti, Alexis Tsipras, benjamin de la scène politique grecque, se voit remettre mardi, ainsi que le prévoit la constitution, un mandat exploratoire de formation d'un gouvernement pour trois jours.

Emergeant des urnes comme le principal parti d'opposition en Grèce après un triplement de son score par rapport à celui de 2009, face aux deux vieux partis Nouvelle Démocratie et Pasok complètement pulvérisés, le Syriza que M. Tsipras dirige a mené une campagne entièrement opposée aux mesures d'austérité et demandant un arrêt d'une partie du paiement de la dette.

Il demande une renégociation du plan d'assainissement de l'économie du pays avec ses bailleurs de fonds, UE et FMI.

La surprise qu'il a suscité dimanche traduit une nette poussée à gauche du pays, malgré l'entrée concomitante au parlement et très commentée d'un parti d'extrême droite d'obédience néo-nazi, Aube Dorée (Chryssi Avghi).
Or M. Tsipras, qui rejette les conditions "barbares" d'accès aux prêts internationaux fixés par les créanciers du pays UE et FMI, a d'emblée exclu de former un gouvernement avec des forces anti-austérité qui ne soient pas de gauche, et notamment de parler avec Aube Dorée.

Mais le seul scénario majoritaire possible pour constituer un gouvernement qui rassemblerait tous les anti-austérité --qui disposent de 151 sièges exactement sur 300-- devrait prendre en compte Aube Dorée qui dispose de 21 députés.

Les divisions entre les trois partis de gauche qui détiennent au total 97 sièges freinent aussi la possibilité d'une alliance, la dirigeante historique du KKE, l'un des derniers partis communistes staliniens en Europe, ayant d'emblée exclu toute alliance de gouvernement.
"Le pays se dirige vers la catastrophe. S'il n'y a pas un gouvernement d'unité nationale dans les prochains jours, de nouvelles élections semblent inévitables (...) en juin et la victoire du bloc extrême anti-rigueur de Tsipras est évident", met en garde le journal libéral Kathimérini dans son éditorial mardi.

Et Ta Néa (pro-socialiste) titre "Patate chaude: les mandats exploratoires".
"Les petits partis qui ont fait campagne contre le mémorandum (l'accord avec les bailleurs de fonds du pays) ne vont jamais se joindre aux deux partis (qui soutenaient l'austérité) aussi, nous allons probablement retourner à des élections", a dit Spiros Rizopoulos qui dirige une société de communication, à l'AFP.
"Nous allons utiliser toutes les possibilités de parvenir à un accord, d'abord avec les forces de gauche", assure pourtant M. Tsipras.
 
 

Mardi 08 Mai 2012

 

La flamme allumée le 10 mai à Olympie

La flamme olympique sera allumée le 10 mai à Olympie et voyagera pendant une semaine en Grèce avant d'arriver en Angleterre le 18 mai à bord d'un avion, ont déclaré mercredi les organisateurs des Jeux de Londres.

La cérémonie traditionnelle aura lieu dans les ruines du temple d'Hera, au coeur du site archéologique où avaient lieu les jeux antiques. La flamme sera allumée par les rayons du soleil.

Elle sera confiée au comité d'organisation des Jeux de Londres (LOCOG) le 17 mai lors d'une autre cérémonie au stade olympique antique d'Athènes. Elle touchera le sol britannique à la base militaire de Culdrose, en Cornouailles (sud-ouest).

La flamme fera ensuite le tour de la Grande-Bretagne pendant 70 jours, portée par 8000 coureurs, jusqu'à la cérémonie d'ouverture du 27 juillet au stade olympique. Les Jeux se dérouleront jusqu'au 12 août.

Lundi 07 Mai 2012

 


Vote de colère en Grèce au risque d'une sortie de l'euro


ATHENES (Reuters) - Exaspérés par la récession et l'austérité, les électeurs grecs ont lourdement sanctionné dimanche les deux grands partis, Nouvelle démocratie (ND, droite) et le Parti socialiste (Pasok), et offert à la gauche radicale une percée spectaculaire au risque de relancer la crise de la dette et les interrogations sur le maintien de leur pays dans la zone euro.

Antonis Samaras, dont le parti Nouvelle démocratie est arrivé en tête avec moins de 20% des suffrages, s'est dit prêt à former un "gouvernement de salut national", mais sa tâche va être très compliquée du fait de l'émiettement des voix et de la percée de la Coalition de la gauche radicale (Syriza).

Ce parti résolument hostile aux plans européens de sauvetage et à la politique d'austérité qui les accompagne a créé la grande surprise en prenant la deuxième place.
Autre indice de l'ampleur de la colère populaire, l'émergence d'un nouveau parti anti-immigrés et anti-Europe, Aube dorée, qui est créditée de près de 7% -assez pour entrer à l'assemblée. Ce sera la première fois depuis la chute du régime des colonels, en 1974, qu'une formation ultranationaliste siège au Parlement du pays berceau de la démocratie occidentale.

Au total, Nouvelle démocratie et le Pasok, qui avaient cumulé en 2009 77% des suffrages exprimés lors des précédentes législatives, pèsent à peine plus de 32% et n'obtiennent que 150 des 300 sièges du Parlement, à une voix de la majorité absolue.

Les socialistes, qui avaient obtenu 44% des voix en 2009, s'effondrent à 13,3%, devancés par la Coalition de la gauche radicale, qui passe elle de 5% à peine à 16,67%.
"Qu'aucun parti n'ait obtenu plus de 20% des voix est incroyable. C'est vraiment sans précédent", souligne Othon Anastasakis, directeur des études sur l'Europe du Sud-Est à l'université d'Oxford.

"Le paysage tout entier devient bien plus imprévisible. On ignore s'il y aura une coalition et, s'il y en a une, combien de temps elle tiendra."

Antonis Samaras a annoncé qu'il était "prêt à assumer la responsabilité de former un gouvernement de salut national poursuivant deux objectifs: maintenir la Grèce au sein de la zone euro et peaufiner la politique de renflouement afin de créer de la croissance et de soulager la société grecque".

Le président Karolos Papoulias devrait lui confier lundi la difficile mission de négocier un accord de gouvernement et former dans les trois jours un gouvernement de coalition avec d'autres partis.

S'il échouait, la Coalition de la gauche radicale puis le Pasok seraient amenés à tenter leur chance. Un nouvel échec conduirait le président à nommer un gouvernement intégrant toutes les forces politiques parlementaires chargé d'expédier les affaires courantes et d'organiser de nouvelles élections.

Conservateurs et socialistes, qui dirigent alternativement le pays le retour de la démocratie, ont payé leur soutien à la cure d'austérité draconienne suivie depuis début 2010 en échange d'une aide financière internationale.

Cette politique, présentée comme nécessaire pour éviter la faillite à la Grèce, s'est traduite par une profonde récession, une explosion du chômage, ainsi que des salaires et des retraites rabotés.

"Je ne peux plus accepter que nous vivions comme des mendiants dans notre propre pays. La Coalition de la gauche peut les secouer et les réveiller", déclare Kate Savidou, retraité de 65 ans qui votait jusque là pour le Pasok.

Reconnaissant que son parti avait payé le prix fort de la crise économique, le chef de file du Pasok, Evangelos Venizelos, a lancé un appel à un gouvernement d'unité nationale composé de formations soutenant le plan de renflouement qui a évité à la Grèce la faillite.

"Même si les deux grands partis parviennent au final à obtenir une majorité, le grand enseignement est plus important: c'est un vote anti-Merkel", avance Riccardo Designori, analyste financier chez Brown Editore, à Milan.

"Les peuples d'Europe en ont assez des sévères mesures d'austérité imposées par les dirigeants allemands, et cela pourrait marquer un tournant", ajoute-t-il.

Grand vainqueur de ce scrutin, Alexis Tsipras, le plus jeune chef d'un parti politique grec -il a 37 ans- a appelé à la formation d'une coalition hostile aux conditions fixées par les bailleurs de fonds de la Grèce -Union européenne, FMI et Banque centrale européenne- en échange de leur aide financière.

"Mme Merkel doit comprendre que la politique d'austérité vient de subir une immense défaite", a-t-il dit.

"Par leur vote, les électeurs grecs ont donné un mandat pour une nouvelle aube pour notre pays, où la solidarité et la justice remplacerait les mesures barbares des plans de renflouement", a-t-il poursuivi.

Mais le Parti communiste grec (KKE), arrivé en cinquième place avec 8,5% des voix, a décliné l'offre et des analystes estiment extrêmement improbable que les partis hostiles au plan d'aide, situés aux extrêmes de l'échiquier politique grec, joignent leurs forces.
Quant à l'extrême droite d'Aube dorée, qui promet de "nettoyer" la Grèce en expulsant les immigrés, quelle que soit leur situation, et que les autres partis grecs considèrent comme une formation néo-nazie, elle exultait dimanche soir.

La formation ultranationaliste qui n'avait obtenu que 0,23% des voix aux précédentes législatives, fin 2009, est créditée cette fois de près de 7% des voix et va faire son entrée au Parlement, où elle pourrait obtenir une vingtaine de sièges.
"La Grèce n'est que le début", a lancé Nikolaos Mihaloliakos à ses partisans réunis dans les rues d'Athènes.

La consultation de dimanche risque donc de replonger la Grèce dans le chaos politique et, par là, de relancer les turbulences dans la zone euro, voire d'amorcer un processus pouvant s'achever sur une sortie de l'euro.
 
Samedi 05 Mai 2012


La Grèce dans l'attente d'un vote clé pour son avenir dans l'UE


ATHENES (Reuters) - La Grèce s'offrait samedi une journée de réflexion avant les élections législatives de dimanche, scrutin capital dont les résultats pourraient assombrir un peu plus l'avenir du pays au sein de l'Union européenne et affaiblir la monnaie commune.

Les Grecs sont appelés à renouveler pour quatre ans les 300 sièges du Parlement lors d'élections anticipées qui devraient sanctionner la rigueur née de la crise de la dette et des plans de sauvetage financier de leur pays. Les spécialistes des sondages jugent l'issue du scrutin difficile à anticiper, aggravant la peur d'une nouvelle crise politique.

Le dernier sondage autorisé, qui remonte à 15 jours, donne le parti conservateur Nouvelle démocratie (ND) et le Pasok socialiste respectivement en première et seconde position. Mais leur popularité pâtit des mesures d'austérité qui ont comprimé les salaires et fait grimper le taux de chômage.

"Avec pour dilemme le maintien dans l'euro ou la faillite, il s'agit pour les électeurs de l'un des scrutins les plus importants de ces dernières décennies", soulignait samedi le journal de centre-gauche Ta Nea.
Le quotidien Ethnos, également orienté au centre-gauche, affirme quant à lui : "Ce qu'on nous demande de faire, c'est de décider par notre bulletin de vote si le pays aura un avenir ou non."

Si la ND et le Pasok ne parviennent pas à obtenir une majorité au Parlement, ils devront courtiser les petits partis hostiles au plan de renflouement, condition du versement de l'aide financière
internationale de 130 milliards d'euros, ce qui pourrait obliger Athènes à revenir sur ses promesses, voire à sortir de l'euro.

Si la Grèce élit une majorité qui ne respecte pas ses engagements internationaux, elle devra "en supporter les conséquences", avait prévenu vendredi le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. "Si les électeurs grecs votaient pour une majorité qui n'honorait pas ses engagements, la Grèce devrait en supporter les conséquences", a-t-il dit lors d'un discours à Cologne.

Le dirigeant socialiste grec Evangelos Venizelos a également averti le même jour que la Grèce devrait sans doute renoncer à l'euro si les électeurs ne soutenaient pas son parti.
Huit à dix partis pourraient entrer au Parlement -un nombre record- tandis que quatre petites formations rivalisent pour devenir les "faiseurs de roi" après le scrutin.

Antonis Pavlakis, employé de banque de 40 ans, assure qu'il ne votera pour aucun des deux grands partis. "Pourquoi le devrais-je? Mon salaire a été amputé, mes impôts ont augmenté et je ne suis pas certain de pouvoir conserver mon emploi", a-t-il expliqué, précisant que sa paye avait été diminuée de 15%.
Le soutien au Pasok devrait passer des 44% remportés en 2009 à environ 19%, voire moins.

Le chef de file de Nouvelle démocratie Antonis Samaras espère quant à lui remporter 25% des voix, mais a clairement précisé qu'il souhaitait gouverner seul, sans le Pasok. S'il n'en obtient pas autant qu'escompté, il pourrait être tenté de prôner une nouvelle élection anticipée.

 
Mardi 24 Avril 2012


Une récession plus lourde que prévu en 2012


La Grèce verra son PIB chuter de "près de 5%" en 2012, soit plus que les estimations initiales, après un recul de 6,9% en 2011, a prévu mardi la Banque de Grèce dans son rapport annuel sur l'économie du pays.

Le 19 mars, dans son rapport annuel de politique monétaire, la Banque de Grèce avait prévu un recul du PIB de 4,5% en 2012, cinquième année consécutive de récession.

Par rapport au 19 mars, elle a maintenu inchangée sa prévision de hausse du taux de chômage annuel à "plus de 19%" en 2012, contre 17,7% en 2011, année durant laquelle 300.000 emplois ont été détruits, selon la Banque.

"La récession sera moins intense qu'en 2011 à condition que les mesures structurelles (négociées avec les créanciers du pays, NDR) soient mises en place sans délai" a mis en garde la Banque dans son rapport.

L'institution dépeint les autres ravages de la crise, affectant aussi les banques qui ont vu le total de leur dépôts chuter de "plus de 70 milliards" depuis le début de la crise entre la fin 2009 et février 2012, soit "l'équivalent d'un tiers du PIB".

Alors que l'on attend les détails sur la façon dont vont être recapitalisées les banques commerciales du pays, grâce aux 50 milliards d'euros d'aide prévus par les créanciers du pays dont 25 sont arrivés à la Banque de Grèce depuis la semaine dernière, "2012 devrait être une année de référence pour le reprofilage du système bancaire" en Grèce, se contente d'indiquer le rapport sans autre précision.

L'institution, qui fut gouvernée par l'actuel Premier ministre Lucas Papademos avant que celui-ci ne devienne vice-président de la Banque centrale européenne, prévoit aussi que le taux d'inflation en 2012 s'élèvera aux alentours de 1,2%, et qu'il pourrait tomber "au dessous de 0,5%" en 2013.
 

Vendredi 20 Avril 2012

La Grèce vouée à un gouvernement de coalition après le 6 mai, selon les sondages

La Grèce devra se chercher un gouvernement de coalition après les législatives du 6 mai, une alliance conservateurs-socialistes étant la plus probable dans un contexte de grande incertitude, selon trois sondages vendredi, les derniers publiables avant le vote.

Confirmant les tendances déjà dégagées ces dernières semaines, ces sondages maintiennent la Nouvelle-Démocratie (ND) conservatrice d'Antonis Samaras en première place, mais sans perspective de majorité absolue, dans une fourchette d'estimations de 21,9% à 25,5% des voix.

Vainqueur des dernières élections mais contraint en novembre face à l'aggravation de la crise économique et sociale à conclure une alliance gouvernementale avec la ND, le Pasok socialiste est lui crédité de 17,1% à 19,1% des votes, selon les estimations de ces sondages, des instituts Kappa research Marc et RASS.
Son nouveau chef, l'ex-ministre des Finances Evangélos Vénizélos, est au coude à coude avec M. Samaras en matière d'aptitude à gouverner. Il est crédité de 15,1% à 26,7% d'avis favorables selon ces trois sondages, contre une fourchette de 15,5% à 25,8% pour M. Samaras, la côte des deux hommes enregistrant une légère hausse depuis mars.

A eux deux, ND et Pasok, associés pour maintenir la Grèce dans la zone euro via la mise en œuvre d'une politique de rigueur dictée par l'UE et le FMI, réussiraient à s'assurer une majorité absolue au parlement, selon les projections des instituts.

Celles-ci se fondent sur une répartition du vote des indécis, chiffrés par Kappa research au niveau record de 25,6% des électeurs à quinze jours des élections.

Toutefois, sans projection sur les votes des indécis, Kapa research établit le score des deux premiers partis à 33,2%, insuffisant pour une majorité absolue sans recours d'autres formations.

Ces derniers sondages publiés confirment l'éclatement du paysage politique et l'ampleur attendue du vote de protestation, avec l'entrée prévue au parlement de dix partis, contre cinq en 2009, dans un éventail allant de la gauche radicale aux néo-nazis. Réunis dans la formation Chryssi Avghi, ces derniers sont crédités d'une irruption en fanfare, avec de 4,3% à 5,2% des voix.

Selon Rass et Marc, la troisième place reviendrait à la gauche radicale du Syriza (de 10,3% à 11% des voix), opposée aux recettes UE-FMI, tandis que pour Kapa research, elle serait conservée à 10,6% par l'ultra-orthodoxe parti communiste, KKE, prêt à une sortie de l'euro pour obtenir un changement de politique.
Suit le nouveau parti populo-nationaliste des Grecs indépendants, crée par un transfuge conservateur opposé à la cure de rigueur, avec de 7,7% à 10,4% des voix.

En dépit de cette dispersion des voix, le "parti" des pro-euro garde toute sa force, selon Kapa research, qui dégage une majorité de 77% d'électeurs jugeant que le futur gouvernement "devra faire tout le nécessaire pour que le pays garde la monnaie unique", contre 13% en faveur d'un retour à la drachme.

 
Vendredi 20 Avril 2012


En Grèce, un millier d'entreprises disparaissent chaque semaine


Les petites et moyennes entreprises, auto-entrepreneurs et entreprises familiales, qui représentent l'essentiel du tissu économique du pays, payent un lourd tribut à la crise grecque. La Commission européenne tente de remédier aux difficultés de financement dont elles souffrent.

Jusqu'à un millier d'entreprises individuelles auront mis la clé sous la porte chaque semaine en Grèce au premier semestre 2012 en raison de la grave crise dans laquelle s'enfonce le pays, a estimé vendredi la Commission européenne, qui tente d'enrayer le problème.

"La Grèce fait face à une crise économique et sociale sans précédent qui se reflète dans la situation des petites et moyennes entreprises: six entreprises sur dix ont vu leurs revenus baisser en 2011 et 150.000 emplois ont été perdus", a indiqué la Commission dans un communiqué en marge de la visite à Athènes vendredi du commissaire européen à l'Industrie, Antonio Tajani. "On estime que pendant le premier semestre 2012, jusqu'à 1.000 petites entreprises auront fermé chaque semaine", ajoute le communiqué, qui ne fournit pas d'estimations sur le nombre d'entreprises parallèlement créées.

La Commission plaide en conséquence en faveur d'une aide accrue à ces sociétés, auto-entrepreneurs et entreprises familiales, qui forment l'essentiel du tissu économique grec. Depuis septembre dernier, l'Union européenne via sa Task force pour la Grèce tente notamment de trouver les moyens de remédier à l'assèchement du crédit dont souffrent les PME, les banques, déficitaires, coupées des marchés et dépendantes de la BCE, ayant suspendu les prêts. En mars, un fonds spécial de garantie, doté de 500 millions d'euros, a été créé par l'UE pour favoriser par le biais de la Banque Européenne d'Investissement l'octroi de prêts aux PME à hauteur d'un milliard d'euros.

Selon la Commission, en 2010, la Grèce comptait 742.600 très petites entreprises, employant au total 2,512 millions de salariés, soit plus de 85% de l'emploi total du pays, un niveau record dans l'UE. Ces structures produisent 35,3% de la valeur ajoutée du pays contre 21,8% en moyenne dans l'UE. Avec 14% des salariés en moyenne en Grèce, contre 33% dans le reste de l'Union, les grandes entreprises créent elles 28% de la valeur ajoutée, ce qui souligne la faible productivité des petites entreprises en Grèce, ajoute la Commission.
 

Samedi 14 Avril 2012

Après les 40 jours du Carême, les grecs orthodoxes ont célébré, ce week-end, la mort, puis la résurrection du Christ. Cette fête, la plus importante du calendrier orthodoxe, révèle une population profondément chrétienne et attachée à ses traditions.

La "Megali Evsomada", ou Semaine Sainte est, en Grèce, plus importante encore que les fêtes de Noêl. Elle correspond, en outre, à l’arrivée du printemps. A Athènes, comme dans la plus reculée des îles grecques, se dérouleront des cérémonies et processions réunissant une grande partie de la population.
Les rituels sont immuables et débutent le vendredi saint, par le rassemblement des fidèles commémorant l’enterrement du Christ.
Le samedi, à minuit, éclate le "Christos Anesti", l’annonce de la résurrection du Christ. Chacun rejoint ensuite son foyer, une bougie allumée à la main dont la flamme permettra de bénir du signe de croix l’embrasure de la porte. Vient alors l’heure de déguster la délicieuse maghiritsa, soupe traditionnelle à base d’abats de volailles et de citron.
Dimanche, grande fête familiale autour de l’agneau pascal cuit à la broche. Un festin qui se déroule, bien sûr, au rythme des danses, de la musique et des chants !

Xristos Anesti ! Alifeos Anesti !




Jeudi
12 Avril 2012


Grèce: le taux de chômage atteint 21,8 pour cent


ATHÈNES, Grèce - Le taux de chômage de la Grèce a atteint 21,8 pour cent en janvier, ce qui représente 1 084 668 personnes sans emploi, a annoncé jeudi l'Autorité grecque des statistiques.

Quelque 345 000 personnes ont perdu leur emploi entre janvier 2011 et janvier 2012, soit près de 1000 par jour.

La Grèce reste engluée dans la récession pour la cinquième année consécutive, une situation largement imputable à la cure d'austérité draconienne imposée en contrepartie des plans d'aide internationaux accordés au pays.
 
Jeudi 05 Avril 2012



La Grèce rend hommage au “martyr” de la place Syntagma


En Grèce, des centaines de personnes se sont rassemblées ce jeudi soir sur la place Syntagma d’Athènes, là-même où un retraité s’est donné la mort, mercredi. Une manifestation pour dire leur colère à l‘égard des mesures d’austérité imposées par les bailleurs de fonds et qui seraient à l’origine du geste désespéré du retraité. Quelques heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre. La veille, un rassemblement similaire avait réuni près d’un millier de personnes.

C’est à proximité d’un vieux cyprès, sur la place emblématique de la mobilisation contre l’austérité, que l’homme s’est suicidé. Depuis, de nombreux Grecs sont venus déposer une bougie, une fleur ou un message et dire leur colère et leur indignation.

“Tout le monde est affecté par ce qui s’est passé, affirme un habitant d’Athènes. Les seuls qui ne le sont pas sont ceux qu’on trouve là-bas”, dit-il en pointant du doigt le Parlement grec, là où ont été votés les différents plans d’austérité.

Pour expliquer son geste, l’homme a laissé une lettre. La presse en a publié des extraits ce jeudi.

Ainsi ces quelques mots : “Je ne trouve pas d’autre solution pour en finir dignement avant de devoir commencer à faire les poubelles pour me nourrir”. L’homme avait 77 ans.

 

Mercredi 04 Avril 2012


Grèce : les suicides de la crise


Pharmacien à la retraite, il avait 77 ans, il croulait sous les dettes, il a décidé de mettre fin à ses jours en plein jour, en plein centre d’Athènes. Un suicide politique : dans une note, l’homme accuse le gouvernement grec d’ “anéantir tout espoir de survie” avec ses mesures d’austérité.

Depuis 2010 les retraites ont été diminuées de 15%, et 20% celles dépassant 1200€.

Du coup, le geste du pharmacien dépasse la sphère de l’intime.

“C’est une honte, une grande honte, ce pourrait être l’un d’entre nous, de notre famille. Nous faisons tous face à cela, on va tous se suicider… Aujourd’hui, j’ai reçu ma prime de pâques, et au lieu de 400 euros, j’ai perçu 180 euros. Comment je vais vivre avec ça??? “ s’inquiète cette femme.

En février, une grecque avait provoqué l‘émoi, en menaçant de se jeter par la fenêtre dans son lieu de travail. Mère de famille et fonctionnaire comme son mari, elle venait d’apprendre leur prochain licenciement. En 2010, le taux de suicides en Grèce a augmenté de 18%, en 2011 à Athènes c’est 25% de plus. Une épidémie dans un pays dont le taux de suicides était le plus bas de l’UE avant la crise.

Explication du psychiatre Orestis Giotakos :
“20 pourcents des victimes de suicide ne présentaient aucun signe de désordre mental auparavant, ce sont des gens qui ont eu un incident traumatique dans leur vie, ou un problème financier grave, ou qui ont une maladie à laquelle ils ne peuvent faire face, et sous la pression, ils choisissent cette solution.”

Les suicides provoqués par la crise ont aussi augmenté en Italie. A Gela, en Sicile, une femme de 78 ans s’est jetée par la fenêtre ce mardi. Sa pension avait été réduite de 800 à 600€ récemment,
ses enfants ont expliqué qu’elle était angoissée de ne pas pouvoir arriver à la fin du mois.

Lundi, c’est un artisan menuisier écrasé par les dettes qui s’est pendu près de Rome. Même motivation pour un petit entrepreneur du bâtiment en faillite qui s’est suicidé d’une balle mercredi encore à Rome.

Et la semaine dernière, ce sont deux hommes qui se sont immolés pour de raisons similaires dans le nord de l’Italie, ils s’en sont sortis avec des graves brûlures.

Au total on dénombre 15 suicides et tentatives de suicide en Italie pour des raisons économiques en Italie les trois premiers mois de 2012.

 

 

Mardi 27 Mars 2012

Les élections législatives probablement anticipées au 6 mai

Les élections législatives anticipées en Grèce auront lieu vraisemblablement le dimanche 6 mai, a déclaré ce mardi un responsable gouvernemental à Athènes. «Aucune décision n'a été prise pour le moment mais le 6 mai paraît être une date très vraisemblable pour ces élections», a indiqué à Reuters ce responsable, sous le sceau de l'anonymat.

Le gouvernement de techniciens du Premier ministre Lucas Papadémos a été formé en novembre dernier avec pour mandat de boucler les négociations sur le plan d'aide financière de l'Union européenne et du FMI, puis d'organiser des législatives.

 

Lundi 26 Mars 2012


La Grèce a 7 ou 8 mois pour redresser son économie


La Grèce dispose d'un délai de 7 à 8 mois pour redresser son économie et utiliser les fonds débloqués par la zone euro avant que les craintes ne reprennent sur les marchés, a estimé le conseiller économique du Premier ministre grec lundi.

"Les mesures que nous adoptons maintenant commenceront à payer" dans 7 à 8 mois, a jugé Gikas Hardouvelis, conseiller économique du Premier ministre Lucas Papademos, dans un entretien au site internet spécialisé Capital.gr.

"Dans le cas contraire, nous pourrions revenir là où (ce gouvernement) a commencé, à un retour des craintes sur la Grèce", a-t-il ajouté.

Au début du mois de mars, la Grèce a pu effacer quelque 105 milliards d'euros de sa dette grâce à une opération d'échange de titres, soit 96% de son objectif, sur un total de 206 milliards d'euros d'obligations détenues par les créanciers privés du pays.

Le succès rencontré par cette restructuration a ouvert la voie au déblocage par la zone euro et le FMI d'un deuxième plan de renflouement du pays, prévoyant le déblocage d'ici 2015 de nouveaux prêts de 185 milliards d'euros, après ceux de 73 milliards déjà reçus depuis mai 2010, lors du premier plan d'aide européen à la Grèce.

Selon M. Hardouvelis, ancien chef économiste chez Eurobank, troisième banque du pays, le plan d'aide "écarte le danger... d'un retour immédiat à la drachme". Mais "nous avons du chemin à faire pour mettre le pays à l'abri de ce risque pour de bon", a-t-il nuancé.

Des élections anticipées auront lieu début mai en Grèce.

Les priorités du gouvernement avant la dissolution du Parlement le 15 avril sont d'utiliser les fonds européens de façon à soutenir la croissance et de recapitaliser les banques grecques qui ont subi des pertes avec l'opération d'échange de titres, a ajouté M. Hardouvelis.
"Les banques en bonne santé doivent être recapitalisées avant l'été" et de manière prioritaire par rapport aux établissements en difficulté, car "les banques en bonne santé peuvent aider" au redressement de l'économie, a-t-il estimé.


Dimanche 25 Mars 2012

       


Les commémorations de l'indépendance sous haute protection policière

La Grèce commémore ce week-end le soulèvement contre l'empire ottoman (1821). Des défilés sont prévus un peu partout dans le pays. La police est en état d’alerte. Des dérapages ont à plusieurs reprises émaillé ces derniers mois les célébrations nationales.

Le 28 octobre dernier, le défilé militaire commémorant le rejet par la Grèce de l'ultimatum de l'Italie fasciste en 1940 avait du être annulé à cause des manifestations violentes. Les officiels ont été conspués. Des projectiles avaient même été tirés sur le président de la république Karolos Papoulias.

Pour éviter de nouveaux débordements, près de 3.000 policiers seront déployés rien que pour le centre d'Athènes. Un seul mot d’ordre : "tolérance zéro". Le gouvernement grec a donné des consignes en prescrivant interpellations préventives et intervention au moindre incident.
Les stations de métro de l’Acropole et de la place du Parlement notamment seront fermées dès le début de la matinée.
Dès le traditionnel défilé des écoles ce matin à Athènes et jusqu'aux défilés militaires de demain dans la capitale et tout le pays, les accès au parcours des cortèges seront placés sous haute surveillance.
Dans plusieurs mairies de Grèce, comme à Rhodes et Chios, les autorités recommandent de ne pas installer d’estrades.

La police redoute des dérapages tant de la part de l'extrême droite, en pleine ébullition en vue des élections anticipées prévues d'ici à la mi-mai, que de la gauche radicale, qui conteste depuis deux ans la politique d'austérité. Depuis des jours, l'internet grec bruisse d'appels aux rassemblements et protestations émanant de ces mouvances.

Les défilés prévus commémorent le soulèvement de 1821 qui a abouti, après huit années de guerre, à la fin de près de quatre siècles de domination ottomane.
 

Mardi 20 Mars 2012


La Grèce reçoit
un premier versement

La Grèce a reçu aujourd'hui un premier versement de prêts de 7,5 milliards d'euros du nouveau plan de renflouement mis au point par ses créanciers de l'UE et du FMI pour lui éviter la faillite, a indiqué une source du ministère des Finances.

La somme, 5,9 milliards versés par la zone euro et 1,6 par le Fonds monétaire international, "ira à la couverture des obligations" contractées par le pays surendetté, a ajouté cette source, sans toutefois en préciser la répartition.

Cet argent a été débloqué après le feu vert de la zone euro et du FMI au lancement du deuxième plan de renflouement du pays, d'un montant total de 148 milliards d'euros (130 de l'UE et 18 du FMI) jusqu'en 2015, en échange d'un durcissement de la cure de rigueur et de dérégulation administrée depuis 2010.

Les 5,9 milliards européens proviennent d'une première tranche de 39,4 milliards d'euros que la zone euro a débloqué la semaine dernière pour couvrir les besoins financiers du pays jusqu'à fin juin et servir à la recapitalisation des banques grecques.

Le FMI a de son côté avalisé mi-mars l'attribution au pays d'une nouvelle ligne de crédit globale de 18 milliards, sans préciser toutefois leur ventilation d'ici 2015.
Ces prêts s'ajoutent à une première perfusion de 110 milliards d'euros consentie en 2010, et à l'effacement de quelque 107 milliards de créances publiques détenues par les prêteurs privés de la Grèce, via un échange d'obligations, dont l'essentiel a été conclu le 12 mars.

Sans ces fonds et cette opération d'échange de dette, le pays était menacé de cessation de paiement à l'échéance ce mardi d'obligations pour un montant, avant restructuration, de 14,4 milliards d'euros qu'il n'aurait pas été en mesure de rembourser.

 


Dimanche 18 Mars 2012









 


Evangelos Venizelos élu à la tête du PASOK


En Grèce, Evangelos Venizelos est élu à la tête du PASOK, le parti de centre-guauche. L’actuel ministre des finances devrait donc prochainement démissionner.

Sans rival pour ce scrutin, il succède à Georges Papandréou, qui fut premier ministre de 2009 à 2011.

Evangelos Venizelos s’est félicité du taux de participation, compte-tenu du contexte de crise et de la méfiance des Grecs vis-à-vis des socialistes.

“Notre pays a des possibilités énormes qui sont à trouver dans les esprits et les mains des Grecs, dans notre terre.” a-t-il déclaré. “Mais il va falloir du travail, de l’organisation, de l’unité, de la stabilité, de la sensibilité, et un pouvoir de décision.” a-t-il ajouté.

Des élections législatives anticipées doivent se tenir entre fin avril et début mai. Le PASOK est en chute libre dans les sondages, car le parti est jugé responsable des cures d’austérité successives que subissent les Grecs depuis 2010. L’extrême-gauche progresse, mais c’est le parti conservateur qui est donné vainqueur.

Jeudi 08 Mars 2012


Grèce : l'accord avec les créanciers salué


(Reuters) Les créanciers privés ont accepté d'effacer quelque 107 milliards d'euros de la dette publique du pays. Les Européens et le FMI se réjouissent de ce pas sur « le chemin de la stabilisation ».
 
Athènes a réussi à faire effacer plus de 100 milliards d'euros de dette publique, et l'opération est saluée, vendredi, par les Européens et le FMI.
 
Le gouvernement grec a annoncé vendredi matin que 85,8% des créanciers privés avaient accepté l'échange d'obligations souveraines et que ce pourcentage passerait à 95,7% avec l'emploi des clauses d'action collective. Un total de 172 milliards d'euros de titres a été présenté à l'échange, ce qui obligera les créanciers à assumer des pertes pouvant atteindre 74% de leurs avoirs obligataires.

Au total, banques, assureurs, fonds d'investissement et fonds de pension vont perdre jusqu'à 107 des 206 milliards d'euros de dette qu'ils détenaient. En échange d'une obligation d'un montant initial de 100, la Grèce donnera aux créanciers des titres d'une valeur de 46,5 en renonçant au reste. Ils recevront des titres dont la valeur sera inférieure de 53,5%. Il s'agira d'obligations émises par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour 15% de la valeur initiale et de nouvelles obligations grecques pour 31,5%. Les 53,5% restants seront perdus.
 
La Grèce a informé ses partenaires internationaux qu'elle avait l'intention de mettre en œuvre les clauses d'action collective à l'adresse de tout détenteur d'obligations grecques relevant du droit grec et n'ayant pas accepté l'échange. Le délai d'acceptation de l'offre d'échange pour les obligations gouvernées par le droit international et pour les obligations garanties par l'Etat émises par des sociétés publiques est prolongé au 23 mars.

Le succès de la négociation est salué. Ainsi l'Institut de la finance internationale (IFI), principal organisme à avoir négocié au nom des créanciers, a souligné que « les résultats de l'échange de dette et la réduction connexe et sans précédent du nominal de la dette grecque détenue par les créanciers privés, seront le catalyseur du soutien financier du secteur public au nouveau programme de réformes triennal de la Grèce».

François Baroin a lui aussi salué le «beau succès». «C'est quelque chose qui nous permet à la fois de rester sur une base volontaire qui évite le défaut, donc le risque de faillite pour la Grèce, et qui nous permet d'atteindre tous les objectifs que nous nous étions fixés», a déclaré le ministre de l'Economie français. Berlin a, de son côté, salué, par la voix du ministère des Finances, un «grand pas sur le chemin de la stabilisation et de la consolidation». Christine Lagarde a également jugé l'accord « prometteur ».
 
Dès avant la communication des résultats de l'opération, les Bourses européennes, Wall Street, l'euro, le pétrole avaient nettement progressé à mesure que l'espoir de voir l'échange de dette se solder par un succès grandissait.
 
L'échange des titres de dette conditionne le déblocage par le Fonds monétaire international et l'Union européenne d'une aide de 130 milliards d'euros approuvée le mois dernier. Si la Grèce ne reçoit pas les fonds avant le 20 mars, elle ne sera pas en mesure d'honorer 14,5 milliards d'euros de dettes arrivant à échéance et fera défaut. Les ministres des Finances de la zone euro doivent en principe s'entretenir ce vendredi après-midi par téléconférence pour donner leur feu vert définitif au déblocage de l'aide de 130 milliards d'euros. Ils pourraient toutefois ajourner leur décision finale lors de la réunion en bonne et due forme de l'Eurogroupe lundi. Le Fond monétaire international a dit pour sa part qu'il prévoyait de se réunir autour du plan de sauvetage grec le 15 mars (au lieu du 13).
 
Le taux très élevé d'acceptation, s'il est confirmé, pourrait finalement inciter Athènes à ne pas activer les clauses d'actions collectives, qui permettront de rendre l'accord imposable à la totalité des détenteurs des 177 milliards d'euros de dette de droit grec en circulation. Le problème sera plus complexe avec les 18 milliards d'euros de dette de droit non grec. On s'attend à ce que certains fonds spéculatifs saisissent les tribunaux à ce sujet. Selon trois sources proches du dossier, une partie de ces fonds ont déniche une faille juridique qui pourrait, à leurs yeux, contraindre la Grèce à rembourser une partie de sa dette.



 

Samedi 03 Mars 2012


Moody's abaisse la note de la Grèce à "C"

L'agence Moody's a abaissé vendredi la note souveraine de la Grèce de "Ca" à "C", soit le plus bas cran de son échelle de notation, après l'accord sur l'échange de dette négocié dans le cadre du deuxième plan de sauvetage consenti à Athènes.

Moody's, qui n'a pas assigné de perspective à la nouvelle note, souligne dans un communiqué que l'échange de dette, qui implique une perte attendue dépassant 70% pour les investisseurs, "correspond à (ses) critères pour une note 'C'".

"La proposition d'échange de dette telle qu'elle a été présentée implique que les créanciers privés qui y participeront subiront une perte économique substantielle sur leurs avoirs de dette d'Etat grecque", écrit l'agence.

"La décision de ne pas assigner de perspective sur la note grecque est basée sur la très forte probabilité d'un défaut de l'Etat grec sur ses obligations et sur le fait que 'C' est la note la plus basse sur l'échelle de Moody's", poursuit-elle.

Moody's est la dernière des trois grandes agences de notation à réagir au plan d'échange de dette grecque. Lundi, sa concurrente Standard & Poor's a abaissé la note de la Grèce à "SD" (Défaut sélectif), et, une semaine auparavant, Fitch Ratings avait attribué la note "C" au pays.

Dans le cadre de son deuxième plan de sauvetage de 130 milliards d'euros, Athènes a officiellement lancé la semaine dernière son offre d'échange d'obligations pour les créanciers privés.

L'opération, qui prévoit que les créanciers obligataires assument une perte de 53,5% de la valeur nominale de leurs titres, soit une perte de l'ordre de 74% estimée en valeur réelle, doit permettre à la république hellénique de réduire son endettement public de 100 milliards d'euros sur un total qui dépasse 350 milliards.
Mais Moody's doute que cela suffise à régler toutes les difficultés du pays.

"Le plan de l'(Union européenne) et l'offre d'échange de dette va réduire le fardeau de la dette de la Grèce, mais le risque d'un défaut une fois que l'échange de dette aura été mené à bien reste élevé", prévient l'agence.
"Moody's pense que la Grèce continuera de faire face à des problèmes de solvabilité à moyen terme: son stock de dette continuera à dépasser largement 100% de son PIB pendant plusieurs années; il est peu probable que le pays puisse accéder au marché (de l'endettement) privé une fois que le deuxième plan d'aide arrivera à son terme; et ses projets de réformes économiques et budgétaires font toujours face à d'importants risques d'application."

"Moody's estime actuellement que s'il doit y avoir des mouvements à la hausse sur la note souveraine de la Grèce dans les semaines après l'échange de dette, ils devraient être limités."

 

Jeudi 01 Mars 2012


Papademos a renoncé à son salaire depuis sa nomination


Le Premier ministre grec Lucas Papademos a renoncé à toucher un salaire depuis sa nomination en novembre, sans l'avoir officiellement annoncé, alors que le pays affronte une grave crise économique et financière, a-t-on appris jeudi de source gouvernementale.
L'affaire a été révélée en marge d'une conférence de presse tenue à Bruxelles où se trouve M. Papademos pour participer au sommet européen, a rapporté jeudi le quotidien Ta Néa, une information confirmée à l'AFP par cette source.

Selon Ta Néa, qui titrait en page intérieure "Lucas n'était pas payé", le Premier ministre grec, non élu, a répondu à une question posée par un journaliste allemand et indiqué qu'il avait pris "cette décision personnelle" motivée "par la crise qui frappe la société grecque".

Ex vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) et gouverneur de la Banque de Grèce, M. Papademos qui enseignait à Harvard avant sa nomination, se trouve aux rênes du pays depuis le 11 novembre après la démission de l'ex Premier ministre socialiste Georges Papandréou.
Arrivé en pleine crise politique, il a dû négocier un accord à l'arraché entre trois partis, socialiste, droite et extrême-droite, pour former un gouvernement de coalition face à l'urgence et la gravité de la situation en Grèce, menacée de faillite et de sortie de la zone euro.

Le Premier ministre a, à plusieurs reprises, déclaré que son mandat était limité dans le temps et ne visait qu'à achever de négocier l'opération de restructuration partielle de la dette du pays et le versement d'un nouveau prêt européen de 130 milliards d'euros sur trois ans, dont le feu vert devrait en principe être donné lors du sommet européen de jeudi.

Sans cette aide, le pays risque le défaut de paiement d'ici la fin du mois.
Mais elle est accordée en échange d'un nouveau train de mesures de rigueur comprenant baisses de salaires et de retraites qui affectent tous les Grecs.

A la mi-février, le président de la République grecque Carolos Papoulias avait également décidé de renoncer à son salaire par solidarité avec le peuple grec. Des élections anticipées sont en principe prévues en Grèce fin avril.
 


Jeudi 01 Mars 2012


La Grèce refuse un commissaire européen dédié à sa reconstruction

 
La Grèce comme d’habitude. La grande place devant le parlement d’Athènes était une fois de plus occupée hier par des Grecs dénonçant cette austérité imposée par les créanciers du pays, une austérité qui prend leurs vies à la gorge. Seule note positive cette fois, c’est en chanson et sans violence que les protestations se sont déroulées.

Pendant ce temps, leur Premier ministre était à Bruxelles pour rencontrer le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Lucas Papademos en a profité pour opposer une fin de non recevoir à la proposition de Jean-Claude Juncker. Le président de l’Eurogroupe a suggéré de créer un poste de Commissaire européen spécifiquement chargé de la reconstruction de la Grèce. “Non merci” a dit Lucas Papademos qui a réaffirmé que son pays respecterait ses engagements en matière de réformes et de mesures d’austérité.

Cette rencontre s’est déroulée à la veille d’un sommet des ministres des Finances de la zone euro. Sommet au cours duquel le nouveau traité européen de discipline budgétaire devrait être signé.



 

Mardi 21 Février 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Second plan de sauvetage de 237 milliards d'euros


Les pays de la zone euro se sont mis d’accord mardi matin sur un nouveau plan de sauvetage sans précédent de la Grèce de 237 milliards d’euros au total afin d’éviter une faillite du pays aux conséquences imprévisibles pour toute l’Europe.

L’accord, qui est toutefois loin de régler tous les problèmes de la Grèce engluée dans la récession, est intervenu dans la nuit au terme plus de treize heures de tractations entre les ministres des Finances de l’Union monétaire, a annoncé leur chef de file Jean-Claude Juncker.

"L’accord de grande ampleur" doit permettre "de garantir l’avenir du pays dans la zone euro", a-t-il déclaré à la presse, alors que de nombreux économistes pensent que le pays est condamné à terme à la quitter.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a émis l’espoir de son côté que les mesures décidées permettraient au pays "de prendre un nouveau départ".

Le plan comprend d’une part un volet d’aide publique, des prêts pour l’essentiel, à hauteur de 130 milliards d’euros jusque fin 2014, après un premier programme de soutien en faveur du pays décidé en mai 2010 qui avait atteint déjà 110 milliards d’euros.

L’autre volet porte sur un effacement de la dette de la Grèce détenue par ses créanciers privés, banques et fonds d’investissement. Ils doivent accepter une perte de 53,5% au final, soit un effort accru par rapport à l’objectif initial qui était de 50%. Cela doit permettre de réduire la dette du pays d’un montant de 107 milliards d’euros, un record dans l’histoire économique mondiale. Cela dépasse de loin la restructuration de la dette de l’Argentine, dont la dette atteignait 82 milliards de dollars (73 milliards d’euros environ au cours de l’époque) lorsqu’elle avait fait défaut, en janvier 2002.

Grâce à ce plan de soutien, la Grèce devrait être en mesure de faire face à une échéance de remboursement de 14,5 milliards d’euros qui tombe le 20 mars et ainsi d’éviter le défaut de paiement. A condition toutefois que les banques répondent en nombre suffisant à l’appel. Elles se verront offrir en échange de leurs titres de dette grecque actuels de nouvelles obligations grecques de valeur inférieure ainsi que des titres émis par le Fonds de secours de la zone euro.

Athènes s’est dit "très satisfait" du résultat. Le gouvernement grec avait rempli sur le papier sa part du contrat en se pliant aux exigences de ses créanciers publics. Le gouvernement grec a adopté un nouveau plan d’austérité au prix de violentes manifestations dans la rue et de nouvelles turbulences politiques.

Un plan d’économies douloureux de 3,3 milliards d’euros pour cette année a été adopté, prévoyant une réduction du salaire minimum et une limitation des retraites notamment.

Les chefs des deux partis de la coalition au pouvoir, socialistes et Nouvelle Démocratie (droite), se sont engagés par écrit à respecter les promesses faites d’économies budgétaires et de réformes y compris après les élections législatives anticipées, qui devraient se tenir en avril.

Les négociations ont toutefois traîné en longueur car les principaux bailleurs de fonds de la Grèce ont mis le doigt sur un trou de plusieurs milliards d’euros à combler pour parvenir à réduire la dette grecque à 120% du PIB d’ici 2020. C’est l’objectif fixé par le Fonds monétaire international et certains pays de la zone euro, comme l’Allemagne et le Luxembourg, afin de considérer la dette grecque comme soutenable sur le long terme.

Au final, le plan de sauvetage permettra de réduire l’endettement grec à hauteur de 120,5% d’ici 2020. La Grèce fera en contrepartie l’objet d’une surveillance encore renforcée à Athènes de la part de ses créanciers, de la Commission européenne en particulier, pour s’assurer qu’elle ne dévie pas des objectifs fixés.

Les tractations ont été rendues difficiles par le fait que de nombreux pays doutaient, en dépit des promesses répétées, de la capacité de la Grèce à réaliser les réformes nécessaires, d’autant que les élections législatives à venir sont susceptibles de rebattre les cartes.

Le pays lui-même est miné par la récession économique, avec cinq années consécutives de recul du Produit intérieur brut, et la population a de plus en plus de mal à accepter les coupes budgétaires successives exigées par les créanciers.

De nombreux économistes doutent dans ce contexte que le nouveau plan de sauvetage soit le dernier chapitre de la crise grecque. Ils redoutent que le pays ait rapidement besoin d’argent frais supplémentaire, ou soit contraint à quitter la zone euro, soit parce qu’il ne sera pas en mesure de réaliser les réformes promises ou parce que l’austérité va le maintenir englué dans la récession.

Pour parvenir à maintenir l’objectif de ramener le ratio de dette publique grecque à 120% de son PIB en 2020, sans augmenter les prêts des gouvernements qui refusaient de remettre la main à la poche, les ministres des Finances de la zone euro ont dû opter pour d’autres solutions. Cela passera par une réduction des taux d’intérêts sur les prêts consentis par les créanciers publics à la Grèce dans le cadre de son premier plan de sauvetage de mai 2010, et par une implication des banques centrales nationales de la zone euro dans l’effort. Les banques ont elles accepté une "décote" (perte) plus importante que prévu.

L’opération a été délicate car l’effort des banques doit rester volontaire, sous peine de déboucher sur un défaut de paiement pur et simple de la Grèce.

En outre, ce plan d’effacement de la dette doit être lancé d’ici la date-limite de mercredi pour éviter à la Grèce de sombrer dans la faillite d’ici à l’échéance du 20 mars.

Les regards se tournent aussi désormais vers le FMI qui semble disposé à participer à l’aide publique de 130 milliards d’euros, mais pour un montant toutefois encore non chiffré. Le Fonds prendra sa décision dans la deuxième semaine de mars, a dit sa directrice générale, Christine Lagarde.


 

Dimanche 19 Février 2012

 

 

 

 

 

 

 

 


3.000 personnes manifestent avant la réunion cruciale de l’Eurogroupe


Plus de 3 000 personnes se sont rassemblées dimanche, selon la police, dans le centre d’Athènes pour protester contre le nouveau tour de vis de rigueur compris dans le plan de sauvetage de la Grèce, qui doit être en principe avalisé lundi à Bruxelles par la zone euro.

Une semaine après des manifestations massives et violentes, qui ont accompagné l’adoption par le parlement du mémorandum négocié avec les créanciers du pays, UE et FMI, imposant des économies de 3,2 milliards d’euros pour 2012, les syndicats du privé GSEE et du public Adedy appelaient dimanche à poursuivre « la lutte contre l’austérité ».

Plus de 3.000 personnes, selon la police, ont manifesté ce dimanche dans le centre d’Athènes dans deux rassemblements séparés contre les récentes mesures d’austérité prises par la Grèce pour sécuriser un nouveau plan d’aide de la zone euro destiné à lui empêcher de faire faillite.

Un premier rassemblement de 1.500 personnes, selon la police, a eu lieu en fin matinée sur la place Syntagma devant le Parlement à l’appel des syndicats.

Sur la place Syntagma devant le parlement, les banderoles critiquaient les coupes salariales, surtout la baisse de 22 % du salaire minimum (740 euros actuellement), adoptées par le gouvernement de coalition réunissant la droite (Nouvelle-Démocratie) et les socialistes (Pasok).

« Le consensus national est une combine, la pauvreté et la faim n’ont pas de nationalité » indiquait une banderole sous-titrée en anglais : « All of us we are Greeks, Merkel and Sarkozy are freaks ».

Propriétaire de taxi, Gregoris Militis, 52 ans explique qu’il est venu manifester car son chiffre d’affaires a baissé de 65 % par mois. « Les gens ne prennent plus le taxi que pour les urgences, je suis contre la politique du memorandum qui conduit à l’impasse. Il faut que tout le monde soit dans la rue » dit-il.

Second rassemblement en fin d’après-midi

Un second rassemblement sur les mêmes lieux d’environ 2.000 personnes a eu lieu dimanche en fin d’après-midi à l’appel des mouvements de la gauche radicale.

« Ni élections ni gouvernement de coalition, on peut les vaincre dans les rues », était inscrit sur une banderole des manifestants.

Le gouvernement actuel de coalition entre la droite de la Nouvelle-Démocratie et les socialistes du Pasok prévoit des élections législatives anticipées d’ici à fin avril après la mise en oeuvre du nouveau plan européen de sauvetage du pays.

Ces manifestations interviennent après une semaine de course contre la montre pour le gouvernement grec, qui, sous intense pression européenne, a finalisé de nouvelles mesures de rigueur dans le budget 2012, une des conditions préalables pour obtenir le déclenchement du deuxième plan de sauvetage du pays comprenant un prêt international de 130 milliards d’euros et un plan de restructuration et d’effacement de dette. Faisant suite à un premier prêt en 2010, le second est vital pour la Grèce, menacée de faillite dans un mois, à l’échéance d’une obligation de 14,5 milliards d’euros.

L’Allemagne et les autres pays « durs » de la zone euro, bénéficiant d’une notation financière triple AAA, Finlande, Pays-Bas et Luxembourg, n’ont cessé d’avertir Athènes qu’elle devrait se conformer à leurs demandes, qui outre l’approbation de mesures d’austérité comprenaient aussi des lettres d’engagement des deux partis gouvernementaux sur la politique d’austérité, qui ont finalement été envoyées mercredi à Bruxelles.

Samedi, le conseil des ministres a approuvé des coupes supplémentaires dans les retraites principales et supplémentaires pour combler un trou de 325 millions d’euros dans le budget de 2012, comme l’exigeait UE et FMI.

Selon un projet de loi, qui doit être débattu au parlement la semaine prochaine, les pensions des retraites principales supérieures à 1.300 euros par mois seront réduites de 12 %, après de premières coupes de l’ordre de 10 % imposées en 2010. Seule exception, les retraites des marins qui seront baissées de 7 %.

Les experts de la zone euro (Euroworking) devaient se réunir dimanche pour préparer la réunion des ministres des Finances de lundi au cours duquel le gouvernement grec attend le feu vert du nouveau prêt, selon cette source.

Le climat au sein de la zone euro s’est apaisé vendredi à la suite d’une conversation téléphonique, sur initiative du chef du gouvernement italien Mario de M. Monti, entre ce dernier la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre grec Lucas Papademos.

Tous les trois ont exprimé leur espoir de parvenir lundi à un accord au sein de l’Eurogroupe sur le déblocage du prêt à Grèce, qui a pris d’important retard face à la situation cruciale du pays.

« Dernier round pour l’accord », titrait dimanche le journal libéral grec Kathimérini, soulignant que « le but du gouvernement est de lancer l’offre pour les nouvelles obligations des banques créancières d’ici le 8 mars ».

Outre le nouveau prêt, le plan de sauvetage prévoit l’effacement de 50 % de la dette privée du pays, soit 100 milliards d’euros, et l’émission de nouvelles obligations pour la dette restant.

M. Papademos a réitéré samedi lors du conseil des ministres que « le temps pressait particulièrement pour la mise en oeuvre du nouveau programme » d’assainissement de l’économie.

Pour l’opposition de la gauche communiste et radicale, les mesures successives de rigueur n’ont conduit qu’à la récession, qui se poursuit pour la cinquième année consécutive et renforce la tutelle des Européens sur la Grèce.

« Gendarmes cerbères, des commissaires dans tous les ministères », titrait dimanche le quotidien Ethnos (centre-gauche) allusion aux experts européens présents dans tous les ministères pour contrôler les comptes du pays.
 

Lundi 13 Février 2012


Vers une redistribution des cartes dans le paysage politique ?

 
En Grèce, la fin de la crise économique et politique n'est pas pour demain. Le porte-parole du gouvernement a confirmé ce lundi 13 février la tenue d'élections législatives anticipées en avril prochain. Ce scrutin s'annonce mouvementé tant les équilibres politiques en place sont en train d'être bousculés par un peuple en colère.
 
Des élections anticipées : c'était ce qu'avait promis le gouvernement Papademos lorsqu'il a été formé dans l'urgence, en novembre dernier, car ce gouvernement de coalition dirigé par un ancien gouverneur de la Banque de Grèce ne correspond à aucun mandat des électeurs. Le scrutin avait d'abord été annoncé pour février puis, devant les difficultés des négociations autour de l'effacement d'une partie de la dette et de la mise en route d'un nouveau plan d'austérité, il avait été repoussé.

C'est donc officiel : ce sera pour avril. Et ce seront sans nul doute les élections les plus incertaines que la Grèce aura connues depuis la fin de la dictature en 1974. Car le bipartisme, qui a marqué la vie politique ces 30 dernières années, socialistes du Pasok d'un côté, droite de Nouvelle démocratie de l'autre, est en train de voler en éclats. D'après un sondage paru la semaine dernière, le Pasok est même passé sous la barre des 10% d'intentions de vote.

Preuve de cet égarement, un nombre inattendu de députés ont refusé dimanche de suivre la discipline de parti lors du vote sur la cure d'austérité, et ils sont une vingtaine de chaque côté à s'être retiré de leurs groupes parlementaires. Une chose est certaine, on va assister dans les prochains mois à une recomposition du paysage politique grec, où les partis de gauche, des communistes à la gauche réformatrice, pourraient jouer un rôle important. Ils n'ont d’ailleurs jamais été aussi haut dans les sondages.

 

Dimanche 12 Février 2012

Les députés choisissent l'euro et votent l'austérité, Athènes s'enflamme

La Grèce a choisi dimanche d'accepter l'austérité imposée par ses créanciers afin de pouvoir échapper à la faillite et rester dans la zone euro, après un vote du parlement en faveur d'un programme de rigueur draconienne violemment contesté lors de spectaculaires manifestations.

Après un débat en procédure d'urgence au parlement, le programme a été adopté par 199 voix de majorité sur un total de 300 députés, dont 278 présents, dans une enceinte où le gouvernement de coalition socialistes-conservateurs pouvait théoriquement compter sur 236 voix.

Les membres du gouvernement avaient solennellement mis en garde contre des scénarios d'apocalypse ou de "chaos" pour la Grèce, si les députés votaient contre le programme, en affirmant que le pays serait alors conduit à se déclarer rapidement en cessation de paiement, et à sortir à plus ou moins long terme de l'euro.

Le chaos, il était dans les rues de la capitale.

De violentes manifestations réunissant 80.000 personnes à Athènes selon la police, ont littéralement enflammé Athènes, avec une quarantaine de départs de feu ou incendies dans des bâtiments ou équipements du centre, selon un communiqué du ministère de la Protection du citoyen. Une boutique d'articles culinaires de luxe a été ravagée par les flammes, les pompiers éprouvant des difficultés à se frayer un passage au milieu de rues où s'affrontaient les forces de l'ordre et des bandes de manifestants encagoulés.

A Athènes, le ministère de la Santé a recensé 54 personnes blessées. A Salonique, les manifestations ont rassemblé 20.000 personnes et la police a recensé six banques endommagées.

A peine la manifestation contre le plan proposé aux députés avait-elle commencé vers 15H00 GMT que les premiers incidents ont démarré lorsqu'un groupe de contestataires regroupés devant le parlement a fait pression sur l'important cordon policier disposé autour du bâtiment. La police a aussitôt riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes. Les manifestants se sont alors retirés dans les rues adjacentes, qui se sont transformées en champs de bataille: des manifestants jetaient des pierres, des morceaux de marbre et des cocktails Molotov sur les forces antiémeutes qui répliquaient avec des jets de gaz lacrymogènes.

Des personnes encagoulées ont brisé des vitrines de magasins sur les grandes avenues du centre.

Les contestataires avaient commencé à affluer sur la place Syntagma en début d'après-midi à l'appel des deux grandes centrales syndicales grecques, la GSEE pour le privé et l'Adedy pour le public, ainsi que de la gauche radicale. "Les députés s'apprêtent à voter des mesures qui vont conduire à la mort de la Grèce (...) mais le peuple ne va pas céder", s'est exclamé le compositeur grec Mikis Theodorakis qui s'est joint aux contestataires à Athènes, juste devant le Parlement.

A l'intérieur du parlement, dont les abords étaient gardés par quelque 3.000 policiers, les discussions ont été très vives, marquées par de fréquents incidents de séance entre les rangs gouvernementaux et l'opposition de gauche.

Visiblement tendu, le ministre des Finances Evangélos Vénizélos, qui mène depuis des semaines des négociations difficiles avec les créanciers du pays, avait rappelé aux députés que le programme devait être adopté dimanche soir pour éviter la faillite. Il a souligné que l'Eurogroupe, qui pourrait se réunir mercredi, réclamait un vote positif des députés en préalable au déblocage du deuxième plan de sauvetage du pays, combinant renflouement via des prêts publics de 130 milliards d'euros et désendettement via l'effacement de 100 milliards d'euros de créances.

Le pays espère entamer cette dernière opération avec ses créanciers privés d'ici au 17 février, a précisé M. Vénizélos. Le représentant des créanciers privés, Charles Dallara, avait lui aussi appelé les députés à voter oui, et prévenu que la Grèce n'avait plus une minute à perdre, dans un entretien avec le quotidien Kathimérini.

Avant le vote, le président du parti de droite Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, et celui du parti socialiste Georges Papandréou ont appelé à la tribune les députés à voter en faveur du paquet d'austérité, un des votes les plus "difficiles de l'histoire" en raison des contraintes qu'il impose au peuple grec, selon M. Samaras. Chacun des deux partis a prononcé l'exclusion d'une vingtaine de députés qui ne sont pas conformés aux consignes de vote.

Le Premier ministre Lucas Papademos a condamné la violence et les destructions qui ont eu lieu, tout en soulignant l'importante du choix fait par les parlementaires: "avancer avec l'Europe et la monnaie unique" ou "précipiter le pays dans la misère, la banqueroute, la marginalisation et l'exclusion de l'euro". Sans cet aval, la Grèce n'avait aucune chance de recevoir le moindre centime d'aide pour éviter un défaut de paiement incontrôlé en mars, à l'échéance de créances de 14,5 milliards d'euros.

Juste avant le vote, les ministres allemands des Finances et des Affaires étrangères avaient accentué les pressions sur Athènes. "Les promesses de la Grèce ne nous suffisent plus. Ils doivent, lors d'un nouveau programme, d'abord mettre en œuvre les parties de l'ancien programme et économiser", avait déclaré le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

Mais le plan d'austérité accepté en échange du renflouement et du désendettement ouvre la voie à une chute brutale des salaires dans le privé, censée redonner de la compétitivité aux entreprises du pays.

Les syndicats ont jugé que ce plan faisait le "tombeau de la société", tandis que la gauche communiste et radicale a réitéré au parlement sa demande d'élections immédiates, considérant que la Grèce n'a rien à perdre à mettre ses créanciers au défi de la lâcher. L'accord gouvernemental affiché jeudi sur ce plan s'était vite fissuré, avec la démission dès le lendemain de six membres du gouvernement: deux socialistes et quatre cadres de la formation d'extrême droite Laos, qui avait rallié en novembre le gouvernement de coalition.
 

Vendredi 10 Février 2012



Nouvelle grève générale de 48 heures contre la cure de rigueur

Les deux grandes centrales syndicales grecques, Adedy pour le public et GSEE pour le privé, ont appelé jeudi 9 février à une grève générale de 48 heures vendredi et samedi contre les nouvelles mesures de rigueur réclamées par l'UE et le FMI en échange d'un nouveau prêt.

"Nous appelons à une grève générale vendredi et samedi aux côtés du syndicat de la fonction publique", a indiqué un porte-parole de la GSEE, confédération syndicale du secteur privé, après une nuit de réunion marathon des trois partis de la coalition gouvernementale sur le nouveau plan de rigueur.

Mardi, plus de 20.000 personnes ont manifesté à Athènes et Salonique, à l'occasion de la première grève générale de l'année contre la nouvelle potion de rigueur qui se profile pour la Grèce.

Le socialiste Georges Papandréou, le conservateur Antonis Samaras et le leader d'extrême droite Georges Karatzaferis se sont mis d'accord dans la nuit de mercredi à jeudi sur "tous les points du plan sauf un". Le Premier ministre grec Lucas Papademos espère boucler un accord avec eux avant une réunion de l'Eurogroupe prévue jeudi soir à Bruxelles.

La Grèce exposée à un défaut de paiement en mars

Le soutien de tous les membres de la coalition gouvernementale à l'ensemble des mesures réclamées à la Grèce est la condition pour décrocher un deuxième prêt international vital.

Sans cette nouvelle aide, d'au moins 130 milliards d'euros, la Grèce s'expose à un défaut de paiement le 20 mars.

Le ministre des Finances Evangélos Vénizélos, qui a quitté Athènes pour Bruxelles jeudi, espère que les ministres des Finances de la zone euro prendront une "décision positive" sur ce nouveau plan d'aide. Selon le porte-parole du gouvernement Pantelis Kapsis, il ne reste plus que "600 millions d'euros" d'économies à trouver "dont 325 millions seront réalisés par des abaissements de retraites".

 

Jeudi 09 Février 2012


L
a zone euro pose un ultimatum avant toute nouvelle aide financière

La zone euro a décidé jeudi de reporter son feu vert à une nouvelle aide cruciale à la Grèce en lui donnant moins d'une semaine pour remplir plusieurs conditions, dont de nouvelles économies budgétaires à trouver, a annoncé le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

"En dépit des progrès importants réalisés ces derniers jours, nous n'avons pas eu tous les éléments nécessaires sur la table pour prendre des décisions" dans l'immédiat, a dit M. Juncker à l'issue d'une réunion de ce forum des ministres des Finances de l'Union monétaire à Bruxelles.

Une nouvelle réunion de l'Eurogroupe, le forum des ministres des Finances de l'Union monétaire, est prévue mercredi prochain pour approuver l'aide à la Grèce, sous réserve que les conditions posées soient remplies.

M. Juncker en a fixé trois. En premier lieu, le parlement grec va devoir d'abord approuver dimanche le plan de rigueur sur lequel les partis politiques grecs et les représentants des créanciers publics de la Grèce, réunis au sein de la "troïka" (UE-BCE-FMI), se sont mis d'accord sur le principe dans la journée.

En outre, "des économies supplémentaires à hauteur de 325 millions d'euros" vont devoir être trouvées par le gouvernement grec dans le budget 2012 du pays, et ce "d'ici mercredi", a dit M. Juncker.

Enfin, la zone euro exige que les partis de la coalition au pouvoir à Athènes apportent de "fortes garanties politiques" sur leur soutien au plan de rigueur, a-t-il précisé. "Nous voulons des engagements réels" sur les réformes qui sont menées, a souligné M. Juncker, alors que la patience des pays de la zone euro est à bout.

Ils accusent le gouvernement grec de ne pas remplir toutes les promesses d'économies budgétaires et de réformes promises en échange des prêts internationaux. Le président de l'Eurogroupe a reconnu qu'il y avait eu "des échanges vifs" lors de la réunion des ministres de la zone euro de jeudi, sans donner plus de détails.

Le report survient alors que dans la journée les partis grecs de la coalition au pouvoir avaient pourtant trouvé in extremis un accord sur un nouveau plan de rigueur exigé par les créanciers étrangers du pays (FMI et Européens).

La Grèce négocie depuis des semaines sur deux plans en parallèle. Elle espère un nouveau programme de prêts européens de 130 milliards d'euros et cherche à obtenir de ses banques créancières une réduction de sa dette à hauteur de 100 milliards d'euros. Ce plan de soutien est essentiel si la Grèce veut espérer éviter un défaut de paiement le 20 mars, date à laquelle pays doit rembourser des emprunts en cours très importants.

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a indiqué que "le temps commence à manquer" pour parvenir à un accord global mais que "nous sommes encore dans les temps".

Il a aussi indiqué que la proposition franco-allemande de créer, dans le cadre du nouveau programme d'aide, un compte bloqué spécial pour s'assurer du remboursement de la dette grecque, était sérieusement envisagée. L'idée est "étudiée par la Commission" qui la considère comme "une possibilité envisageable", ainsi que par les experts de la zone euro, a-t-il dit.

M. Rehn a aussi annoncé la présentation la semaine prochaine de "propositions détaillées" pour renforcer les "mécanismes de surveillance" européens en Grèce des réformes promises, au risque de renforcer le mécontentement de l'opinion dans le pays face à ce qui est perçu par beaucoup comme une tutelle extérieure.

 

 

Mardi 07 Février 2012



première grève générale de l'année contre un nouveau plan de rigueur

AFP -
La Grèce tournait au ralenti mardi matin, en raison d'une grève générale appelée par les deux principaux syndicats du privé et du public, la première de l'année, pour protester contre un nouveau train de mesures d'austérité en cours de négociation avec les créanciers du pays.
Sous le mot d'ordre, "Ca suffit, on ne peut plus", les sympathisants de la centrale du privé (GSEE, 700.000 adhérents) et de celle du public (Adedy, 350.000) vont se rassembler en fin matinée à Syntagma, la place centrale d'Athènes, théâtre de manifestations massives depuis le début de la crise, il y a deux ans.
Les écoles, les ministères fonctionnaient au ralenti ainsi que les hôpitaux. A Athènes, le métro n'a commencé de fonctionner qu'à 08H00 GMT, et les bus à 07H00 GMT.
En raison de la participation des marins à la grève, les bateaux doivent rester à l'ancre pour 24 heures tandis que les chemins de fer, y compris les trains de banlieue, ne vont également pas fonctionner pendant toute la journée de mardi.
En revanche, aucune annulation n'est prévue dans le transport aérien, les contrôleurs aériens ne participant pas au mouvement.
Les syndicats protestent contre le projet de réduction du salaire minimum, de coupe dans les retraites complémentaires demandées au pays en échange d'un prêt international de 130 milliards d'euros décidé en octobre à Bruxelles.
Le Premier ministre Lucas Papademos a eu de nouveau une rencontre lundi tard le soir avec la délégations de la troïka, BCE, UE et FMI, pour tenter d'essayer de renégocier les mesures de rigueur, qui provoquent l'ire des chefs des partis de la coalition gouvernementale et des syndicats

 

Mardi 07 Février 2012


Un compte bloqué pour forcer Athènes à rembourser sa dette ?

Le débat sur la mise sous tutelle d'Athènes se poursuit en sourdine... Si cette idée, venue d'Allemagne il y a deux semaines, n'est plus évoquée ouvertement, les pays européens cherchent néanmoins à obtenir le plus de garanties possibles de la part d'Athènes, avant de débloquer le 2ème plan d'aide de 130 Milliards d'Euros. Si Athènes n'obtient pas cette nouvelle aide, la Grèce ne pourra pas rembourser les 14,5 Milliards d'Euros de dette dûs au 20 mars, ce qui entraînerait sa faillite officielle...

Après 3 semaines de discussions infructueuses entre Athènes et ses créanciers, les bailleurs de fonds ont brusquement élevé le ton ces derniers jours... Hier, à l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand à l'Elysée, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont clairement menacé de ne pas accorder de nouveau soutien si le gouvernement grec n'adoptait pas de nouvelles économies et réformes structurelles.

Nicolas Sarkozy a ainsi affirmé qu'il "n'y aura pas de déblocage de fonds si ces décisions de réforme ne sont pas prises". Dans la foulée, les dirigeants français et allemand ont évoqué un projet consistant à faire verser les intérêts de la dette de la Grèce sur un compte bloqué. "Comme cela, nous serons sûrs que cet argent sera durablement disponible", a affirmé Angela Merkel.

Ce compte bloqué, proposé par Berlin et Paris, pourrait loger une partie des prochaines tranches d'aide, qui ne seraient plus versées directement à Athènes comme par le passé... Les créanciers seraient alors assurés d'être remboursés, tandis qu'Athènes n'aurait d'autres choix que d'appliquer les réformes promises... La Commission européenne, le FMI et plusieurs pays de l'union auraient déjà donné leur accord à ce projet qui "retirerait l'épée de Damoclès de la faillite" tout en maintenant la pression sur Athènes pour tenir ses engagements, selon une source citée ce matin par le 'Financial Times'.

Pendant ce temps, le bras de fer se poursuit entre Athènes et ses créanciers. Hier soir, le ministre des Finances grec, Evangelos Venizelos, a qualifié les négociations en cours de "tellement difficiles que dès qu'un chapitre est clos, un autre s'ouvre"... Attendu pour la semaine dernière, puis pour lundi, cet accord pourrait intervenir demain (une réunion extraordinaire de l'Eurogroupe est envisagée), ou à défaut, avant la fin de la semaine, selon des proches du dossier...

Sur place en Grèce, une nouvelle grève générale est organisée aujourd'hui à l'appel des deux principaux syndicats du privé et de la fonction publique. Au même moment, les chefs des trois principaux partis politiques doivent se retrouver ce mardi pour une réunion de conciliation, qui aurait dû se tenir hier... Les dirigeants politiques sont sous pression de la troïka (Union Européenne, BCE et FMI) pour signer un projet de nouvelle cure d'austérité, comprenant notamment une baisse de 22% du salaire minimum, 3 MdsE de nouvelles taxes et un coup de rabot supplémentaires sur les retraites complémentaires...

 

Lundi 30 Janvier 2012

Sommet européen - La Grèce au menu du sommet européen de Bruxelles


Mise sous tutelle de la Grèce: Berlin critiqué par des responsables européens

La proposition allemande de mettre la Grèce sous tutelle a suscité des critiques lundi, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères la jugeant "pas très saine" tandis que le chancelier autrichien Werner Faymann a qualifié la démarche de "vexante".

Il faut faire "attention à ne pas blesser plus que nécessaire" le peuple grec, a mis en garde M. Asselborn en marge d'une réunion des socialistes européens à Bruxelles, estimant que l'Allemagne devrait "être un peu plus prudente dans ses déclarations".
"La Grèce sera à l'ordre du jour" du sommet européen informel de lundi à Bruxelles, officiellement consacré à la croissance et l'emploi, a-t-il dit.

Devant le manque de résultats tangibles des réformes mises en oeuvre en Grèce, Berlin a proposé de placer le pays sous une tutelle européenne avec droit de veto sur les décisions budgétaires du gouvernement.
Athènes a sèchement rejeté cet abandon de souveraineté. "Quiconque pose à un peuple un dilemme entre l'aide financière et la dignité nationale ignore des enseignements historiques fondamentaux", a affirmé dimanche le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos,

Les menaces allemandes "vont dans la mauvaise direction", a jugé M. Asselborn, pour qui "ce n'est pas très sain que les politiques allemands disent qu'il faut (...) mettre la Grèce sous tutelle".
Abondant dans son sens, le chancelier autrichien Werner Faymann, qui participait également à la réunion des socialistes européens lundi matin, a jugé que "personne en politique n'a besoin d'être vexant".
"Cela n'apporte rien et ça va dans la mauvaise direction", a-t-il dit.

La Grèce est déjà de facto placée sous tutelle partielle de ses créanciers publics qui ont négocié avec elle plusieurs programmes d'économies budgétaires et de réformes et évaluent leur respect à intervalle régulier, avant tout nouveau déboursement de prêts. Mais la proposition allemande marquerait une montée en puissance du dispositif.
Pour sa part, la Commission européenne a dit vouloir "renforcer" la surveillance des finances publiques grecques tout en insistant pour que l'Etat grec reste souverain.

 

Mardi 24 Janvier 2012


La Grèce sous le choc après la mort de Theo Angelopoulos

 
Les médias alimentaient aussi une controverse sur le temps mis par l'ambulance pour arriver sur les lieux, de trente-cinq à quarante minutes après l'accident, selon les divers témoignages. Les services d'urgence de la capitale ont annoncé l'ouverture d'un enquête interne.

Theo Angelopoulos avait été transféré dans un hôpital du Pirée mardi vers 18 h 30, après qu'il eut été grièvement blessé par un motard alors qu'il était en train de traverser le périphérique près de la banlieue de Kératsini, au Pirée, port proche d'Athènes. Il a succombé à ses blessures quatre heures plus tard, vers 22 h 40.

Un représentant syndical des ambulanciers, Ioannis Houssos, a mis en cause à l'antenne de la radio Flash le manque de personnel et d'entretien du parc ambulancier. Il a affirmé qu'un premier véhicule dépêché par un hôpital du centre-ville était tombé en panne, avant d'être relayé par un deuxième, puis finalement une troisième ambulance dénichée dans un hôpital plus proche.

Selon les premiers éléments de l'enquête, la police avait à la demande de l'équipe de tournage coupé la circulation sur une des deux chaussées de la voie où travaillait le cinéaste, mais ce dernier était passé du côté non protégé au moment de l'accident, sans qu'une vitesse excessive de la moto soit dans l'immédiat mise en cause. Les médias restaient de fait prudents sur les circonstances de la collision.

Figure emblématique du "Nouveau Cinéma grec" à partir des années 1970, Angelopoulos a réalisé une quinzaine de films, caractérisés par de longs et silencieux plans sur fond de paysages de son pays et évoquant pour la plupart l'histoire et la société grecques.
 

 

Lundi 23 Janvier 2012


La crise et les taxes sur le mazout font tomber les arbres


La coupe sauvage de bois de chauffage est en pleine expansion en Grèce, face à une montée en flèche des prix du mazout et une réduction des crédits publics pour la gestion forestière, a indiqué mardi l'Union panhellénique des ingénieurs forestiers.

"Il n'y a pas encore de menace sur les écosystèmes forestiers, mais l'Etat doit agir vite, il faut se souvenir de ce qui s'est passé en Albanie" à la chute du régime communiste, quand même les arbres longeant les routes étaient coupés, a affirmé à l'AFP le président de cette Union, Nikos Bokaris.

Après constatation d'abattages illégaux, les services forestiers ont émis 1.500 plaintes en 2011, soit deux fois plus que l'année précédente, dans un pays où 70% des forêts sont publiques, le reste appartenant pour l'essentiel à des institutions religieuses.

La branche grecque de l'ONG environnementale WWF s'est aussi émue du problème. Selon son responsable pour les forêts, Konstantinos Liarikos, "il y a selon les régions des cas divers, soit d'actions individuelles, soit d'activités organisées par des réseaux de vente".

Le phénomène n'est pas nouveau dans un pays où le chauffage au bois reste fréquent, et les immeubles récents, même à Athènes, sont souvent équipés de cheminées alors que les coupes encadrés par l'Etat ne suffisent pas à répondre à la demande, surtout couverte par des importations en provenance des Balkans.

Mais selon M. Bokaris, la crise économique a fait la différence, entre "la hausse du prix du mazout", quasi-multiplié par deux en 2011, "et la baisse des crédits alloués à la gestion publique des forêts, passés de prè

 

Lundi 17 Janvier 2012


Premières manifestations de l'année à Athènes


Plus de 10 000 personnes ont manifesté mardi à Athènes contre les mesures gouvernementales d'austérité qui frappent le pays, en marge de grèves dans plusieurs entreprises. Cette journée marque ainsi la première mobilisation sociale de 2012 en Grèce.

Les syndicats de plusieurs entreprises, des banques et des transports en commun ont observé une grève de 24 heures à Athènes, tandis que les journalistes, travaillant dans un secteur frappé durement par la crise, menaient une grève de 48 heures.

Le Front de lutte des travailleurs, proche du parti communiste, a rassemblé presque 7000 personnes, qui ont défilé jusqu'au ministère du Travail pour dénoncer le gouvernement.

Un deuxième cortège rassemblant des milliers de personnes a marché jusqu'à la place Syntagma, devant le Parlement.

En dépit d'une personne blessée sur la place Syntagma, les manifestations se sont déroulées largement dans le calme.

Depuis le début de la crise de la dette en 2010 et l'adoption des mesures d'austérité, qui ont entraîné la récession et le chômage dans le pays, des dizaines de grèves et de mobilisations, souvent violentes, ont eu lieu en Grèce.

Par ailleurs, les négociations avec les créanciers privés de la Grèce se poursuivent. Un accord sur l'effacement de 50 % de la dette du pays peine toutefois à être conclu.

Les négociations devraient se poursuivre mercredi ou jeudi, après avoir été interrompues vendredi dernier en raison d'une initiative du Fonds monétaire international (FMI) et de Berlin.

Le gouvernement grec et les banques négociatrices étaient presque parvenus à un accord sur le taux d'intérêt qu'Athènes devra payer à ses banquiers, à près de 5 %. Alors que certains protestaient, le FMI et l'Allemagne ont proposé un taux très bas, de 3 %. Immédiatement jugée inacceptable, même par les grandes banques institutionnelles, cette proposition a conduit à la rupture des discussions.

 

Lundi 09 Janvier 2012


Un Picasso et un Mondrian volés à Athènes

"Tête de femme", une huile peinte par Picasso en 1939, et le "Moulin" du Néerlandais Piet Mondrian ont été volés dans la nuit de dimanche à lundi à la pinacothèque nationale d'Athènes. Un dessin italien du XVIIe siècle a également été dérobé.

AFP - Un tableau cubiste de Picasso offert par l'artiste à la Grèce en hommage à sa résistance anti-nazie, un autre de Piet Mondrian et un dessin du 17ème siècle italien ont été volés dans la nuit de dimanche à lundi à la pinacothèque nationale, à Athènes, a annoncé la police grecque.

L'huile de Pablo Picasso, une "Tête de femme" de 56 sur 40 cm date de 1939, dix ans avant que l'artiste n'en fasse don au pays "dans le cadre d'une donation d'artistes français", a précisé la police dans un communiqué.

Les deux autres œuvres dérobées sont le "Moulin" du peintre hollandais Piet Mondrian, une toile datant de 1905 et un dessin sur papier de l'artiste Guglielmo Caccia (17ème siècle), représentant l'extase d'un saint.

Selon la police, le ou les voleurs ont dérobé les toiles lors d'une brève intrusion de 7 minutes dans les locaux, dans le cadre d'une opération bien préparée et exploitant l'insuffisante surveillance du bâtiment, situé en plein centre d'Athènes.

A partir de dimanche soir, le ou les voleurs ont déclenché à plusieurs reprises l'alarme en jouant avec une porte qu'ils avaient déverrouillée, mais sans entrer dans le bâtiment, trompant ainsi la vigilance du gardien.

Ils ont fini par entrer dans les locaux à l'aube, plus de huit heures après leur première intervention, et ont retiré les œuvres de leurs cadres, avant d'être pris en chasse par le gardien. Ce dernier n'a localisé qu'un individu, mais n'a pas réussi à l'intercepter.

Dans sa fuite, celui-ci a abandonné une autre oeuvre de Mondrian qu'il avait subtilisée.

La pinacothèque accueillait jusqu'à dimanche une exposition sur ses "trésors cachés", avant une fermeture prévue pour des travaux d'extension et d'aménagement, visant notamment selon son site internet à "mieux sauvegarder" ses collections.

Le fonds du musée est dédié à l'art grec d'après-Byzance à nos jours, avec également une petite collection d'œuvres de la Renaissance et quelques tableaux du Greco.
 

Mardi 03 Janvier 2012


La Grèce devra quitter la zone euro si le plan d'aide échoue


ATHENES (Reuters) - La Grèce devra quitter la zone euro si elle ne parvient pas à un accord avec ses bailleurs de fonds internationaux sur son deuxième plan de renflouement de 130 milliards d'euros, a déclaré mardi un porte-parole du gouvernement.

"L'accord de sauvetage doit être signé, sans quoi nous nous retrouverons hors des marchés, hors de l'euro", a dit Pantelis Kapsis au micro de Skai TV. "La situation sera bien pire."

Athènes a entamé une course contre la montre pour tenter de conclure un accord avec l'Union européenne (UE), le Fonds monétaire international (FMI) et ses créanciers privés sur les modalités du plan présenté début décembre avant d'importantes échéances sur sa dette en mars.

Le pays pourrait se retrouver en défaut si aucun accord n'était conclu d'ici-là.
Interrogé pour savoir si le gouvernement allait appliquer des mesures d'austérité supplémentaires pour compenser le dérapage budgétaire de l'an dernier, le porte-parole du gouvernement de coalition dirigé par Lucas Papadémos a déclaré: "Nous verrons. Des mesures additionnelles pourraient être nécessaires."

Les discussions avec les banques et établissements financiers privés détenant de la dette grecque, aspect clé d'un futur accord, sont particulièrement difficiles, a-t-il poursuivi.

"Les trois ou quatre prochains mois sont les plus cruciaux et c'est la raison pour laquelle ce gouvernement existe", a-t-il dit.
Dans un message diffusé pour le Nouvel An, le Premier ministre Lucas Papadémos a déclaré que la Grèce allait connaître en 2012 une nouvelle année difficile mais qu'elle devait persister sur la voie des réformes afin de rester dans la zone euro.
 


Vendredi
06 Janvier 2012


Traditionnelle cérémonie de la croix lancée dans la mer pour bénir les eaux, et célébrer l'Épiphanie.

 

 

Dimanche 1er Janvier 2012

 

Bonne Année 2012 ! Kali Kronia ! Kronia Polla !!!